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En guise d’éditorial : « La paix sociale sexuelle est achetée au prix du silence… »

(...) Je commencerai par des témoignages non écrits dont je me souviens, mais qui sont restés pour moi assez révélateurs de la détresse et de la brutalité de l’environnement pour ces jeunes.
Tous les jours, tous les soirs, qu’il pleuve ou qu’il vente, dans des coins de collèges ou lycées (oui oui, collèges aussi), des arrière-cours d’immeubles, des apparts ou des voitures en fond de parking, des jeunes filles se font défoncer la gueule, la dignité ou le fondement dans une totale indifférence, non si pardon, par-ci par-là des « Ouh oh, la, la ! Quelle horreur ! Ça fait jeune, pauvre gamine… merci, au revoir ». Au cas où certains ne s’en rendraient pas encore compte, zone de non-droit ne veut rien dire, parce qu’il y a bien un droit : celui du plus fort. Un droit, une loi et même des usages.
Alors voilà. Entendus, recueillis à l’hosto ou dans divers services sociaux, souvent redondants, donnant lieu à des plaintes ou non selon le souhait des adolescentes, ici des témoignages dont l’anonymat reste bien sûr ssentiel.
Ils se répètent et très souvent se ressemblent :
« On sortait du collège, il m’a dit raccompagne-moi juste chez moi et il a porté mon sac avec mes affaires dedans. Quand on était devant sa porte il a ouvert et a jeté mon sac au fond du couloir, j’ai dit pourquoi tu fais ça et j’ai couru chercher mon sac, après il a fermé la porte et il a insisté deux heures, j’avais peur que sa mère revienne alors on l’a fait, après j’ai dû partir vite, c’était ma première fois. J’ai oublié mon sac mais il a crié quand j’ai sonné. Je suis rentrée et c’est là que mon cousin m’a tapée parce que tout le monde avait fini le repas, on m’attendait, j’ai rien osé dire » (...)
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
"L’asservissement, au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité. Pour cela il faut briser ses systèmes de référence. L’expropriation, le dépouillement, la razzia, le meurtre objectif se doublent d’une mise à sac des schèmes culturels ou du moins conditionnent cette mise à sac. Le panorama social est déstructuré, les valeurs bafouées, écrasées, vidées. Les lignes de forces, écroulées, n’ordonnent plus. En face un nouvel ensemble, imposé, non pas proposé mais affirmé, pesant de tout son poids de canons et de sabres.
La mise en place du régime colonial n’entraîne pas pour autant la mort de la culture autochtone. Il ressort au contraire de l’observation historique que le but recherché est davantage une agonie continuée qu’une disparition totale de la culture pré-existante. Cette culture, autrefois vivante et ouverte sur l’avenir, se ferme, figée dans le statut colonial, prise dans le carcan de l’oppression. A la fois présente et momifiée, elle atteste contre ses membres. Elle les définit en effet sans appel. La momification culturelle entraîne une momification de la pensée individuelle. L’apathie si universellement signalée des peuples coloniaux n’est que la conséquence logique de cette opération. Le reproche de l’inertie constamment adressé à “l’indigène” est le comble de la mauvaise foi. Comme s’il était possible à un homme d’évoluer autrement que dans le cadre d’une culture qui le reconnaît et qu’il décide d’assumer."
Frantz Fanon, Conférence au congrès international des écrivains et artistes noirs, 20 septembre 1956

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).







