Bienvenue sur le site Lieux Communs

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.
Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons «essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres». Vous pouvez commencer par lire notre présentation et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

Nos dernières productions

Texte Entretien Tract Brochure Correspondance Dossier
Introduction à la brochure « Idéologies contemporaines »
Avril 2018
La démocratie directe et ses lieux communs
Mai 2018
Élections 2017 : le coup d’État oligarchique
juin 2017
L’horizon impérial (n° 23)
mars 2018
Anmerkungen zur „Erklärung von Lieux Communs“
Février 2018
La « campagne » électorale de 2017
Février 2017
Textes à venir...

En guise d’éditorial...

L’impossible souvenir de 68


Les raisons qui font obstacle à un souvenir lucide

Les nostalgiques de 68 ont sans doute raison sur un point : il devient difficile de faire sentir ce qui faisait l’atmosphère si particulière de ces années. Le passage du temps joue son rôle. C’est une règle presque immuable de l’histoire humaine : aucun événement ne peut conserver une mémoire vivante et prévalente au-delà d’une quarantaine d’années. L’industrie du divertissement, malgré ses commémorations au moyen d’images animées, ne peut modifier cette règle liée à la temporalité de la vie humaine.

Mais le fait que le trentième anniversaire de 68 ait été si ouvertement prolixe, qu’il ait bénéficié d’une bienveillance médiatique généralisée, à l’encontre de l’omerta officielle qui avait prévalu précédemment (voir dans Le Crépuscule du XXe siècle n° 4-5 , le texte intitulé : “En réserve de l’histoire ou les disparus de 68”) suggère qu’en 1998, déjà, la portée de 68 était éteinte. Ce n’était plus, ce ne pouvait plus être, un événement générateur de comportements effectifs. L’obstruction officielle s’était évaporée parce qu’elle n’avait plus de raison d’être. Cela s’inscrit parfaitement dans l’hypothèse que s’était achevée vers 1990-1995 la vague d’évènements à laquelle appartenait 68, et qui avait commencé dans la deuxième partie des années 1950. Ce commencement avait coïncidé avec la fin des expressions ouvrières politiques autonomes (Budapest 1956 en fut de toute évidence le chant du cygne), mais aussi avec la résolution pratique de la question coloniale.

Il existe une autre manière d’aborder le caractère difficilement connaissable de l’événement : en 68, et au cours des années suivantes, les attentes informulées constituaient un iceberg dont les discours publics, pourtant nombreux, ne furent que la partie émergée et indigente. Il ne peut donc exister de témoignage direct suffisant sur cette période. Pour le dire autrement : plus un témoignage est vivant, plus il est particulier.

Point d’observation privilégié

Les réflexions qui suivent partent d’une expérience spécifique qui n’appartient pas au moment de 68 ni aux années qui ont immédiatement suivi. Il s’agit d’un éclairage que seuls les membres d’une mince frange accédant à la réflexion et à l’intervention politiques vers 1975-1978 peuvent avoir vécu. Nous nous sommes trouvés dans une position curieuse à tous égards : alors que nous étions habités par la crainte de ne pouvoir être prêts à temps pour les moments intenses qui paraissaient devoir survenir à tout instant, et mener à une nouvelle fondation historique généralisée, nous nous sommes heurtés d’emblée aux manifestations d’une débâcle collective qui n’osait pas dire son nom.

Vers 1975-1978, il n’y avait pas de défaite “militaire” reconnaissable, ni de reddition ouverte, mais un fait massif : ceux qui nous avaient précédés désertaient ce qu’ils avaient cru être leurs positions intangibles. La plupart suivaient au fond les lignes de force qui leur étaient ouvertes par leur origine sociale et qui leur assuraient un sort point trop désagréable dans un monde qu’ils avaient déclaré, avec quelle véhémence, condamné à court terme. Les revendications matérielles ont finalement reçu des traductions que leurs bénéficiaires ont jugé, à tous les niveaux de la société, tout à fait supportables.

Cet échec bizarre de 68 (C. Castoriadis) nous fut d’autant plus perceptible que nous avons très vite senti qu’il n’y avait plus de génération contestataire qui nous suivrait en se considérant comme hégémonique dans l’opinion de ses semblables. Bref, nous percevions d’une façon aiguë que nous nous trouvions au bord d’un vide historique que personne ne nommait. Nous ne cessions d’en repérer les effets dans notre vie quotidienne, mais ils étaient comme privés d’expression macroscopique. Ce surgissement capillaire d’un néant historique était en contradiction frontale avec ce qui était attendu. Toutes les capacités que nous cherchions à développer se sont trouvées pour finir sans emploi. Nous avons hérité de certaines lucidités propres aux années 1970, où tant de questions se sont formulées de façon fertile dans leur surgissement inaugural, mais avec une impuissance pratique tout aussi remarquable. Les leviers qui auraient permis de leur donner un début de réalité se sont tout simplement évaporés, et seule leur ombre est venue parfois hanter, de façon éphémère, les moments de protestation sociale ou politique qui se sont produits par la suite.(...)

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par  LieuxCommuns

Introduction de la brochure «Idéologies contemporaines»

Ce texte fait partie de la brochure n°22 « Idéologies contemporaines » Effondrement et permanence du politico-religieux Elle est en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à (...)

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