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En guise d’éditorial : Sacro-sainte paranoïa — La complaisance dans l’outrage

En janvier 2015, les deux frères qui ont pris d’assaut la rédaction de Charlie Hebdo et abattu douze personnes de sang-froid estimaient qu’en publiant des caricatures de Mahomet, le journal satirique livrait une guerre contre l’islam et son Prophète. Frénétiquement convaincus de cette offense, ils pensaient que leur acte laverait l’honneur du Prophète et entraînerait la victoire de l’islam. Si nous avons ici affaire à un honneur et une guerre virtuels, les victimes, hélas, étaient de chair et de sang. Près de 250 ans après Voltaire, comme un fait exprès, c’est à Paris que la satire se voit punie de mort. En aucun cas les deux criminels ne sont représentatifs des 1,5 milliard de musulmans présents à travers le monde, mais la propension à crier à l’outrage, qui a motivé leur geste, renvoie à un état d’esprit partagé par de nombreux musulmans. La cruauté de l’acte souligne l’asymétrie qui détermine les relations de l’Occident au monde musulman.
Au fil des siècles, plusieurs facteurs ont cimenté ce sentiment d’offense chez les musulmans.Il est certain que les croisades, le colonialisme et la création d’Israël ont contribué à le forger.Dans de nombreux pays musulmans, les troubles politiques et la misère sociale alimentent également les théories du complot et la rancune. Toutefois, la croyance en une conspiration internationale fomentée contre l’islam remonte aux racines mêmes de cette religion. Certes, le Coran précise à un endroit [1] que Dieu a constitué les hommes en peuples et en tribus afin qu’ils se connaissent entre eux ; néanmoins, la défiance à l’égard des autres peuples prédomine à la fois dans le Coran et dans les propos rapportés du Prophète. Mahomet a toujours mis en garde les musulmans contre la tentation des non-croyants et interdisait tout lien d’amitié avec les juifs et les chrétiens. (...)
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Ci-dessous, quelques références de films, de documentaires et de podcasts qui nous semblent dignes d’intérêt — et dont la liste pourrait varier au fil du temps, des événements, des goûts et des découvertes.
« Cependant, avec la conception et la naissance, les parents n’ont pas seulement donné la vie à leurs enfants ; ils les ont en même temps introduits dans un monde. En les éduquant, ils assument la responsabilité de la vie et du développement de l’enfant, mais aussi celle de la continuité du monde. Ces deux responsabilités ne coïncident aucunement et peuvent même entrer en conflit. En un certain sens, cette responsabilité du développement de l’enfant va contre le monde : l’enfant a besoin d’être tout particulièrement protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais ce monde a aussi besoin d’une protection qui l’empêche d’être dévasté et détruit par la vague des nouveaux venus qui déferle sur lui à chaque nouvelle génération. »
H. Arendt, « La crise de l’éducation » in La crise de la culture, p. 237-239.

Ci-dessous une cartographie des principales mouvances anti-Lumières en France, (toujours inspirée de la cartographie de « l’extrême-droite » malheureusement très imprécise).





