Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France (Version 1.17)

UOIF, associations satellites, alliés et soutiens
lundi 17 février 2020
par  LieuxCommuns

Ci-dessous une cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France, issue d’une collaboration, qui fait suite à notre cartographie de l’islamo-gauchisme en France.

Comme elle, elle s’inscrit dans nos travaux antérieurs sur l’extrême-droite musulmane qu’est l’islamisme (voir le mot-clef « islam »). On lira par exemple :


[Màj : 17.05.20 — Version 1.17 — x.00 = changement de version / 0.x0 = modification graphique / 0.0x = mise à jour des notices]

[Camarades mahométants : inutile de vous fatiguer à supprimer les documents et vidéos auxquels nous renvoyons, ils sont gardés au chaud et ressortiront tout aussi chauds. Bien à vous.]


Cette cartographie vise deux objectifs :

  • Rendre visible l’ensemble des personnalités, des structures et des secteurs d’activités liés à différents degrés à la confrérie des Frères Musulmans sur notre territoire, et donner des informations précises sur chacun d’eux.
    Au centre, les responsables institutionnels, les « Musulmans de France » (ex-UOIF, en blanc) et théologiques, le Conseil Théologique (CTMF en gris). De part et d’autres du grand cercle, les structures et personnalités liées à l’UOIF puis les alliés (partenaires directs ou indirects) et les soutiens (les fréristes non directement affiliés à l’UOIF y forment des sous-groupes spécifiques).
    Les domaines d’activités sont désignés en secteurs de couleur ; « Éducation et Formation » (en vert), « Théologie, culte et prédication » (en jaune) et «  Société  » (en rouge et bleu).
    Lors de l’activation de la cartographie, un simple clic sur une personnalité ou une structure ouvre une fenêtre descriptive justifiant sa présence sur la cartographie, apportant des précisions sur son profil et son activité.
  • Mettre en évidence l’imbrication de toute cette galaxie avec l’Association Musulmane pour un Islam de France (AMIF) qui tend à favoriser le communautarisme et le séparatisme.
    C’est cette association créée en avril 2019 que le gouvernement risque de charger officiellement de représenter les musulmans en France. Les personnalités marquées en rouge en sont membres et ont pour président Hakim El Karoui et Tareq Oubrou.
Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder à la cartographie
et activer les notices explicatives en cliquant sur les visages et logos, grossir en utilisant ctrl+/-

Télécharger seulement l’image

Texte de présentation

La confrérie des Frères Musulmans

La confrérie des Frères musulmans, créée en 1928 en Égypte, constitue l’un des deux grands courants de l’islamisme mondial, avec le salafisme. L’objectif de cette mouvance est l’hégémonie islamique par l’infiltration des sociétés (entrisme dans les partis politiques, les syndicats et les associations, propagande dans les universités, etc.), la construction de mosquées et la formation des jeunes dans des écoles confessionnelles. Il ne s’agit pas d’une organisation centralisée, mais d’un réseau de groupes et de personnes qui partagent les mêmes objectifs et les mêmes références. Son idéologie s’appuie sur la notion d’« islam du juste milieu », elle se donne une image pacifiste, voire pacificatrice. Dans le cadre des sociétés occidentales, la stratégie frériste repose sur l’adaptabilité, l’intégration et la multiplicité des positions (de l’obligation du port du voile à la non-visibilité des marqueurs religieux).
Cependant, les Frères musulmans n’excluent pas l’usage de la violence suivant le contexte (exemple du Hamas en Palestine).

En France l’UOIF (renommée « Musulmans de France »)

En France, la mouvance frériste est principalement représentée par l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF). Elle décide en 2017 de se renommer «  Musulmans de France  » (MF) par pur calcul politique : nous conservons donc l’appellation originelle. Elle est également active à travers d’autres mouvements, comme le réseau tissé autour de Tariq Ramadan, ou l’association Participation et Spiritualité Musulmane, antenne du mouvement marocain Al Adl wal-Ihssane. Le réseau associatif lié à l’islam turc (Milli Görüs, DITIB), fortement influencé par la doctrine des Frères musulmans, ne figure pas dans cette cartographie.
L’UOIF (MF) est fondée en 1983 par des étudiants tunisiens militants du MTI (futur parti politique islamiste Ennahda), quelques réfugiés du Proche-Orient (Syrie, Liban, Irak) et des associations islamiques locales. Elle s’impose dans le paysage musulman français à partir de l’affaire du voile à Creil en 1989. Sa notoriété conduit les gouvernements successifs à l’intégrer dans les instances représentatives de l’islam en France.

En 1990, l’UOIF (MF) contribue à la fondation d’une instance européenne : la Fédération des Organisations Islamiques Européennes (FOIE), qui dispose de filiales spécialisées, comme le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR) ou le Forum Européen des Organisations de Jeunes et Etudiants Musulmans (FEMYSO). Plusieurs cadres de l’UOIF sont membres de l’Union Internationale des Savants Musulmans (UISM), basée au Qatar et longtemps dirigée, comme le CEFR, par le principal théologien des Frères musulmans, Youssef Al-Qaradawi.
En 2015, l’UOIF (MF) annonce la création du Conseil Théologique Musulman de France (CTMF), chargé de donner des avis théologiques (fatwas) adaptés aux musulmans vivant dans le contexte républicain français.

L’UOIF ((MF)) regroupe aujourd’hui environ 250 associations gérant des lieux de culte, mosquées ou salles de prières, parfois rassemblées en fédérations locales ou régionales.
Cette organisation frériste dispose d’associations satellites spécialisées dans des domaines diversifiés : santé, consommation, finance, jeunesse, femmes, éducation et université, justice, humanitaire, etc. Elle investit le champ socio-politique (dialogue interreligieux, défense des droits de l’homme, prévention de la radicalisation, etc.) en s’alliant avec des structures de la société civile, voire des instances gouvernementales ou locales.

Le concept d’Islam DE France est porté par l’UOIF depuis la fin des années 1980.

Création de l’AMIF en 2019

En avril 2019, l’Association Musulmane pour l’Islam de France (AMIF) est créée par Hakim El Karoui, ancien banquier d’affaires et auteur de plusieurs rapports sur l’islam en France. L’association est constituée de deux structures : l’une relève de la loi de 1901 (présidée par Hakim El Karoui), l’autre de la loi de 1905, dirigée par Tareq Oubrou et Mohamed Bajrafil, particulièrement engagés dans l’islam frériste.

Le but de l’AMIF est d’assurer, par un prélèvement sur l’économie islamique (halal, pèlerinage, services funéraires), un financement indépendant destiné à «  la formation des imams, la construction des mosquées, la prévention de la radicalisation, et la lutte contre le racisme, en particulier antimusulman  ».

La plupart des cadres de l’AMIF sont des membres, des anciens membres ou des proches de l’UOIF. Leur objectif est d’obtenir, pas ce biais, la mainmise sur la représentation des citoyens musulmans en France. L’association prévoit la création d’un Conseil théologique national, autorité idéologique et juridique. Cette instance, déclinée au niveau départemental, enfermerait les musulmans de France dans un statut séparé du reste de la Nation.


Commentaires

Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France (Version 1.12)
mercredi 26 février 2020 à 19h03

La série de documentaires sur le Goulag (diffusé par la chaîne Arte et disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=2md...), l’institution majeure du totalitarisme soviétique, apparaît comme très complète, notamment pour les passages où l’on pouvait craindre des euphémismes et des stratégies d’évitement (les frères Rotman ont un passé ancien de stalino-gauchistes, trotskystes, et le doute était permis, mais la participation des historiens Nicolas Werth et François Aymé est une garantie de précision).

Comme en 2017, lors de la publication d’ouvrages sur 1917 (“Lénine politique”, Dominique Colas, Fayard et “Lénine, l’inventeur du totalitarisme” de Stéphane Courtois, Perrin), l’essentiel peut désormais être formulé sans que suive la moindre polémique hystérique destinée à interférer. La différence avec ce qui s’était passé lors de la publication du “Livre noir du communisme” il y a une vingtaine d’années est complète. Les nostalgiques du mythe sont sans doute maintenant en nombre trop réduit pour réagir. Une stratégie du silence doit néanmoins jouer son rôle : les derniers font comme si cela n’avait aucune importance et donc n’existait pas. Leurs héritiers (Mélenchon, les réseaux universitaires, les “progressistes”, etc.) affectent de regarder ailleurs, tant ils sentent que l’époque du psychodrame pro-communiste est passée. Mais tout se passe comme si la vérité de ces moments terribles n’était admise et publiée qu’à partir du moment où elle n’a plus de conséquence pratique. L’industrie marxiste-léniniste séculaire du mensonge aura atteint cet objectif !

Chez tous ses héritiers, la destruction du substrat des sociétés occidentales tient désormais lieu de “révolution” rêvée. S’ils parviennent à ce résultat, ils prétendront n’avoir jamais voulu que la planète ne soit plus occupée que par des régimes despotiques. Mais c’est bien l’engrenage dans lequel ils sont engagés. L’incroyable participation du stalino-gauchisme dans toutes ses variantes à la manifestation du 9 novembre 2019 contre la prétendue “islamophobie” est éloquente : ils adoptent tous désormais la position subordonnée de supplétifs du totalitarisme islamiste. Les militants de l’inquisition musulmane (CCIF) sont quelque peu pris de vertige devant ce “succès” dont ils mesurent eux-mêmes assez mal la dynamique.

La stratégie de quasi-mutisme est à l’œuvre pour diverses analyses qui sortent de façon rapprochée ces temps-ci : les livres de Vermeren, de Rougier, de Micheron, ne semblent pas dénoncés de la manière habituelle. Cela peut venir, mais ce qui prévaut, c’est l’impression d’une stratégie de l’édredon. Or, c’est précisément ce qui pourrait arriver pour votre effort concernant votre cartographie de l’islamo-gauchisme, qui a dû exiger une énergie considérable. La revue de presse Fdesouche s’en est également fait l’écho et il y a un petit succès d’estime (voir ce qu’en dit Marianne).

Mais, au fond, les islamistes ont maintenant une certaine habitude de ces révélations : ils ont pu constater qu’il leur suffit d’empocher les subsides, de noyauter encore et encore, pour que la caravane de l’islamisme avance toujours plus loin. Le rôle discret d’obédiences franc-maçonnes (cependant quelque peu rétives dans l’affaire Mila) et surtout de l’église catholique (cf Vermeren) depuis 40 ans dans l’initiation au noyautage des institutions françaises est sidérant et reste largement sous les radars.

Nous approchons d’un saut qualitatif : la lutte officielle contre le “séparatisme” est évidemment destinée à se retourner contre les populations européennes, qui vont se voir reproché de se dissocier indûment de l’islam. Le cynique Macron met en place une machine de guerre à double tranchant, particulièrement vicieuse. Dans le même ordre d’idée, les “unités de déradicalisation” en Grande-Bretagne semblent s’être déjà concentrées sur la “rééducation” de quelques militants “d’extrême-droite” !

Ce qui fait tellement défaut, c’est l’action qui devrait suivre toute élucidation, car tout moment de compréhension pertinent est considéré à la rigueur comme suffisant en soi, alors que c’est une illusion. Les islamo-gauchistes, en totalitaires pragmatiques, concentrent leurs attaques sur ce qui compte : ils ne tolèrent aucune action militante qui les dénonce et le parti médiatique les appuie sans barguigner en faisant mine de découvrir partout de “l’extrême-droite”. Il faut également comprendre en quoi consiste l’attitude de personnages officiels comme Belloubet ou S. Royal, qui savent ensuite s’auto-amnistier par des corrections floues, qui noient systématiquement le poisson. Ces interventions visent à défendre “l’islam” contre toutes les populations (y compris musulmanes), en semant la division et la zizanie face à toute imposture agressive islamique. L’affaire Mila est sidérante de cynisme et de capitulation : voilà une famille qui est devenue, après quelques secondes d’altercation sur un réseau (anti)social, littéralement clandestine dans son propre pays. La terreur musulmane règne bien au-delà du rayon d’action des militants islamistes. Cette tactique des compagnons de route de l’islamisme contribue très efficacement à désamorcer les réactions de résistance. Les islamistes se voient systématiquement accordés l’initiative de l’escalade. Belloubet, par sa position institutionnelle de ministre de la Justice, organise et ratifie une différentiation des statuts juridiques, à l’avantage des islamistes. Les réseaux de juges “progressistes” agissent avec ardeur en ce sens et de façon cumulative, sans avoir besoin d’instructions.

La parenté avec l’attitude des “intellectuels progressistes” analysée en son temps par C. Lefort est remarquable : ceux-ci ont défendu, avec constance et pendant des décennies, le “socialisme” contre les populations ouvrières et paysannes, en fournissant à la bureaucratie soviétique les argumentaires tordus dont elle était incapable et qui brouillaient infiniment à la dénonciation du régime totalitaire. La dénonciation de “l’anticommunisme primaire” avait jusqu’à la fin des années 1970, un pouvoir d’intimidation qui est aujourd’hui oublié. Les intellectuels et ceux qui s’appelaient encore des journalistes (il n’y a plus aujourd’hui que des militants du parti médiatique, à quelques exceptions près) se laissaient très docilement rappeler à “l’ordre”.

Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France (Version 1)
mardi 18 février 2020 à 22h19

Le déni est plus profond chez les islamo-gogo-gauchistes, pour elleux il n’y a pas d’islamisme, cela n’existe pas, employer ce mot (islamisme) est stigmatisant, limite raciste carrément islamophobe ...

Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France (Version 1)
lundi 17 février 2020 à 11h26

Bonjour Merci pour cette cartographie et d’une façon générale pour l’ensemble de vos analyses qui recoupent le plus souvent les miennes en très grande partie. Juste une question : pourquoi ne pas avoir fait figurer les mouvements fréristes turcs ? Est-ce parce que vous considérez que c’est une « communauté » faiblement représentée en France ? Je sais qu’elle est très implantée en Allemagne et Pays-Bas et que les bi-nationaux ont fort probablement contribué de façon décisive à l’élection de Erdogan... Merci encore de votre aimable attention et de vos articles qui m’aident à avancer.

mardi 18 février 2020 à 11h17

Uoif est classée organisation terroriste aux emirats arabes unis depuis 2014