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Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque. Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez lire notre déclaration.

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La démocratie directe : projet, principes et adversaires De l’islam à l’islamisme... Islamismes, islamophobie, islamogauchisme (n° 21) Hommage à notre camarade Jean-Franklin La « crise des migrants »
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En guise d’éditorial...

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Quelle Europe ? Quelles menaces ? Quelle défense ?



« L’homme naît libre, et il est partout dans les fers », écrivait Rousseau. Non : aucune loi naturelle ou disposition divine ne fait naître l’homme libre (ou pas libre). Mais, s’il est en effet presque partout dans les fers, c’est qu’il naît au milieu de fers prêts à l’accueillir — et qui le rendent tel qu’il ne demande qu’à les accepter. Fers surtout immatériels, et qui ne sont pas seulement et pas tellement ceux forgés par la domination d’un groupe social particulier. Aucun groupe ne saurait maintenir vingt-quatre heures sa domination sur une société dont la grande majorité ne l’accepterait pas.
Cette domination est celle de l’institution chaque fois établie : de la loi donnée, des significations et des représentations instituées et sanctionnées. Les plus « égalitaires » des sauvages sont tout autant, sinon plus, aliénés, à savoir hétéronomes, que les esclaves à Rome ou les serfs médiévaux. Ni les uns ni les autres ne peuvent penser que l’institution sociale pourrait être mise en question et changée. Presque partout, presque toujours, les humains socialisés — et, sans cette socialisation, ils ne seraient pas des humains — n’ont pu exister qu’en intériorisant pleinement l’institution, c’est-à-dire en s’y asservissant complètement. Ce qui entraîne aussi que les institutions des autres sont nécessairement inférieures, étranges, monstrueuses, diaboliques.
L’ hétéronomie — caractère intangible de l’institution existante, caractère indiscutable des croyances de la tribu — été, presque partout, presque toujours, l’état des sociétés humaines.
Cet état — à bien y réfléchir « normal », à savoir de loin le plus probable — n’a été vraiment rompu qu’en Europe. Il n’y a qu’en Europe — en Grèce d’abord, en Europe occidentale à nouveau plus tard — qu’une société s’est créée, capable de se mettre en cause et en question elle-même. C’est ici que les questions : qu’est-ce qui est juste ? et qu’est-ce qui est vrai ?surgissent et travaillent effectivement la société, non pas comme questions de philosophie de cours ou d’interprétation d’un livre sacré, mais comme questions qui informent une lutte sociale et une activité politiques. C’est ici aussi que la division sociale n’a pas été passivement acceptée, n’a pas conduit à des révoltes sans lendemain ou visant simplement la permutation des rôles dans le même scénario, à de nouvelles prophéties ou de nouvelles religions — mais à une activité politique. La politique, comme activité collective orientée explicitement vers le changement des institutions ; la philosophie, comme interrogation illimitée ; et surtout leur fécondation et solidarité réciproque émergent ici. Ici aussi naît le projet d’autonomie individuelle et collective, porté par les luttes des peuples pour la démocratie, et dont le contenu a fini par concerner tous les aspects de l’institution de la société (au-delà des aspects étroitement « politiques »). Et c’est en Europe aussi que, pour la première fois, la mise en question des institutions établies, impliquant leur relativisation, a entraîné la reconnaissance de l’égalité en droit de toutes les cultures.

Ainsi entendue, l’Europe n’est plus en droit, depuis long­temps, ni une entité géographique ni une entité ethnique. Un des moments les plus forts de la création européenne se situe en Nouvelle-Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle — et ses effets n’ont pas cessé d’être vivants. Et elle ne l’est plus, en fait, depuis deux siècles. Le Japon, les dissidents du Mur de Pékin, des millions de gens éparpillés sur toute la planète lui appartiennent. L’Afrique du Sud blanche, non. (...)

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Revues de presse - Archives 2016

Notre revue de presse la plus récente est disponible sur cette autre page ou dans la colonne de droite de la page d’accueil. Le principe de notre revue de presse est de fournir toutes les semaines (...)

Citations

W. Blake

dimanche 20 décembre 2009

« J’étais dans une imprimerie, en enfer, et je vis la méthode par laquelle est transmis, de génération en génération, le savoir. Dans la première chambre, était un dragon-homme, balayant les gravats à la bouche d’une caverne ; à l’intérieur, plusieurs dragons approfondissaient la caverne. Dans la seconde chambre, était une vipère enroulée autour du roc et de la caverne, et d’autres ornant celle-ci avec de l’or, de l’argent et des pierreries. Dans la troisième chambre, je vis un aigle, dont les ailes et les plumes étaient d’air ; et il rendait l’intérieur de la caverne infini ; alentour, nombre d’aigles pareils à des hommes édifiaient des palais sur des rocs immenses. Dans la quatrième chambre, des lions de flamme ardente tournaient furieux, et ils fondaient les métaux en fluides vivants. Dans la cinquième chambre, des formes sans nom jetaient les métaux dans l’espace. Ceux-ci étaient reçus dans la sixième chambre par les hommes ; ils y prenaient l’aspect de livres et formaient des bibliothèques. »

W. Blake, 1790 ; « Le mariage du ciel et de l’enfer »