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En guise d’éditorial : Transmission traumatique ?

Au milieu de l’été 1993, j’ai trouvé les praticiens du département de psychiatrie terrés dans un hôpital bombardé par les assiégeants, sans visite d’aucun collègue étranger ni contact extérieur depuis plus d’un an, manquant de tout – de médicaments comme de nourriture –, travaillant dans une solitude qu’accroissait l’hostilité que leur vouaient les médecins militaires, prisonniers d’une capitale dont les « soldats de la paix » français, contrôlant l’aéroport, leur interdisaient l’unique issue, n’imaginant d’autre terme à leur calvaire qu’une intervention internationale qui ne venait pas, désemparés, épuisés et abattus, néanmoins demandeurs d’un soutien professionnel.
Après avoir sollicité en vain l’aide du Service de l’action humanitaire du ministère des Affaires étrangères, je leur procurai quelques-uns des psychotropes qu’ils réclamaient, dans la mesure de mes possibilités d’emport, qui dépendaient non seulement de mes bras, mais du bon vouloir des Britanniques qui tenaient l’aéroport d’Ancona, l’un des points de départ du pont aérien dit humanitaire.
Je leur proposai aussi, puisque leur chef de service, le Dr Ismet Ceric, me questionnait avec insistance sur les derniers développements théorico-cliniques européens en matière de Post-Traumatic Stress Disorders, une série de réunions de travail sur les névroses traumatiques, dont l’occurrence connaissait une augmentation sans précédent.
L’abord des schizophrènes était devenu, me disait-il, une « récréation » pour les soignants, qui pouvaient au moins y retrouver leurs marques, tandis qu’ils ne savaient comment s’y prendre avec les « ptsd ». Après dix-sept mois de siège, 30 % des lits étaient occupés par des patients ainsi étiquetés [1]. (...)
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
"L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité. Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées. Les lignes de forces, écroulées, n’ordonnent plus. En face un nouvel ensemble, imposé, non pas proposé mais affirmé, pesant de tout son poids de canons et de sabres.
La mise en place du régime colonial n’entraîne pas pour autant la mort de la culture autochtone. Il ressort au contraire de l’observation historique que le but recherché est davantage une agonie continuée qu’une disparition totale de la culture pré-existante. Cette culture, autrefois vivante et ouverte sur l’avenir, se ferme, figée dans le statut colonial, prise dans le carcan de l’oppression. A la fois présente et momifiée, elle atteste contre ses membres. Elle les définit en effet sans appel. La momification culturelle entraîne une momification de la pensée individuelle. L’apathie si universellement signalée des peuples coloniaux n’est que la conséquence logique de cette opération. Le reproche de l’inertie constamment adressé à “l’indigène” est le comble de la mauvaise foi. Comme s’il était possible à un homme d’évoluer autrement que dans le cadre d’une culture qui le reconnaît et qu’il décide d’assumer."
Frantz Fanon, Conférence au congrès international des écrivains et artistes noirs, 20 septembre 1956

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).







