Films & documentaires (recommandables)

jeudi 24 décembre 2015
par  LieuxCommuns

Ci-dessous, quelques références de documentaires et de films qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes. Ce ne sont certes pas tous des chefs-d’œuvres mais tous méritent, d’après nous, d’être vus, voire revus.
Nous indiquons à chaque fois un lien vers des sites plus ou moins légaux permettant le visionnage, lorsque nous en avons connaissance : merci de nous aider à maintenir cette page à jour.

(Mise à jour : Septembre 2017)

PS : Cette rubrique, au départ, devait s’appeller « Émissions, films & documentaires » en incluant les programmes de radio et de télévision dignes d’attention, qui se sont révélés finalement introuvables (mises à part une ou deux exceptions, peut-être, dont « Répliques » sur France-Culture, microscopique espace de débat posé et contradictoire, notion insupportable pour ceux qui font une fixation sur son animateur, et France 24, qui échappe encore un peu à l’horreur de « l’info-tainement »).


(Dans le même esprit, quelques livres qui méritent le détour.)


DOCUMENTAIRES
Il est rare que le genre documentaire échappe au spectaculaire autant qu’aux bons sentiments démagogiques (cette dernière catégorie regroupant la totalité des productions gauchistes, gauchisantes, dérivées et apparentées), mais cela arrive. On en ressort comme après la lecture d’un bon (petit) livre : la vie n’est plus tout-à-fait la même et ce que l’on y a appris soulève plus de questions qu’il ne sécrète de certitudes à asséner.
Titre Genre Commentaire Réalisateur Année Où le trouver ?
La France en face Documentaire périphérique Illustration convaincante des thèses de C. Guilluy sur la paupérisation des campagnes françaises et des stratégies pour en sortir Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy 2013 https://www.youtube.com/watch?v=bVoZfnekqW4
La Commune Didactique imagé Narration vivante des événements parisiens de 1871 Henri Guillemin 1971 https://archive.org/details/HenriGuilleminLaCommune1Situation
La Séparation des Églises et de l’État Historique didactique Petit retour pédagogique sur une laïcité aujourd’hui totalement falsifiée François Hanss 2005 http://www.dailymotion.com/video/x2ms33_1-la-separation-des-eglises-et-de-l_school
Révoltes Documentaire analytique Tentative honnête d’analyse socio-historique des phénomènes insurrectionnels à partir d’exemples contemporains (Pologne 1981, Tunisie 2011, etc.) Cédric Tourbe 2013 (Non trouvé...)
La reprise du travail aux usines Wonder Documentaire sur le pavé Après mai 68, vint juin... Jacques Willemont 1968 https://www.youtube.com/watch?v=ht1RkTMY0h4
Cornelius Castoriadis, une leçon de démocratie Exposé éclairant Quelques clarifications lumineuses pour comprendre la nature de la démocratie directe grecque Chris Marker 1989 https://www.youtube.com/watch?v=5HL22xsVK4c
La confrérie, enquête sur les frères musulmans Islam is the problem Enquête sérieuse sur l’histoire et les ramifications de l’organisation islamiste la plus répandue dans le monde et largement implantée en France Michaël Prazan 2013 https://www.youtube.com/watch?v=-8bvvYEc0m8
Humain, trop humain In vivo Le meilleur document visuel de tout les temps (industriels) sur le capitalisme tayloriste- fordiste Louis Malle 1974 https://www.youtube.com/watch?v=bM-f4gwh50I
Adios muchachos, Nicaragua une révolution confisquée Documentaire subversif Magnifique et méconnue fresque historique sur le stalino-gauchisme latinos, largement généralisable Clara Ott 2013 (Non trouvé...)
Jésus et l’Islam Enquête historique A partir de la question que pose le titre, l’investigation théologico-archéologique s’oriente au fil des sept épisodes vers des hypothèses passionantes quant à l’origine de l’islam, bien loin de la légende... G. Mordillat et J. Prieur 2015 https://www.youtube.com/watch?v=32JRiqShYOE&amp ;list=PLrxfWBuFyjdWjr4aj3gsSTIpauAB3izv2
The Civil War Historique intelligent Onze épisodes d’une rare intelligence Ken Burns 1990 (Non trouvé...)
FILMS
Le cinéma, l’art, n’est pas de la politique et la politique dénature l’art lorsqu’elle s’en mêle : les réalisations qui ont voulu déroger à cette évidence ont souvent mal vieilli, lorsqu’elles en ont eu le temps.
Pourtant l’intersection entre art et politique n’est pas vide. Mais c’est alors par des voies détournées, sans le vouloir, que se produit un petit miracle, et l’un, alors, questionne l’autre, se renvoient mutuellement leur impensé et dans la brèche créée, quelquefois, s’engouffre l’intelligence et la grâce.
Titre Genre Commentaire Réalisateur Année Où le trouver ?
Сталкер
(Stalker)
Sublime Avec "Le Sacrifice", du même réalisateur, sans doute le summum de ce qu’aura pu être le cinéma Andreï Tarkovski 1979 (Non trouvé...)
Sans soleil Onirique Plongée au coeur du temps, du souvenir, de la mémoire, des peuples, de l’Histoire (c’est à dire magistrale introduction au cinéma de Chris Marker) Chris Marker 1983 (Non trouvé...)
Le déclin de l’empire américain Hyper-contemporain Enfin un film digne de ce nom sur notre époque (et qui a connu une suite en 2003) Denys Arcand 1986 (Non trouvé...)
12 Angry Men
(Douze hommes en colère)
Huis-clos (l’enfer, c’est nous) Un classique sur la responsabilité et le courage politique qu’implique la justice populaire (certes un peu trop christique) Sidney Lumet 1957 (Non trouvé...)
Hannah Arendt politico-intellectuel C’est tellement rare que l’on tente de filmer le courage de l’esprit, qu’on ne va pas bouder notre plaisir Margarethe von Trotta 2013 (Non trouvé...)
Brazil Dystopique grandiose Exactement à mi-chemin entre demain matin et 1984 Terry Guilliam 1985 (Non trouvé...)
Looking for Eric Bon petit film Petit film courageux qui se permet de dire quelques petites choses de, et au, contemporain Ken Loach 2009 (Non trouvé...)
Un air de famille Thérapeutique Film séminal du style Bacri-Jaoui, dont le happy end ne gâche pas la finesse Cédric Klapisch 1996 (Non trouvé...)
La Commune de Paris Film vivant La Commune, c’est maintenant... Peter Watkins 2000 https://archive.org/details/COMMUNE_Paris1871_PeterWATKINS
Dans la solitude des champs de conton Théâtre Adaptation de la pièce de J.M Koltès, qui sauve le théâtre contemporain Patrice Chéreau 1990 (Non trouvé...)
Lord Of The Flies
(Sa Majeste Des Mouches)
Accablant Chef d’œuvre d’adaptation du livre de W. Golding. Il faut se répéter que ce ne sont que des enfants... Peter Brook 1963 (Non trouvé...)
La journée de la jupe Baffe On aimerait tellement que ce film soit aussi mauvais que le décrivent l’aboiement de ses détracteurs-sur-canapé Jean-Paul Lilienfeld 2009 (Non trouvé...)
The cook, the thief, his wife and her lover
(Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant)
Picturalo-gastronomico-bestial Somptueuse fresque d’une fin de règne, sanglante, mais éclatante Peter Greenaway 1989 (Non trouvé...)
Mr. Smith Goes to Washington
(Mr. Smith au sénat)
Film décent La common decency portée à l’écran, ça peut être un peu facile, mais c’est revigorant Franck Capra 1939 (Non trouvé...)
678
(Les femmes du bus 678)
Rôde-movie Face la prédation et à la connivence masculine, les femmes arabes renouent avec l’auto-organisation et l’auto-défense qui font remonter les clivages sociaux Mohamed Diab 2010 (Non trouvé...)
L’aveu Stalino-carcéral Les procès de Moscou ont fait des émules, ici en Tchékoslovaquie, et la pratique est devenue pavlovienne à gauche... Costa-Gavras 1970 (Non trouvé...)
Film d’amore e d’anarchia, ovvero ’stamattina alle 10 in via dei Fiori nella nota casa di tolleranza...’
(Film d’amour et d’anarchie)
D’amour et d’anarchie Sur fond de montée du fascisme italien, un peuple, des femmes, des anarchistes. Et la vie. Lina Wertmüller 1973 (Non trouvé...)
Patries Ouech-ouech La banlieue, l’immigration, le racisme... dans leurs banales réalités quotidienne donc tels qu’on ne les avait encore jamais vus à l’écran Cheyenne Carron 2015 (Non trouvé...)
FILMS PRESQUE RÉUSSIS
C’est quand même dommage de passer à côté de bonnes choses mais servies dans une réalisation un peu trop ceci ou pas assez cela ou avec des partis-pris qu’on jugerait un peu faciles. Bref, il y manque toujours quelque chose pour figurer dans la catégorie précédente — mais ce n’est pas une raison pour ne pas les voir.
Babel Fresque mondiale Belle peinture des différents modes d’habiter la Terre, mais dans un style un peu trop américain Alejandro González Iñárritu 2006 (Non trouvé...)
Mon oncle d’Amérique Bio-sociologique Tentative ratée mais néanmoins édifiante de croiser les approches cinématographiques et bio-comportementales Alain Resnais 1980 (Non trouvé...)
Mille milliards de dollars Thriller géopolitique Dénonciation efficace des pouvoirs financiers supranationaux, mais de facture ultra-classique Henri Verneuil 1982 (Non trouvé...)
Idiocracy Triste farce Malheureusement traité sur le mode exclusivement bouffon, l’abêtissement progressif de l’humanité mériterait un peu plus... d’intelligence. Ma gueule. Mike Judge 2006 (Non trouvé...)
Le Septième Juré Procès psycho-sociologique Selon que vous soyez riche ou pauvre... Exploration des sous-bassements de la justice humaine et de l’injustice sociale (ou l’inverse) qui se rapproche d’un côté de "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon" de Elio Petri (1970) et de l’autre de "Crime et châtiment". Georges Lautner 1962 (Non trouvé...)
Le Président Dénonciation charismatique Un classique un brin trop nostalgique de la IIIe république... Henri Verneuil 1961 (Non trouvé...)

Commentaires

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Films & documentaires (recommandables)
dimanche 14 février 2016 à 10h59 - par  Griffe

« On aimerait tellement que ce film (La Journée de la jupe) soit aussi mauvais que le décrivent l’aboiement de ses détracteurs-sur-canapé » écrivez-vous. Après ça, comment voulez-vous qu’on prenne vos conseils au sérieux ? Ne pas voir qu’Adjani n’a jamais été aussi mauvaise, que ses sautes d’humeur sont invraisemblables, que ses crises de colère sont surjouées et ridicules, c’est ne rien voir du tout. Mais, à la décharge d’Adjani, son personnage est si mal écrit, à cause d’un scénario tellement volontariste dans son effort de propagande, qu’elle ne pouvait pas bien jouer. En zélés petits soldats finkielkrautiens, vous défendez certainement le film pour « oser montrer » une « réalité ». Or, ce n’est pas parce que cette réalité existe qu’il faut limiter son film à ça : La Journée de la jupe est tellement simplificateur que ça en devient du pur et simple discours de propagande, donc un navet. Et au passage, vous pouvez ravaler votre mépris pour les « détracteurs-sur-canapé » : vous l’avez vu où ce film, vous ? Au milieu d’un champ ?

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samedi 5 mars 2016 à 12h27 - par  LieuxCommuns

Certes, Isabelle Yasmina Adjani n’est sans doute pas au mieux de sa forme... Plutôt que d’incriminer le scénario faudrait-il, comme elle le fait ([ici par exemple-https://www.youtube.com/watch?v=A0x...], parler d’un de ses rares films « politiques », « citoyens », et d’un sujet qui la concerne dans sa chair, en tant que fille d’immigré maghrébin, banlieusarde, femme... Sans doute peut-on justement y voir l’origine de la haine dont elle a fait l’objet à cette occasion : une « arabe » qui refuse la posture victimaire et culpabilisatrice.
Par contre, vous admettrez que d’autres acteurs son brillants dans leurs interprétations : le principal démissionnaire (Jackie Berroyer), le professeur dhimmis, démagogique et « excusiste » (Olivier Brocheriou), cet autre, donnant dans l’islamophilie de rédemption et appelant à lire le Coran (Stéphan Guérin-Tillié, non ?), ou la ministre qui voit les droits des femmes contrecarrer sa carrière (Nathalie Besançon)...

« Finkielkrautiens » ? Décidément, la Gôche n’en finit pas de donner à ses ennemis l’importance qu’elle devrait réserver à la réalité (sans guillemets en ce qui nous concerne) vécue par les petites gens.

A propos : nous n’avons pas vu ce film d’un canapé, ni d’un champ. Mais bien de notre cité HLM de banlieue, la veille, d’après mes souvenirs, d’une rentrée scolaire dans quelques-unes de ces classes. Est-ce si inimaginable ?

Q.

samedi 28 mai 2016 à 22h09

Le film est certainement assez moyen, ce qui le place plutôt dans la catégorie supérieure de la qualité du cinéma français qui brille par sa pauvreté. Malheureusement, en France, cette couleur terne ne convient pas qu’au cinéma. Les lumières s’y sont largement éteintes en particulier dans le mode des intellectuels qui n’y ont plus vraiment que le nom. « La journée de la jupe » pose une vraie question n’en déplaise aux réactionnaires qui font office d’intellectuel (qu’ils ne sont pas). Il s’agit bien de laïcité mais de celle qui, et je reprends ici le texte publié sur le site du gouvernement français, « n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Qui n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public. ». L’islamophobie [qui est un racisme avéré depuis 100 ans (n’en déplaise à la raciste et qui a renié le féminisme avec sa phobie du fichu, Badinter) ] s’est délié et a envahi tout l’espace public au point du renoncement par les Français dans leur ensemble et pour leur majorité à la laïcité, la ; liberté et l’égalité. Au nom de livrer bataille contre les extrémistes la France est devenue intolérante à toutes altérité au point d’être à l’extrême comme ceux qu’elle prétend vouloir abattre.Les idées ça se défend, oui. Mais les idées ça ne se défend qu’exclusivement par les idées. En France on hurle à la liberté de parole et de presse quand des provocateurs reçoivent le retour de flamme qui même si intolérables soient-ils ne peuvent justifier la stigmatisation islamophobe et le racisme anti-musulman et leur privation du droit de penser, de parler, de croire, de s’habiller. Les intellectuels qui ne se distancient pas de cet islamophobie et qui invectivent les antiracistes en les nommant assez ridiculement -montrant par là que comme réactionnaires ils n’ont rien compris au racisme et à la gauche- d’islamogauchistes sont particulièrement méprisables car principaux vecteurs de haines. De cette haine qu’ils nourrissent uniquement de leurs inculte phobie pathologique de l’islam et des musulman comme des immigrés et de leur ethnocentrisme néo-colonialiste non critique. J’ai le regret de constater que le collectif lieux Commun est tombé dans ce travers. Je l’invite à se ressaisir pour ne pas devenir le lieux du replis sur soi. (N.B. : Je suis Belge et confirme que sauf sur ce qui concerne le cinéma le constat vaut aussi pour la Belgique).

lundi 12 septembre 2016 à 00h55

« L’islamophobie qui est un racisme avéré », « le racisme anti-musulman »

Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire... Camus disait que « Mal nommer les choses c’est rajouter au malheur du monde ». Quant à maître Kong, il expliquait, 2500 ans plus tôt, que « Si j’avais le pouvoir, je commencerais par redonner leur sens aux mots ». ’ Votre intervention montre que tout reste à faire... Belge ou pas, vous parlez surtout le novlang.

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