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En guise d’éditorial...
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L’inventaire de l’irréparable


Il nous faut avant tout dresser une manière d’inventaire de l’irréparable. Ce n’est pas pour l’esprit tâche facile. Car, enfin, la renaissance d’une grande partie de l’Europe, sa reprise économique ont été prodigieuses. Bien de villes sont plus belles et plus animées qu’avant le désastre. Les marques imprimées sur les paysages par la première guerre mondiale (plateaux défoncés, champs éventrés) ont été plus profondes que les traces de 1940-1945. On peut, de nos jours, parcourir presque toute l’Europe occidentale, et même l’Union soviétique, sans découvrir d’endroits précis où replacer les événe­ments de la seconde guerre mondiale ou les souve­nirs personnels qui gisaient sous les amas de cen­dres de 1945. C’est comme si avait prévalu un puissant besoin d’oublier et de rebâtir, une espèce d’amnésie féconde. Il était choquant de survivre, plus encore de recommencer à prospérer entouré de la présence tangible d’un passé encore récent. Très souvent, en fait, c’est la totalité de la destruction qui a rendu possible la création d’installations industrielles entièrement modernes. Le miracle éco­nomique allemand est, par une ironie profonde, exactement proportionnel à l’étendue des ruines du Reich.

Pourtant, le paysage mécanisé et fréquemment aseptique de l’Europe contemporaine peut être trompeur. Si bruyants, si pleins d’activité économi­que que soient les espaces qu’elles limitent, les façades neuves manifestent un manque de vie curieux. Il n’est que de penser aux centres urbains restaurés. Sans ménager ni l’argent ni la peine, des villes entières, Altstädte, ont été reconstruites, pierre à pierre, minutieusement, pot de fleur après pot de fleur. La photographie ne relève aucune différence ; la patine des pignons est même plus riche qu’auparavant. Cependant, il est incontestable que quelque chose ne va pas. Allez donc voir Dresde ou Varsovie, plantez-vous sur une de ces places de Vérone reconstituées avec tant de grâce, et vous en aurez pleinement conscience. La recons­titution, dans toute sa perfection, a un éclat de laque. Comme si la lumière des corniches n’avait pas été rétablie, comme si l’atmosphère ne conve­nait pas et conservait des relents d’incendie. Cette impression n’a rien de mystique : le malaise est quasi littéral. C’est peut-être que la cohérence d’une chose ancienne est une harmonique de la durée, que la perspective d’une rue ou d’un toit qui ont eu le temps de vieillir, qu’il est possible de copier, ne saurait être recréée. Même quand, dans les meilleu­res conditions, on ne la distingue pas de l’original, la reproduction n’est jamais la forme vive. En dépit de son élégance, la Vieille Ville de Varsovie n’est qu’un décor, et les humains qui la parcourent ne soulèvent aucun écho. C’est l’image de ces façades restaurées dans le moindre détail, de ces ombres et de ces lumières trop bien réglées, que je garde à l’esprit tandis que je m’efforce de distinguer ce qui est perdu à jamais, même si l’objet est à portée de la main, de ce qui est vivant.(...)

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Citations

W. Blake

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« J’étais dans une imprimerie, en enfer, et je vis la méthode par laquelle est transmis, de génération en génération, le savoir. Dans la première chambre, était un dragon-homme, balayant les gravats à la bouche d’une caverne ; à l’intérieur, plusieurs dragons approfondissaient la caverne. Dans la seconde chambre, était une vipère enroulée autour du roc et de la caverne, et d’autres ornant celle-ci avec de l’or, de l’argent et des pierreries. Dans la troisième chambre, je vis un aigle, dont les ailes et les plumes étaient d’air ; et il rendait l’intérieur de la caverne infini ; alentour, nombre d’aigles pareils à des hommes édifiaient des palais sur des rocs immenses. Dans la quatrième chambre, des lions de flamme ardente tournaient furieux, et ils fondaient les métaux en fluides vivants. Dans la cinquième chambre, des formes sans nom jetaient les métaux dans l’espace. Ceux-ci étaient reçus dans la sixième chambre par les hommes ; ils y prenaient l’aspect de livres et formaient des bibliothèques. »

W. Blake, 1790 ; « Le mariage du ciel et de l’enfer »