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Citations

J. Bottéro

dimanche 20 décembre 2009

« En dépit du grand avenir réservé à cette doctrine de l’immortalité, et du rôle capital qu’il lui reste à jouer, en particulier dans le christianisme, on peut estimer quelque peu simpliste et naïve une pareille solution. Derrière le scandale de la rétribution s’en cachait un autre encore plus fondamental : celui de l’existence même du Mal. La fonction rétributive n’est qu’un aspect de la Justice divine. Elle est sauvée, de fait, si Dieu récompense, après la mort, les juste qui ont menés ici-bas une vie malheureuse. Mais pourquoi leur avoir infligé d’abord les souffrances injustifiées ? Pourquoi, Lui de qui tout dépend, a-t-Il fait précéder ce happy end de détours si pénibles ? Comment, en fin de compte, Sa Justice absolue se concilie-t-elle avec l’existence d’un Mal immérité, et du reste inutile puisqu’il doit être finalement effacé par le Bien ? C’est le problème clé de toute religion à la fois « métaphysique » et qui pose une divinité personnelle et libre. Dans le Judaïsme, en particulier, il n’y a sans doute jamais eu – même s’il n’était perceptible qu’aux grands esprits – de scandale théologique plus insurmontable et plus terrible. Qu’il l’ait résolu si promptement, et avec une telle profondeur, voilà qui doit provoquer, chez l’historien de la pensée, une surprise et une admiration sans bornes. » « De Son exposé souverain, qui fait le tour de la nature, il ressort cette vérité à la fois simple et écrasante que Lui, le Maître de l’Univers, dépasse de si haut les pensées humaines, que devant Lui, et quoi qu’Il fasse, on ne peut que se taire et admirer : ce ne peut qu’être admirable et parfait, même et surtout si l’homme ne peut comprendre. Voilà qui est bien dans la ligne de transcendance absolue de Dieu, déjà déduite par les Prophètes et surtout le Second-Isaîe. Mais jamais encore on ne l’avait si bien comprise et explicitée, dans un domaine à la fois aussi métaphysique et contraire à la pente naturelle de la raison et du cœur. L’auteur de Job, un siècle avant Platon, et par pure intuition religieuse, est ainsi arrivé à poser véritablement un ordre de choses divin et absolument disparate de l’humain, et à rejoindre ce dernier mot de toute la métaphysique et de toute la théologie : ‘Je n’ai aucun besoin d’un Dieu que je comprends !’ »

Jean Bottéro, 1986 ; « Naissance de Dieu – La Bible et l’historien », p. 176

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