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samedi 24 septembre 2005

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.

Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez commencer par lire notre présentation et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

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En guise d’éditorial...

Gilets jaunes : la violence et l’impasse

Le mouvement des gilets jaunes ne paraît plus que rythmé par les « Actes » successifs, manifestations urbaines dont ne sont retenues que les « violences », les images, les décomptes des victimes, des arrestations, etc. En se réduisant à ce scénario unique, le mouvement s’engouffre dans une impasse dans laquelle l’oligarchie et ses relais médiatiques le poussent malgré sa résistance obstinée mais diffuse.

La violence en manifestations

Les affrontements avec les CRS et gendarmes mobiles lors des manifestations françaises sont devenus un rituel parfaitement balisé à mesure que l’État a perfectionné ses doctrines de maintien de l’ordre, depuis plus d’un demi-siècle. Ils font partie de ce folklore militant qui mime l’insurrection et rejoue périodiquement le psycho-drame de la révolution. Ils constituent une soupape conventionnelle permettant, tous comptes faits, que se perpétue l’ordre social, et tous les acteurs y participent, chacun jouant une partition pré-définie à l’avance.

C’est l’impasse dans lequel les gilets jaunes sont en train d’être poussés par l’industrie médiatique (qui y trouvent du spectaculaire vendable), le gouvernement (qui joue le pourrissement rédhibitoire au risque du chaos), les partis (qui se flattent en rendant l’exécutif responsable), l’appareil répressif (qui éloigne ainsi sa base des manifestants) et bien sûr les groupuscules émeutiers (qui se donnent l’impression de jouer un rôle historique). Alors que l’essence d’un mouvement spontané comme celui des gilets jaunes est d’être radical, pacifique, omniprésent, insaisissable et imprévisible, la crispation sur d’uniques affrontements hebdomadaires le prive de cette force populaire incomparable : en le laissant se placer sur le terrain militaro-policier l’État et ses réseaux, qui y excellent, le rendent finalement maîtrisable et pourraient, en dernier recours, faire appel aux forces anomiques qui peuplent le pays (mafias, gangs, djihadistes, … ) pour le neutraliser.

La colère, l’émeute et la révolution

Si la violence populaire et politique permet d’abord de faire entendre une exaspération sociale poussée à bout, puis de combattre symboliquement le monopole de la contrainte physique qui fonde l’État, son stade ultime est celui de la tactique : il s’agit de prendre possession d’armes, de territoires et de lieux de pouvoirs (médias, ministères, parlements, banques) afin d’initier un changement de régime. Les deux premiers types de violence sont ceux d’une minorité de gilets jaunes depuis le début, le troisième n’apparaît que ponctuellement sur les lieux de blocages et de filtrages. Mais pousser ce dernier à son terme n’aurait de sens que dans une perspective authentiquement révolutionnaire, que personne n’envisage sérieusement et qui ne pourrait être inaugurée que par le ralliement d’une partie des forces de l’ordre ou de l’armée.

En l’absence de véritable possibilité de renversement brutal du pouvoir actuel, la poursuite des affrontements, leur répétition sur le même mode ritualisé, ne peut aboutir qu’à trois choses, nullement incompatibles : un durcissement sans précédent du régime (tendance en gestation depuis quelques années et qui s’esquisse de plus en plus) ; quelques concessions de l’oligarchie (renouvellement plus ou moins important du personnel politique, E. Macron y compris, et mise en place de quelques mesures) ; l’apparition d’un chaos généralisé (par l’irruption d’émeutes de banlieues ou d’une crise économique, par exemple). C’est le sens de l’omniprésence dans les conversations du terme de « guerre civile », sans que personne ne parvienne réellement à en définir les camps. (...)
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