Bienvenue sur le site Lieux Communs

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.
Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez lire notre déclaration.

Nos dernières publications

Texte Tract Brochure Correspondance Dossier
Ce que pourrait être une société démocratique De l’islam à l’islamisme... Islamismes, islamophobie, islamogauchisme (n° 21) Échanges sur l’insurrectionnalisme et son monde le mouvement « Nuit Debout » & contre la réforme du code du travail
Mars 2016 Janvier 2015 Novembre 2015 Mai 2016 Octobre 2015
Textes à venir...

En guise d’éditorial...

JPEG - 114.5 ko

Notes sur le mouvement social d’octobre 2010


(...)

L’occasion ratée de la « pénurie »

Qu’aurait été en effet le mouvement d’oc­tobre 2010 sans la grève partielle et les tenta­tives de blo­cages des raffineries et des dépôts ? Certainement bien moins encore que le mouve­ment de juin 2003 sans les enseignants. Comme à l’époque, les syndi­cats ont annexé et dissous une lutte certes restreinte mais révéla­trice d’une incapacité de la société ac­tuelle à ré­pondre au problème posé, avec la partici­pation miti­gée mais active des intéressés. Car la mo­bilisation commencée dans les ports six mois avant la rentrée ne portait pas sur la réforme des retraites : elle remet­tait en cause le déman­tèlement de l’activité de raffi­nage en France, au profit de nouvelles usines au plus près des sources d’extractions, notamment en Arabie saoudite, où les coûteuses normes environne­mentales sont quasi-i­nexistantes. Derrière la grève et le blo­cage des termi­naux pétroliers se posait donc en toile de fond toute la politique énergétique et écolo­gique européenne, voire mondiale, depuis la pre­mière crise pétrolière, soit certainement une des plus grandes transforma­tions de l’histoire d’un occident dont l’opu­lence s’est physiquement bâtie sur une ma­tière pre­mière qui au­jourd’hui vient à man­quer. Considérer que le « sys­tème trouvera bien une solu­tion », c’est déclarer for­fait à l’avance devant le prix qu’il faudra de toute fa­çon payer lors de ce boulever­sement que l’oli­garchie gérera sans partage. Mais c’est surtout ra­tionaliser une crainte animale en omettant de voir que la spéci­ficité culturelle essen­tielle de cette région du monde (dite occidentale) de­puis le haut moyen-âge était sa capacité à s’auto-transformer et que rien ne garanti le maintien de cette der­nière. Tout indique au contraire son évanes­cence depuis une cinquantaine d’années. C’est bien cela qu’illustre le fait qu’il n’y ait eu au­cune place lors du mouvement des raffineries et dé­pôts pour po­ser la question du levier de l’action lui-même, le pé­trole. Cela aurait pu se faire en visant une réappro­priation po­pulaire de la source d’énergie prin­cipale du pays en commençant par le contrôle des établis­sements, en­treprises, insti­tutions à alimen­ter en car­burant. Bien entendu, l’intériorisation de la main­mise syndicale, ainsi qu’un large, mais éminem­ment am­bigu, sou­tien de la population (moral mais aussi fi­nancier et quelquefois physique) a empêché que l’idée soit seulement émise. Et c’est bien la préfec­ture qui a dé­crétée les secteurs prioritaires où de­vaient être ache­minées les camions-citernes. Dire qu’il est utopique de chercher à établir un tel em­bryon de contrôle dé­mocratique sur les flux inté­rieurs de matière pre­mière, (en attendant d’en poser pratique­ment tous les enjeux sociaux et écologiques, sans parler des monumentales questions géopoli­tiques) re­vient à prendre le problème à l’envers : cela n’a même pas été évoqué parce que non seulement per­sonne ne croit réelle­ment à la possibilité de le faire mais, tout autant, chacun se refuse délibéré­ment à croire à la fin déjà palpable de cet or noir sur lequel la société de consommation repose mécani­quement. D’une manière moindre mais analogue, et de l’autre côté, même si la situation en France n’at­teint pas les dimensions prises en Grèce ou en Italie, la grève des éboueurs et déchetteries porte sur la première véritable production de nos sociétés : les ordures, loin devant l’agroalimentaire ou le divertis­sement. Sans cesse dérobée au regard, leur accumu­lation ostentatoire à l’occasion de ces luttes montre non seulement l’énorme travail humain investi dans l’économie du déchet, mais dévoile ce qu’est le consumérisme : non une recherche de confort, mais l’entretien d’une voracité angoissée par le renouvelle­ment incessant d’objets à obsolescence incorporée.

Le même constat peut être à l’autre bout de la pro­duction, chez les consommateurs : la perspective d’une pénurie, même rela­tive, brandie à dessein par chacune des parties, n’a jamais été l’enjeu explicite d’une remise en cause quelconque de l’hystérie quo­tidienne. Faisons abs­traction des possibili­tés évi­dentes qu’avait le gou­vernement de pallier à un quel­conque manque de fioul, d’es­sence, etc. Il paraît évident que les sou­tiens aux raffineries auraient fon­dus au rythme du tarissement de la circulation auto­mobile... La ques­tion du devenir d’un mouvement social qui ne s’ar­rêterait pas par l’abandon d’une des partie, est ici cruciale et met à nu autant les illusions gauchistes que la vie plébiscitée par la po­pulation.(...)

-------------Lire l’article...

Articles les plus récents

mardi 24 mai 2016
par  LieuxCommuns

Échanges sur l’insurrectionnalisme et son monde

Ci-dessous un échange mail un peu suivi (de mai à septembre 2011) avec un partisan de la doctrine floue et mouvante qu’est « l’insurrectionnalisme ». Il donne un aperçu global de l’univers mental très (...)

dimanche 15 mai 2016
par  LieuxCommuns

L’hystérie collective dans la société française contemporaine

Texte extrait du bulletin de G. Fargette, « Le Crépuscule du XXe siècle », n°14-15, mars 2006 Le texte qui suit est une réponse à la position formulée par E. Terray à l’encontre de ceux qui osent (...)

dimanche 8 mai 2016
par  LieuxCommuns

Ce que pourrait être une société démocratique (5/5)

Voir la quatrième partie (.../...) 6 — La question du devenir de la puissance Rien ne fera mieux comprendre ce dernier point que de ramasser succinctement une aporie qui court tout au long du (...)

Brèves

J. Baudrillard

vendredi 17 décembre 2010

"Les indigènes mélanésiens étaient ravis par les avions qui passaient dans le ciel. Mais jamais ces objets ne descendaient vers eux. Les Blancs, eux, réussissaient à les capter. Et cela parce qu’ils disposaient au sol, sur certains espaces, d’objets semblables qui attiraient les avions volants. Sur quoi les indigènes se mirent à construire un simulacre d’avion avec des branches et des lianes, délimitèrent un terrain qu’ils éclairaient soigneusement la nuit et se mirent à attendre patiemment que les vrais avions s’y posent.
Sans taxer de primitivisme (et pourquoi pas ?) les chasseurs-collecteurs anthropoïdes errant de nos jours dans la jungle des villes, on pourrait voir là un apologue sur la société de consommation. Le miraculé de la consommation lui aussi met en place tout un dispositif d’objets simulacres, de signes caractéristiques du bonheur, et attend ensuite (désespérément, dirait un moraliste) que le bonheur se pose.
"

J. Baudrillard, 1970 ; La société de consommation, Gallimard, pp. 26-27