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En guise d’éditorial : In memoriam — L’Esprit de la vallée

Je suis de plus en plus convaincu que les problèmes dont l’urgence nous accroche à l’actualité exigent que nous nous en arrachions pour les considérer en leur fond. Je suis de plus en plus convaincu que nos principes de connaissances occultent ce qu’il est désormais vital de connaître. Je suis de plus en plus convaincu que la relation science-politique-idéologie demeure, quand elle n’est pas invisible, traitée de façon indigente, par la résorption, dans un terme devenu maître, des deux autres.
Je suis de plus en plus convaincu que les concepts dont nous nous servons pour concevoir notre société – toute société – sont mutilés et débouchent sur des actions inévitablement mutilantes. Je suis de plus en plus convaincu que la science anthropo-sociale a besoin de s’articuler sur la science de la nature, et que cette articulation requiert une réorganisation de la structure même du savoir.
Mais l’ampleur encyclopédique et la radicalité abyssale de ces problèmes inhibent et découragent, et ainsi la conscience même de leur importance contribue à nous en détourner. En ce qui me concerne, il m’a fallu des circonstances et des conditions exceptionnelles [1] pour que je passe de la conviction à l’action, c’est-à-dire au travail.
La première cristallisation de mon effort se trouve dans Le Paradigme perdu (1973). Ce rameau prématuré de La Méthode, alors en gestation, s’efforce de reformuler le concept d’homme, c’est-à-dire de science de l’homme ou anthropologie. (...)
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Lire (et comprendre) Castoriadis
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De quelques tentatives de penser notre époque

Dynamiques historiques
Les évadés de l’islam
Sources sociales-historiques de l’écologie politique
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
« Les soleils sont de formidables machines à la fois horlogères, motrices, fabricatrices. Ils produisent des atomes lourds, c’est-à-dire de l’organisation complexe, et du rayonnement, c’est-à-dire la manne dont se nourrit la vie. En bref, tout ce qui dans le cosmos est ordre et organisation, tout ce qui produit toujours plus d’ordre et d’organisation a pour source un soleil. Or, il faut le remarquer inlassablement : cette machine à feu est en feu. Le soleil est en flamme. Notre soleil n’éclaire pas comme une lampe. Il crache le feu, il pète le feu, dans une auto-consomption insensée, une dépense folle que n’avait prévu nul traité d’économie cosmique. Son noyau est un pur chaos. C’est une gigantesque bombe à hydrogène permanente, c’est un réacteur nucléaire en furie. Créé en catastrophe, s’allumant à la température même de sa destruction, il vit en catastrophe, puisque sa régulation est faite de l’antagonisme d’une rétroaction explosive et d’une rétroaction implosive. Il va tôt ou tard vers l’une ou l’autre destruction, l’hyperconcentration ou l’ultime gerbe de feu de la nova ou supernova ? Ainsi les milliards de milliards de soleils sont à la fois l’ordre suprême, l’organisation physique admirable, et le chaos volcanique de notre cosmos. »
E. Morin, La méthode I — La nature de la nature, 1977

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).





