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Débat autour du film « Debtocracy »


(...) Le film est intéressant à plusieurs points de vue, dont l’un est de renseigner sur la façon dont les Grecs interprètent leur situation actuelle. Ainsi, on voit très clairement que la totalité des intervenants tout au long du documentaire font vibrer la fibre anti-coloniale grecque : il serait question de ne pas payer une dette qui serait uniquement créée par des spéculateurs étrangers, de se libérer de la mainmise sur le pays par les puissances étrangères (troïka FMI – BM – UE), et de retrouver une souveraineté nationale. D’ailleurs, tous les exemples pris pour dénoncer le caractère odieux de la dette sont des pays ex-colonisés. On retrouve bien la façon de penser très nationaliste du peuple grec, qui ne peut comprendre les maux de leur pays que comme étant exclusivement le fait d’agents extérieurs. Cela s’explique facilement à travers l’histoire du pays, constamment sous tutelle de l’étranger depuis sa décolonisation de l’occupant ottoman en 1832, et par les mécanismes économiques actuels. Mais cette mentalité n’ouvre sur aucune perspective concrète, notamment la constitution d’un peuple responsable.

Que manque-t-il pour un large mouvement populaire grec ?

Justement, demande un participant, que faudrait-il pour que se constitue un réel mouvement d’émancipation ? On voit que les grèves générales ont été suivies mais perpétuellement cassée par les manigances des appareils politiques et syndicaux. Le mécontentement est réel dans le pays, mais pourquoi n’y a-t-il pas l’émergence d’un courant contestataire puissant et populaire ?

Il est répondu que cette question est très occidentale et même très française... La Grèce n’a pas le passé politique de la France ou d’autres pays européens : il n’y a pas eu de 1789 en Grèce, et pas plus de Mai 68 : il n’y a jamais eu réellement de mouvements populaires unis, sinon sous la forme de soubresauts dirigés contre l’étranger. Il n’y a donc pas de véritable communauté politique, comme en Occident. Le pays a toujours été structuré par de petites tribus rivalisant entre elles, et c’est le fondement du corporatisme actuel. L’histoire du pays est celle des alliances entre groupes concurrents pour la conquête du pouvoir, donc un Etat fondamentalement clientéliste. Par exemple, les syndicats n’ont jamais été autre chose que les rouages du pouvoir. De ce point de vue, la situation peut être comparée avec la France, sauf qu’il s’agit dans ce dernier cas d’une régression monumentale pour qui connaît l’histoire du syndicalisme, alors que les Grecs n’ont jamais connu que ça. La constitution d’un mouvement social, politique et populaire se heurte à cette culture profondément ancrée. Ce n’est que très récemment qu’on peut voir en Grèce le début de tentatives de luttes autonomes : d’abord en décembre 2008, où l’on a vu un mouvement de jeunes contester radicalement leurs conditions de vie et ensuite au printemps dernier (2011), lors du « mouvement des places » qui fait l’objet de nos deux brochures. (...)

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Citations

C de Lautréamont

dimanche 20 décembre 2009

« Les bandes d’étourneaux ont une manière de voler qui leur est propre… Leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse au-delà ; en sorte que cette multitude d’oiseaux, ainsi réunis par une tendance commune vers le même point aimanté, allant et venant sans cesse, circulant et se croisant en tous sens, forme une espèce de tourbillon fort agité, dont la masse entière, sans suivre de direction bien certaine, paraît avoir un mouvement général d’évolution sur elle-même, résultant des mouvements particuliers de circulation propres à chacune de ses parties, et dans lequel le centre, tendant perpétuellement à se développer, mais sans cesse pressé, repoussé par l’effort contraire des lignes environnantes qui pèsent sur lui, est constamment plus serré qu’aucune de ses lignes, lesquelles le sont elles-mêmes d’autant plus qu’elle sont voisines du centre. Malgré cette singulière manière de tourbillonner, les étourneaux n’en fendent pas moins, avec une vitesse rare, l’air ambiant et gagnent sensiblement, à chaque seconde, un terrain précieux pour le terme de leurs fatigues et le but de leur pèlerinage. Toi, de même, ne fais pas attention à la manière bizarre dont je chante chacune de ces strophes. Mais sois persuadé que les accents fondamentaux de la science [poétique] n’en conservent pas moins leur intrinsèque droit sur mon intelligence. »

Comte de Lautréamont