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Notes éparses sur la logique de la consommation

Le but de ce texte n’est que de proposer quelques sujets de réflexions sur la consom­mation contem­poraine et les sociétés qui les portent, sans autre prétention que de consti­tuer des notes à partir desquelles il pourrait être intéressant de discuter. Je ne crois pas apporter quoi que ce soit de vraiment nouveau, mais plutôt ra­masser quelques éléments qui, mis bout-à-bout, formuleront peut-être une question intéressante. Je m’interroge donc à voix haute, en espérant que mes questionnements puissent être partagés. Du fait de ce tâtonnement, les lignes qui suivent sont maladroites, hésitantes, et certainement un peu lourdes – pour­vu qu’elles ne soient pas complète­ment incompréhensibles. Je ne peut donc que faire appel à la bien­veillance de ceux qui pensent que la dis­cussion collective de pistes peu explorées n’est jamais une entre­prise vaine.

Je commence par synthétiser rapidement quelques aspects socio-politiques des so­ciétés de consom­mation, que je pense connus par la plupart des participants. A partir de là, j’essaie d’en dégager quelques dimen­sions magico-religieuses pour enfin discuter de leurs implications dans la perspective d’une rupture éven­tuelle avec le consumérisme. Je pars donc du postulat, que j’espère acceptable, que les sché­mas ma­gico-religieux (pour dire vite) ont été des constantes dans l’histoire de l’humanité, dont l’histoire écrite ne re­présente qu’un petit pourcentage, et qu’ils conditionnent à un point insoupçonné notre rapport au monde, y compris et surtout lorsque cette dimension est déniée : nul besoin de s’attarder sur l’exemple de la vul­gate marxiste et ses hagiographies, ses temples, ses messes, ses promesses, sa morale, etc. Mon propos n’est certainement pas d’affirmer qu’il n’y aurait qu’une éternelle répétition du même dans l’histoire (ma re­ligion me l’in­terdit !), mais plutôt de mesurer où nous en sommes dans l’arrachement – ou le retour – aux mentalités archaïques, ou l’invention de nouvelles formes d’(auto)aliénation.

Je m’intéresse donc ici essentiellement à la logique du phénomène de consomma­tion, c’est-à-dire aux promesses sans cesse rabâchées de la « société de consomma­tion », qui sont crues de facto, qui orientent les comportements et les psychismes, et qui constituent donc la réalité vécue face à laquelle il est inutile d’objecter qu’elles ne sont pas tenues : cela, tout le monde le sait et ne veut pas le savoir. La question que je me pose est : Pourquoi ?, ou, plus précisément : A quoi ces promesses conviennent-elles pour n’être jamais entachées par les démentis apportés par la réalité ? Ainsi, par exemple, dire que nos sociétés ne sont pas des sociétés d’abondance parce qu’elles sont basées sur le principe et le fantasme de rareté ou de pé­nurie ne change rien au fait qu’elles sont vécues comme des sociétés d’abondance par ceux qui y sont comme par ceux qui voudraient en être. Cette illusion collective, on le sait, est le propre des idéologies, et particulière­ment religieuses. Par ailleurs, on retrouve ici exactement une spécificité du capitalisme et de ses contradictions, mais appliquée à l’individu, ce qui me semble l’essence même de ce dont nous discu­tons. De la même manière, dégager cette « logique » quasi-inhu­maine (celle du « Capital » ou celle de la consommation) n’est pas l’imputer à un sujet transcendant, mais à l’action historique des hommes, des femmes et des enfants, prêts à y participer autant qu’à y résister. (...) --------Lire la suite...


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mardi 30 juin 2020
par  LieuxCommuns

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