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En guise d’éditorial : La pluralité anonyme : héroïsme et démocratie

Dénoncer la démocratie en tant que régime politique médiocre, abolissant l’idéal d’excellence en interdisant l’expression de tout héroïsme, est comme l’a montré l’historien Zeev Sternhell un lieu commun de la pensée réactionnaire [1]. Or, on peut à rebours de cette platitude faire l’hypothèse que, loin de se réduire à l’égalitarisme nivelant et au règne du « dernier homme » commandé par ses humeurs, la démocratie implique une conception héroïque de la citoyenneté, en ce sens qu’elle repose sur l’activité d’individus autonomes qui ne doivent justement pas se laisser aller à leur volonté d’indépendance, mais doivent se donner pour désir et pour responsabilité la tâche de faire vivre la chose publique. On cherchera donc ici, en se référant aux analyses de Castoriadis sur la Grèce ancienne, à montrer que, loin de supprimer les vertus de l’héroïsme célébrées par la pensée traditionnelle, la démocratie radicale – forme politique dans laquelle la société se reconnaît apte à se gouverner par elle-même en s’instituant comme l’unique source légitime de la loi – constitue le régime qui pousse le plus loin la tension entre l’excellence et le nombre, ou entre la singularité et l’anonymat, sans jamais sacrifier l’une de ces deux exigences.
La démocratie comme régime de l’auto-limitation
L’un des mérites de l’anthropologie politique de Castoriadis est d’avoir mis en évidence, à rebours de la tradition anarchiste avec laquelle Castoriadis peut néanmoins s’accorder sur certains points, la nécessité du travail de l’institution dans la formation d’individus autonomes. (...)
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
« Les soleils sont de formidables machines à la fois horlogères, motrices, fabricatrices. Ils produisent des atomes lourds, c’est-à-dire de l’organisation complexe, et du rayonnement, c’est-à-dire la manne dont se nourrit la vie. En bref, tout ce qui dans le cosmos est ordre et organisation, tout ce qui produit toujours plus d’ordre et d’organisation a pour source un soleil. Or, il faut le remarquer inlassablement : cette machine à feu est en feu. Le soleil est en flamme. Notre soleil n’éclaire pas comme une lampe. Il crache le feu, il pète le feu, dans une auto-consomption insensée, une dépense folle que n’avait prévu nul traité d’économie cosmique. Son noyau est un pur chaos. C’est une gigantesque bombe à hydrogène permanente, c’est un réacteur nucléaire en furie. Créé en catastrophe, s’allumant à la température même de sa destruction, il vit en catastrophe, puisque sa régulation est faite de l’antagonisme d’une rétroaction explosive et d’une rétroaction implosive. Il va tôt ou tard vers l’une ou l’autre destruction, l’hyperconcentration ou l’ultime gerbe de feu de la nova ou supernova ? Ainsi les milliards de milliards de soleils sont à la fois l’ordre suprême, l’organisation physique admirable, et le chaos volcanique de notre cosmos. »
E. Morin, La méthode I — La nature de la nature, 1977

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).







