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Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque. Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez lire notre déclaration.

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En guise d’éditorial...
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Quelle Europe ? Quelles menaces ? Quelle défense ?


« L’homme naît libre, et il est partout dans les fers », écrivait Rousseau. Non : aucune loi naturelle ou disposition divine ne fait naître l’homme libre (ou pas libre). Mais, s’il est en effet presque partout dans les fers, c’est qu’il naît au milieu de fers prêts à l’accueillir — et qui le rendent tel qu’il ne demande qu’à les accepter. Fers surtout immatériels, et qui ne sont pas seulement et pas tellement ceux forgés par la domination d’un groupe social particulier. Aucun groupe ne saurait maintenir vingt-quatre heures sa domination sur une société dont la grande majorité ne l’accepterait pas.

Cette domination est celle de l’institution chaque fois établie : de la loi donnée, des significations et des représentations instituées et sanctionnées. Les plus « égalitaires » des sauvages sont tout autant, sinon plus, aliénés, à savoir hétéronomes, que les esclaves à Rome ou les serfs médiévaux. Ni les uns ni les autres ne peuvent penser que l’institution sociale pourrait être mise en question et changée. Presque partout, presque toujours, les humains socialisés — et, sans cette socialisation, ils ne seraient pas des humains — n’ont pu exister qu’en intériorisant pleinement l’institution, c’est-à-dire en s’y asservissant complètement. Ce qui entraîne aussi que les institutions des autres sont nécessairement inférieures, étranges, monstrueuses, diaboliques.
L’ hétéronomie — caractère intangible de l’institution existante, caractère indiscutable des croyances de la tribu — été, presque partout, presque toujours, l’état des sociétés humaines.
Cet état — à bien y réfléchir « normal », à savoir de loin le plus probable — n’a été vraiment rompu qu’en Europe. Il n’y a qu’en Europe — en Grèce d’abord, en Europe occidentale à nouveau plus tard — qu’une société s’est créée, capable de se mettre en cause et en question elle-même. C’est ici que les questions : qu’est-ce qui est juste ? et qu’est-ce qui est vrai ? surgissent et travaillent effectivement la société, non pas comme questions de philosophie de cours ou d’interprétation d’un livre sacré, mais comme questions qui informent une lutte sociale et une activité politiques. C’est ici aussi que la division sociale n’a pas été passivement acceptée, n’a pas conduit à des révoltes sans lendemain ou visant simplement la permutation des rôles dans le même scénario, à de nouvelles prophéties ou de nouvelles religions — mais à une activité politique. La politique, comme activité collective orientée explicitement vers le changement des institutions ; la philosophie, comme interrogation illimitée ; et surtout leur fécondation et solidarité réciproque émergent ici. Ici aussi naît le projet d’autonomie individuelle et collective, porté par les luttes des peuples pour la démocratie, et dont le contenu a fini par concerner tous les aspects de l’institution de la société (au-delà des aspects étroitement « politiques »). Et c’est en Europe aussi que, pour la première fois, la mise en question des institutions établies, impliquant leur relativisation, a entraîné la reconnaissance de l’égalité en droit de toutes les cultures.(...)

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Citations

J. Bottéro

dimanche 20 décembre 2009

« En dépit du grand avenir réservé à cette doctrine de l’immortalité, et du rôle capital qu’il lui reste à jouer, en particulier dans le christianisme, on peut estimer quelque peu simpliste et naïve une pareille solution. Derrière le scandale de la rétribution s’en cachait un autre encore plus fondamental : celui de l’existence même du Mal. La fonction rétributive n’est qu’un aspect de la Justice divine. Elle est sauvée, de fait, si Dieu récompense, après la mort, les juste qui ont menés ici-bas une vie malheureuse. Mais pourquoi leur avoir infligé d’abord les souffrances injustifiées ? Pourquoi, Lui de qui tout dépend, a-t-Il fait précéder ce happy end de détours si pénibles ? Comment, en fin de compte, Sa Justice absolue se concilie-t-elle avec l’existence d’un Mal immérité, et du reste inutile puisqu’il doit être finalement effacé par le Bien ? C’est le problème clé de toute religion à la fois « métaphysique » et qui pose une divinité personnelle et libre. Dans le Judaïsme, en particulier, il n’y a sans doute jamais eu – même s’il n’était perceptible qu’aux grands esprits – de scandale théologique plus insurmontable et plus terrible. Qu’il l’ait résolu si promptement, et avec une telle profondeur, voilà qui doit provoquer, chez l’historien de la pensée, une surprise et une admiration sans bornes. » « De Son exposé souverain, qui fait le tour de la nature, il ressort cette vérité à la fois simple et écrasante que Lui, le Maître de l’Univers, dépasse de si haut les pensées humaines, que devant Lui, et quoi qu’Il fasse, on ne peut que se taire et admirer : ce ne peut qu’être admirable et parfait, même et surtout si l’homme ne peut comprendre. Voilà qui est bien dans la ligne de transcendance absolue de Dieu, déjà déduite par les Prophètes et surtout le Second-Isaîe. Mais jamais encore on ne l’avait si bien comprise et explicitée, dans un domaine à la fois aussi métaphysique et contraire à la pente naturelle de la raison et du cœur. L’auteur de Job, un siècle avant Platon, et par pure intuition religieuse, est ainsi arrivé à poser véritablement un ordre de choses divin et absolument disparate de l’humain, et à rejoindre ce dernier mot de toute la métaphysique et de toute la théologie : ‘Je n’ai aucun besoin d’un Dieu que je comprends !’ »

Jean Bottéro, 1986 ; « Naissance de Dieu – La Bible et l’historien », p. 176

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