De la psychiatrisation des dissidents de l’islam (2/2)

mercredi 25 février 2026
par  LieuxCommuns

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4– Biais ego-idéologiques

Mais, de tout ce fatras, se dégage, tout de même et tant bien que mal quelques traits saillants, thèses frappantes, éléments de conclusions, que l’auteure, loin de démontrer, plaque simplement sur, et veut benoîtement faire avaliser par, une réalité couchée dans cet inconfortable lit de Procuste.

Tous les apostats ne mouraient pas, mais tous étaient frappés par la maladie mentale

Voici donc, sans doute, la très grande affaire de Sonya Zadig, thérapeute se décrivant elle-même dans le forum du Cercle comme « se tenant au chevet des apostats  », ayant envisagé d’intituler son livre « Apostats sur le divan » et intitulant carrément une partie de sa conclusion « du Discord au divan » : l’apostasie nous plongerait dans un tel vide que nous devrions, tous et surtout toutes, consulter un thérapeute, notre cas devenant une affaire « de santé publique ». Ainsi le mot « souffrance » apparaît dans le livre pas moins de 79 fois quand « bonheur » y fait 3 apparitions et « joie » à peine 1 fois… Bref, « ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »…

Précisions préliminaires : il n’est pas question ici de nier les troubles psychiques engendrés par l’immigration sur plusieurs générations (on notera l’impressionnant silence de l’auteure sur la prévalence des troubles psychiques chez les immigrés en général, pourtant largement documentée [1]), par l’acculturation, par l’islam lui-même, par l’époque actuelle et ses multiples dynamiques psychogènes, ni même les spécificités de l’apostasie : les apostats d’ici n’ont attendu personne pour proposer spontanément des « soutiens psy » à ceux qui en ressentent le besoin, et le « Cercle des apostats » a ouvert depuis bien longtemps un salon en ligne « soutien psychologique » [2], où, en passant, personne n’a jamais vu Dr. Zadig [3]. Précisons enfin que les auteurs de ces lignes ne sont en rien étrangers aux démarches thérapeutiques, psychanalytiques de surcroît.

Mais ce n’est pas ce dont parle Sonya Zadig : elle décrit les apostats comme enfermés ad vitam æternam dans une enfance traumatique – quel que soit le degré d’imprégnation par l’islam et d’assimilation à la culture occidentale – et, conséquemment, incapables de devenir par eux-mêmes sujets (rappelons qu’il est question ici d’individus qui ont rompu de leur propre chef avec une des idéologies religieuses les plus aliénantes de l’humanité…). Ainsi, « La clinique des Apostats se révèle paradigmatique de l’échec de la symbolisation des traumatismes vécus par ces sujets. Les pathologies qui en découlent sont souvent des pathologies narcissiques-identitaires, qui mettent en difficulté la fonction subjectivante du moi » (p. 134) ; « empêchés de faire aboutir la transformation par laquelle l’individu se fait sujet et se reconnaît lui-même dans sa façon de donner sens au réel. Les Apostats restaient sur le seuil. » (p. 24) ; « ils sentent un amoindrissement, voire une destruction de leurs ressources psychiques ainsi que de leur capacité à s’en sortir par eux-mêmes » (p. 82) ; « Il va sans dire que l’état psychique de la population étudiée est cliniquement inquiétant » (p. 159-160) : « impasse psychique » (p. 160) ; « De lourds dégâts psychiques  » (p. 201) ; etc.

Parallèlement, l’auteure n’en étant plus à une contradiction près, nous aurions néanmoins suffisamment de conscience de nous-même pour dire cette supposée perte d’identité totale dont nous souffririons après avoir apostasié : « les Apostats disent souvent qu’ils ne savent plus qui ils sont depuis qu’ils ont laissé leur religion et qu’ils se rassemblent dans le Cercle pour se sentir entendus voire existants » (p. 164) – bel exemple d’introspection personnelle de la part de personnes incapables de se subjectiver… Et il y en a d’autres, comme cette apostate dont Zadig nous dit qu’ en «  coupant les liens avec une famille pathogène et avec l’islam, Wassila s’institue en tant que sujet séparé et autonome, afin de se reconstruire en dehors des identifications abîmées de ses ascendants » (p. 93) ; cette autre qui admet que « Sortir de l’islam m’a libérée, réussir à « réussir », comme je l’ai fait, me libère aussi » (p. 120) ; ou encore ici : « j’ai réussi à me créer une identité, car je ne veux plus me définir par rapport à un clan ni à une religion. » (p. 70) ; etc.

Le summum de la confusion est atteint à l’occasion de la seule référence faite à notre travail (p. 72-74), où Sonya Zadig cite, certes sans titre et sans le lien internet permettant de le consulter [4], non pas un texte écrit par nous, mais un entretien où nous recueillions en 2020 la parole de Gabriel, travailleur social dénonçant les violences sexuelles en banlieues commises et subies par des mineurs ou de très jeunes adultes, d’une sauvagerie inouïe mais couvertes par les idéologies « décoloniales », islamistes et communautaristes [5] (dont il n’est fait ici aucune mention). Zadig analyse : « Aussi ces adolescents en errance symbolique oscillent-ils entre dépression et excitation. L’affirmation de l’identité musulmane ou apostate n’est-elle pas, dans ces conditions, une autre manière de bricoler ce que Lacan appelle un nom du père ? ». Oui, oui, nous avons bien lu : l’auteure englobe dans cette anomie ceux qui ont quitté l’islam (à cause de l’âge d’Aïcha, souvenons-nous) et les violeurs de mineures… Plus loin (p.74), les apostats ne sont plus bourreaux, mais victimes de violences comparables : « Dans son enquête, Gabriel décrit des expéditions punitives et des règlements de compte, ainsi que des viols en réunion sur les filles et les garçons. Pour lui, l’omerta autour de ces questions est une « manière d’acheter la paix sociale et sexuelle ». Les témoignages des Apostates vont dans ce sens : la dérégulation du cadre avec la disparition de la figure symbolique du père et de celle de l’État qui s’y substituait, détrôné par la crise des institutions. ». Rien de bien spécifique aux apostats, donc, à présents placés sous la même enseigne d’un délabrement de nos sociétés qui ne discrimine en rien croyants, athées, apostats, agnostiques, etc. Plus loin, et dans des termes très similaires, ces mêmes apostats souffrent d’être pris, comme beaucoup, dans les rets mortifères des réseaux sociaux, cause de troubles psychiques – mais qui ne leur sont propres en rien…

Que l’arrachement à un dogme qui a structuré une existence comporte, pour ceux qui y ont intimement adhéré, son lot de souffrances, cela fait peu de doute, comme le fait que la nécessaire reconstruction puisse exiger, ou pas, une démarche thérapeutique. Mais, même sur ce terrain-là, comment un psychologue réellement en contact avec ce milieu peut-il passer à côté de l’autre face de l’apostasie, fût-elle éminemment douloureuse : cette extraordinaire vitalité, la connivence immédiate et la solidarité profonde qui relie ces inconnus à des milliers de kilomètres ? N’importe quel observateur, simple spectateur ou auditeur de leurs témoignages, échanges ou confrontations, ne peut qu’être frappé par la puissance et l’omniprésence de cet humour jubilatoire et libérateur [6] qui ne cesse de tourner en dérision, et de l’intérieur, les grises bouffonneries des bigots. Et personne de normalement constitué ne peut être insensible à la maturité et l’inévitable gravité de ceux qui traversent ou ont traversé ce qui sera sans doute le plus grand deuil de leur vie, celui, précisément, de la vie éternelle dans l’au-delà mais aussi celui, ici-bas, d’une vie familiale, sociale, voire professionnelle, marquée du sceau du sens – sans que personne ne puisse dorénavant leur « ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? » (Alexis de Tocqueville). De tout cela, on cherchera trace dans le livre de Sonya Zadig. Identiquement, parmi les postures existentielles qui émergent après l’apostasie reviennent de manière constante, par exemple, à la fois la notion de soin et de protection de l’autre et l’exercice de la raison comme celui de la responsabilité comme axes centraux du comportement – le contraste avec celui de notre enquêtrice y est sans doute pour beaucoup dans la réception de son livre.

Culpabiliser les mères pour dédouaner l’islam

Ce « flou » n’est pas accidentel, il est structurel. Partout dans le livre enfle le discours victimaire et le parti-pris si vendeur du trash-doloriste, sans que le lecteur cerne très bien de quoi ces apostats seraient victimes et la gêne le saisit lorsque, en filigrane, le travail de Zadig semble charger les mères pour… exonérer l’islam.

D’abord, ce sont essentiellement les apostates qui sont victimes, victimes absolues, et de bout en bout : « L’apostasie au féminin est un séisme identitaire, utilisé pour masquer une défense projective ainsi qu’une crise de soi qui ne dit pas son nom. L’affranchissement de ces femmes est aussi une subjectivation nécessaire d’autant plus que les violences subies dans l’enfance et l’adolescence laissent des traces définitives sur leur santé mentale. » (p. 48). Loin de nous la volonté de minimiser les violence envers les femmes mais il s’agit ici visiblement d’une obsession de l’auteure qui lui fait par exemple généraliser « le rituel du cadenas », (p. 54), pratique très peu documentée et sur lequel il n’existe aucune donnée statistique, ce qui n’empêche pas l’auteure de le qualifier de « très répandu au Maghreb » (p. 51), tout en passant sous silence une réelle mutilation génitale autrement plus répandue en islam : la circoncision [7]. Le mot apparaît dans deux témoignages, dont celui d’Ali qui l’évoque d’ailleurs explicitement comme une «  castration  » (p. 151) – étrange silence, ici, de la psychanalyste…

Quoi qu’il en soit, nous dit Zadig, « la plupart des Apostates témoignent de difficultés ou de troubles sexuels » (p. 102) qui nous empêcherait d’avoir accès à l’érotisme et même à la féminité… Mais l’islam ne serait pas en cause, précise-t-elle puisque « À l’inverse de la religion chrétienne, la sexualité n’est pas uniquement à visée procréative, mais peut aussi être source de plaisir, si elle est réalisée dans un cadre marital. » p. 109 (étonnant car le plaisir peut être uniquement réservé aux hommes, qui ne refusent donc en rien l’érotisation du corps féminin mais le réservent à leur propre jouissance, comme le fait de sexualiser les mineures en les voilant…). Les apostates sont en réalité victimes, castrées non par la religion mais par leurs mères qui « sous couvert d’islamité et de pudeur » , « barrent la route à l’émergence du féminin chez leurs filles » (p. 102), au point d’être la cause première de leur apostasie : « À entendre les témoignages des Apostates, le travail de différenciation d’avec la mère est souvent projeté sur la religion. Rompre avec la religion, c’est avant tout se différencier de la mère  » (p. 103). Que la mère joue un rôle trop souvent négligé dans l’exercice de la répression religieuse familiale, cela semble clair – Zadig en fait une idée fixe (qui lui fait falsifier les entretiens en ce sens, cf. supra) et la rend hermétique à cette si particulière mais si évidente solidarité des femmes maghrébines qui s’exprime dès que l’une d’elles est sous le joug de l’injustice d’un homme, y compris d’un mari ou d’un père. Nos mères peuvent et sont parfois très complices de leurs filles, formant une alliance contre le père, tissant une solidarité féminine que l’auteure évoquait pourtant dans ses auto-fictions.

Mais il semble que là le principal, c’est que les apostats souffrent, doivent souffrir, d’« un inextricable conflit psychique, qui n’a que très peu à voir avec la religion » (p. 159)… D’ailleurs, nous précise-t-elle étrangement, ce n’est pas la sortie de la religion qui crée le conflit, mais sa publicité : « Mais c’est un vacillement psychique qui les attend, lequel ne se produit pas quand ils sortent de l’islam mais quand ils affichent et déclarent leur éloignement. » (p. 195)…

Les apostats victimes… de la France

Étrange antienne également, le ressentiment anti-France, particulièrement obsédant pour l’auteure au point qu’il est à l’origine du livre lui-même : « Alors pourquoi écrire un livre sur les Apostats ? pourquoi revenir à ce thème de l’islam après tant d’années de travail analytique et de prise de distance avec une histoire qui n’est plus mienne ? L’actualité de l’islam en France s’est invitée à ma table à mon corps défendant. Au bout de quarante années en France, je suis encore assignée à une identité que je réfute. Il y a comme une synonymie systématique entre arabe et musulman, ou maghrébin et musulman (…) La confusion courante en France entre les deux registres a sûrement été à l’origine de mon intérêt pour les « Apostats ». » (p. 22)

Les apostats seraient donc victimes de la France (qui les ignore), de son régime (qui néglige ses « enfants »), de ses habitants (racistes qui ne comprennent rien), ce qui permet à l’auteure de renvoyer dos-à-dos l’Oumma et la République : « Les Apostats disent subir une double peine, d’un côté la souffrance d’avoir abandonné par nécessité subjective ce qui les a déterminés (…) et de l’autre la non-reconnaissance de leur « transgression » par la population générale en France, qui continuera à voir en eux des « musulmans » » (p. 30-31). Ainsi, « À être ainsi coincé entre deux fins de non-recevoir, d’un côté le refus de l’oumma de s’ouvrir à la différence et d’accepter que ses enfants puissent s’émanciper, de l’autre une certaine population qui semble avoir tout intérêt à ce que les enfants adoptifs de la République s’en tiennent à une logique religieuse et culturelle qu’eux-mêmes jugent mortifère ne peut qu’accentuer le désarroi des Apostats. » (p. 220). Désarroi mais «  colère  », aussi, « à l’endroit de l’État français » qui serait « partagée par la plupart des Apostats de cette enquête » (p. 86) à cause de cette « obstination douteuse à nous assigner à demeure » (p. 219). Affirmations étonnantes qu’il est bien difficile d’entendre sur le Cercle des apostats et pour cause : chacun d’entre nous sait très bien l’offensive musulmane millénariste à laquelle est soumise notre pays (l’Europe entière, même, sinon quatre continents sur cinq) et son cortège quotidien d’intimidation, de brutalité, de terreur, de violence à travers notamment l’accusation performative d’islamophobie qui court les établissements scolaires comme les bureaux d’entreprises, les commerces comme les lotissements d’habitation, les réseaux sociaux etc. Sonya Zadig s’interroge, avec une candeur que l’on espère simulée : « Pour quelle obscure raison un citoyen français d’origine nord-africaine serait-il, de facto, musulman ?  » (p. 219) – peut-être, risquerions-nous, à titre de pure spéculation, pour la même « obscure raison » qui fait que l’écrasante majorité des musulmans citoyens français est d’origine nord-africaine ? La même se plaît à rapprocher la position des apostats de celle des harkis, les deux entretenant, selon elle, un « rapport aussi ambivalent que souffrant à la France  » (p. 91), sans voir que c’est chez les harkis que l’on trouve le plus d’attachement à la France au point d’avoir été un socle électoral dès les premiers pas du Front National.

Cette étrange posture de l’auteure prend un relief tout particulier lorsque l’on réalise que Daniel Sibony, son préfacier, avait parfaitement décrit [8], sous le terme de culpabilité narcissique, cette manière très perverse qu’a un certain discours occidental à se rendre coupable de tout, de manière à déresponsabiliser le monde entier, et qu’un discours notamment musulman, non moins pervers, accompagne parfaitement en développant un complotisme victimaire très complémentaire. Les apostats échappent à ce dernier : Zadig semble les y rappeler avec une malsaine insistance, tout comme elle enjoint tout Français à se sentir responsable des affres propres à l’univers arabo-musulman…

L’apostasie, une impasse

Plus troublant encore : une tonalité se dégage des propos de Sonya Zadig tendant à, finalement, rendre vaine toute tentative de sortie de l’islam, soit que celle-ci ne se dégage jamais réellement de sa gangue religieuse, soit que l’apostat ne retombe ou ne recrée un substitut en tenant lieu.

Ici encore, précisions indispensables : nous sommes les premiers, et il nous l’est suffisamment reproché, à Lieux Communs, à pointer les déterminismes ethno-culturels (notamment en réactivant cette notion clef pourtant disparue de « type anthropologique » [9]), la reproduction des logiques religieuses au sein même des mouvements athées (le marxisme comme « quatrième monothéiste » [10]), la saturation contemporaine du champ de la pensée par les idéologies, y compris de la consommation, et la tendance immanente de la psyché humaine à se clore dans la toute-puissance de la pensée magique [11]. Mais, et c’est au fondement même du sens de notre engagement, la possibilité existe et le reste toujours au moins en puissance, d’une émancipation, une autonomie aussi bien individuelle que collective et qui, par définition, détermine d’elle-même sa propre voie. Ce n’est pas ce que fait Zadig, ici encore, qui enferme l’apostat dans une impasse – par elle construite – pour ne lui offrir comme porte de sortie que le divan.

Ainsi « … à trop vouloir se définir en négatif par rapport à l’islam, [ils] finissent par s’y identifier à rebours.  » (p. 29) – mais l’on voit mal, effectivement, n’importe quel dissident ne pas se poser et se définir en rupture profonde de ce qu’il a refusé, au nom, a minima, d’une partie de lui-même… Pourtant : « À trop définir l’individu qui y adhère par sa seule qualité d’Apostat, il y a un risque que l’apostasie ne devienne un symptôme, le symptôme de celui qui cherche à recréer une contre-oumma [communauté islamique] en prenant l’apostasie comme nouvelle identité » (p. 226). De même : « À trop s’identifier aux histoires de vies des uns et des autres, le risque de se noyer « encore » dans une identité collective pourrait à terme bloquer le passage au Je singulier. Sans doute le Nous apaise-t-il l’angoisse de séparation qu’ils ont tous vécue douloureusement et sur un mode abandonnique, mais il devrait rester une aire de repos, être un chemin aussi nécessaire que provisoire avant de passer au Je. Sinon le rapport à sa propre vérité et à la singularité du désir risque de disparaître sous le Un d’une nouvelle identité. » (p. 149). Et nous apprenons que le collectif, tout comme l’identité, ne peuvent qu’être de nature religieuse, c’est-à-dire empêcher l’émergence du sujet, alors qu’ils en sont bien entendu, s’ils sont discutables et discutés, la condition sine qua none.

Plus fondamentalement, l’apostasie contemporaine et bien plus encore les collectifs d’apostats constituent une démarche politique, au même titre que les dissidents des totalitarismes ou des échappés de sectes (l’islam se situant à mi-chemin), c’est-à-dire visant une organisation de la société où leur combat devient le combat de tous contre l’obscurantisme, la superstition et l’hétéronomie. Bien loin de constituer une « oumma à l’envers » comme le répète une Sonya Zadig fière d’enfermer ces libres penseurs un peu trop affranchis, les milieux apostats pourraient recevoir la critique exactement inverse : plutôt que de se constituer en noyau de sens de type religieux, leur risque semble bien plus qu’ils fassent fonction, de facto, de « sas de décompression », passage obligé permettant à l’individu ex-endoctriné d’intégrer la société « normale » sans rien en contester et sans démarche politique, devenant de ce fait un rouage à part entière, n’y entravant, au fond, en rien le développement de l’islam et servant même de caution « dissidente » montrant la libéralité du message mahométan. [12]

Islam is not the problem

Au fond, même si des formulations contraires émergent, les apostats n’abandonneraient pas l’islam mais « une culture teintée de religion » (p. 216) – sans que, rappelons-le, le mot « assimilation » n’apparaisse une seule fois…

Zadig le dit et le répète : les apostats parlent de l’islam, en parlent mal, en parlent trop, en parlent tout court et devraient cesser d’en parler : « Sortir de la oumma pour en créer une autre en miroir inversé est aussi une façon de rester dans l’hétéronomie qu’ils ont voulu quitter. D’ailleurs, la colère et la révolte des Apostats et l’implication militante dans « la cause » sont une interlangue nécessaire (langue intermédiaire) qui ne coïncide pas encore avec celle qu’ils ont à acquérir, c’est-à-dire la leur propre. » (p. 228). Et c’est ainsi toute la dimension politique, militante du mouvement des apostats, que l’auteure se trouve incapable de saisir, cherchant à « (…) comprendre les mécanismes inconscients et conscients qui avaient poussé les Apostats à s’organiser en « Cercle » et à faire d’une simple affaire privée, celle de cesser de croire, une affaire publique voire une affaire d’État » (p. 23). En bonne psychanalyste incapable de saisir le social, elle s’étonne ainsi que ceux qui sont « sortis de l’islam au péril de leur vie », comme elle a sous-titré son ouvrage, puisse se sentir pris dans une lutte politico-idéologique existentielle, derechef rabattue sur une bien commode « conflictualité psychique » : « L’utilisation du champ sémantique de la guerre est assez courante dans le discours des apostats masculins. La récurrence des métaphores militaires dans le récit de l’Apostat Kaffir et de bien d’autres confirme qu’il s’agit là pour eux d’un combat à la vie, à la mort. « Vaincre ou périr ! » « Ils ne passeront pas. » « Il faut les dominer ! ». La conflictualité psychique impose cette dimension agonale, telle que la violence s’interprète comme un moment de rage narcissique. » (p. 163-164).

Et c’est ainsi que les apostats animant des chaînes « YouTube », cumulant des milliers de vues, se retrouvent en position de seigneurs de guerre, nouveaux prophètes, despotes narcissiques et intéressés (sur le modèle mahométan ?) : « En effet, ces nouvelles figures « prophétiques » sont en réalité le produit d’une société soumise au culte de la jouissance éphémère immédiate ; elles entretiennent chez les jeunes apostats, dont l’identité post-apostasie semble se construire péniblement, une image narcissique idéalisée et une obsession de faire parler de soi. Le narcisse contemporain, fruit d’un schéma mercantile et d’une société hyperconnectée, risque de nuire à la « cause » des Apostats. ». Ainsi, « la tendance au sein du mouvement des Apostats à prendre pour modèle des narcisses sacrés influenceurs est préjudiciable.  » (p. 225). Quiconque a déjà ne serait-ce que visionné une seule des vidéos de cette quelque dizaine de militants sera bien obligé de constater que le rapport narcissisme / talent est inversement proportionnel à celui dont fait preuve Sonya Zadig, qui semble ne voir dans ces véritables érudits de l’islam que des rivaux. Ainsi, ce passage particulièrement révélateur concernant Majid Oukacha [13], un des premiers apostats français au travail public (cf. supra) et poussé à déménager régulièrement : « Pour des raisons que j’ignore, [il] n’a jamais daigné répondre à mes messages et m’a royalement « ghostée ». Je rapporte cette absence de réaction au fait que certaines personnalités numériques préfèrent ne pas partager « la célébrité » et ont peur de se faire dérober les millions de « vues » garantes d’un appui narcissique influent.  » (p. 224). L’aigreur du ton est à mettre en regard avec la campagne promotionnelle de Mme Zadig, très loin de tout narcissisme comme chacun peut s’en apercevoir puisqu’il est difficile d’échapper à son image alors que la plupart des militants de l’apostasie en France sont sans visage, y compris parmi la plupart de ces « youtubeurs », et pour cause.

Quoi qu’il en soit, ils sont nombreux à identifier la démarche de Sonya Zadig à celle du discours officiel musulman qui considère que ces « égarés », s’ils s’obstinent à s’éloigner du troupeau, devraient au moins avoir la décence de ne plus parler si fort de leur dissidence…

Zadig est la solution

L’auteure, de loin en loin et presque à contre-cœur, laisse percevoir qu’elle s’est tout de même confrontée à un groupe vivant, au sein duquel elle découvre une « solidarité intra-groupale  » qu’elle admet être pour elle « une leçon de vie » – en quoi ? mystère. Le rite d’entrée dans le forum du « Cercle des apostats » la fait même se découvrir, en creux, peut-être plus musulmane qu’elle ne le pensait, elle que son préfacier présente comme un modèle exceptionnel d’émancipation : « On me demanda donc de dire que j’atteste qu’Allah n’existe pas et que Muhammad n’est nullement un prophète pour me retrouver soudain Apostate parmi les Apostats. Je l’ai dit, mais à grand-peine, ce qui est très étonnant pour quelqu’un qui n’a jamais cru en Dieu. » [14] (p. 25).

Mais elle ne fera finalement que survoler de très haut cet univers et son voyage immobile ne sera finalement qu’une suite de selfies en safari, ego-trip opportuniste. Mais, pour autant, il ne peut s’agir de laisser à d’autres la conquête de cette Terra incognita qui se refuse à tenir toute entière sur un divan : ces « enfants perdus de la république », « enfants adoptifs de la France  », « enfants abandonnés de la République  » « enfants de la modernité » ou « élevés dans la culture occidentale » auraient bien besoin de parents, d’une mère d’ailleurs, mais bienveillante. Cela tombe bien : Sonya Zadig est là, elle est prête : ce sera elle.

Nous aurions tous en nous une grande colère et exprimerions « tous… avec force… un sentiment subjectif « d’abandon », qui serait en fait « une demande de reconnaissance et de protection » (p. 74). Et donc, bien sûr, « Derrière la colère largement partagée par les ex-musulmans, il y a une demande de pretium doloris [dommages et intérêts pour la souffrance subie]  » (p. 87). Cela, Sonya Zadig, est prête à s’y engager : demander des comptes au nom des apostats. Demander à quoi, à qui ? À l’islam, pour l’embrigadement, la terreur et l’aliénation ? Aux imams et à leurs confréries ? Aux petits ayatollahs familiaux, aux caïds de fratries ou aux oulémas de halls d’immeubles ? Certes non. Bien plutôt, on l’a vu, à l’État français, à la République, à la France et aux Français coupables de ne pas l’avoir déjà fait et qui devraient octroyer un statut particulier aux apostats – ce dont, à notre connaissance, il n’est jamais fait état chez les premiers intéressés [15]. Peut-être est-ce là, d’ailleurs, le sens ultime des Enfants perdus de la République…, bien au-delà des idiosyncrasies de son auteure : rendre visible et acceptable une apostasie en en faisant un statut ad hoc, entérinant l’instauration d’un régime social cloisonné entre communautés, religions, clans, corporations et particularités, régime éminemment impérial tel que l’islam historique rêve de régenter à mesure qu’il l’étend au monde entier [16].

De toute façon, « Au-delà du cercle, il leur faut pourtant consentir à dire quelque chose de leurs souffrances à un spécialiste de la chose psychique. » (p. 241). Pourquoi pas ? Notons que cela pourrait même fournir la matière d’un autre ouvrage et, cela tombe bien, Sonya Zadig herself annonce dans un nouvel appel à témoignage son projet d’écriture d’un prochain livre consacré aux femmes apostates « qui ont souffert dans leur corps, dans leur désir, dans leur sexualité » dont elle nous confie derechef le titre  : « Apostates, corps en lambeaux » [17]

Léger mais grave problème, que l’on ne fera que soulever, en passant : le passage de Sonya Zadig dans le milieu apostat a laissé des traces non seulement humainement douloureuses mais aussi dévastatrices pour l’image de la psychanalyse elle-même puisqu’elle n’y a respecté ni la parole ni l’intégrité morale des personnes, ni la moindre rigueur intellectuelle. Intervenant dans un milieu largement adepte du rationalisme, voire du scientisme (et pour cause !), et le sachant pertinemment, elle semble être d’elle-même entrée dans le rôle du charlatan. C’est donc tout naturellement que des apostats font appel à des militants anti-psychanalyste pour la démasquer (« Alerte Santé - La FreudoScience nous a infiltré » [18]). Écœurant ainsi les apostats de (ce que nous pensons être) une ressource pour l’émancipation, Zadig est donc parvenue à totalement discréditer la démarche analytique en son nom même. Cela ne laisse pas d’interroger…

Il n’y a qu’une apostasie et Zadig est son prophète

Tout ces biais ont-ils un sens ? Il semblerait que la clef de voûte de toute cette construction soit l’aveuglement de Sonya Zadig aux différents types d’apostasies. Elle ne s’intéresse, donc ne veut et finalement ne peut voir, que l’apostasie issue de souffrances aiguës (qu’elle aiguise si besoin, on l’a vu) et celle-ci concerne surtout, sans surprise, ceux qui ont été très religieux (ce qu’elle fait mine de découvrir a posteriori). Nulle part, l’auteure ne semble entendre qu’il soit possible de quitter l’islam sans la douleur de la chair (ceux qui ont fui brutalité, violence et terreur) ou la torture de l’esprit (ceux qui sont allés jusqu’au bout de la théologie, ab absurdo). Exit, donc, l’apostasie normale, banale, celle qui découle naturellement de l’assimilation à la société française – les athées « de fait » pourrait-on dire. Ces dissidents de « l’islam-couscous », de la foi du charbonnier, de la religion routinière sont pourtant légion, sans doute bien plus nombreux que les autres, quoique plus discrets, et à raison, en tout cas nullement absents des cercles d’apostats dont l’auteure a fait son vivier, mais dont aucun ne semble avoir été digne de figurer dans son « analyse ».

Si cela avait été fait, son optique aurait basculé : l’apostasie ne serait plus, ici, qu’une modalité de l’assimilation – terme remarquablement absent de l’ouvrage – et tous les biais qui suivent y auraient été salutairement relativisés en même temps que beaucoup de confusions dissipées. Point aveugle d’autant plus intriguant qu’il concerne l’auteure elle-même, dont la réflexivité toute psychanalytique semble ici mise à mal, elle qui dit s’être installée seule en France, avec l’accord de ses parents, dès ses 16 ans à la fin des années 1980 et qui a tant de difficulté, peut-être pour cette raison, à se reconnaître elle-même « apostate », rejoignant, une parmi tant d’autres, la cohorte d’égaux qui l’ont précédée et qui lui succéderont.

Conclusion

Notons ici ce que nous pensons être les enjeux de l’apostasie, et qui découlent de ce qui précède. En quittant sa croyance mahométane pour l’athéisme, l’apostat contemporain fait en réalité, qu’il le sache ou non et où qu’il soit, un saut civilisationnel, un changement de centre de gravité qui lui fait embrasser l’Occident avec pour conséquence une modification radicale de sa vision du monde.

Mais la question, parmi quelques myriades d’autres, est : quel Occident ? Car une de ses singularités civilisationnelles est qu’il relève d’une double dynamique. La première, sans doute la plus exceptionnelle dans l’histoire, est celle de l’émancipation individuelle et collective, la marche qui va, depuis presque mille ans, de l’affranchissement des villes à la Renaissance, des Lumières aux révolutions classiques et aux mouvements ouvriers, avec son cortège d’innovation techniques, médicales, artistiques, sociales, scientifiques ou philosophiques. L’athéisme appartient à ce monde, au point qu’il en est l’une des définitions, l’une des plus courtes et des plus radicales formulations de l’autonomie individuelle et collective et vers lequel doit être naturellement porté l’apostat. Le refus de Dieu n’est pas une opinion, ni une croyance, ni un pari : c’est le refus de l’hétéronomie, d’une loi imposée d’un ailleurs inaccessible, d’un sacré inquestionnable et d’un sens pré-donné. C’est donc le refus du principe religieux en lui-même, refus de ses substituts idéologiques – difficile de ne pas voir dans le marxisme et ses dérivés un quatrième monothéisme –, refus de toute clôture de signification et adoption de la pensée critique, de l’interrogation illimitée, de la délibération rationnelle en son for intérieur ou dans l’agora – et aussi acceptation fondamentale de la finitude de la vie terrestre, du tragique de l’existence humaine, du chaos du monde et de l’irrémédiable de la mort. Voilà le continent imaginaire sur lequel l’apostat, souvent sans le savoir, pose un pied [19].

Mais l’autre pied se pose, au même moment, sur ce même rivage mais sur cet autre versant de l’Occident, bien plus attrayant et bien plus mondialisé, qui utilise cette libération de l’imagination à des fins bien plus traditionnelles de domination, mettant à disposition des mentalités transhistoriques les moyens démultipliés de la modernité : c’est le fantasme de la réification, de la la maîtrise totale et de contrôle absolu tels qu’ils se sont déployés ces derniers siècles, accélérant sans cesse l’inflation technologique, la marchandisation de la nature et de la manipulation de la société, la concentration des pouvoirs ou, plus concrètement, l’alliance de la société de consommation, du divertissement permanent et de l’irresponsabilité généralisée. Cette fuite éperdue de la condition humaine est à la fois tellement sophistiquée et tellement fragile qu’il n’est pas difficile de voir la religion se poser comme recours, parangon de profondeur et de sagesse face à la génération Snapchat, TikTok ou Netflix.

Dans cet Occident qui oublie son propre projet universel, de plus en plus archipellisé, les apostats ne seront-ils que des transfuges culturels de plus, venant alimenter la fuite en avant de la mégamachine mondialisée qui sécrète sa propre destruction ? Ou apporteront-ils de quoi faire renaître ce projet d’autonomie qu’ils ont choisi et qui les constitue désormais existentiellement, à la lumière de leur triple identité qui les voit à la fois marqués par l’une des croyances les plus régressives que l’humanité ait connue, dissident ontologique de ce proto-totalitarisme contemporain et, bien souvent, acculturé d’origine afro-maghrébine héritier de cette double culture si ambivalente [20] ? Personne ni rien ne peut répondre à leur place.

Et, précisément : les apostats, ceux du Cercle comme tous les autres, essaient, explorent, tâtonnent, ils cherchent des principes, des idées, des modes d’organisations, ils expérimentent des pensées, des outils, des ethos, comme tant d’autres, comme les Gilets jaunes, comme les « indignés » avant eux ou les insurgés des soulèvements arabes, grecs ou espagnols de 2011 ou d’Iran aujourd’hui. Ces espaces de recherche collective sont vitaux et particulièrement aujourd’hui où règnent en maîtres la confusion idéologique, l’illusion politique et l’amnésie historique. Ayant perdu les réflexes des mouvements ouvriers et des milieux populaires du siècle dernier contre la récupération, les démagogues et les psychopathes, il leur faut du temps. C’est ce que leur refusent les idéologues plus ou moins narcissiques qui plaquent leurs désirs dérisoires sur une réalité en construction, entravant leur auto-institution collective, processus lent de maturation rendu d’autant plus laborieux qu’il s’inscrit dans une société en plein délabrement. En leur apportant, tels des missionnaires ou des illusionnistes, qui la bonne parole, qui la bonne conscience, qui les bons et les mauvais points, ils provoquent abcès de fixation, clivages artificiels, alternatives infernales et, bien souvent, désorganisation, dispersion voire dislocation – bref : stérilisation du corps social.

Finalement, tous les points soulevés dans ce texte convergent pour dénoncer les mécanismes de désamorçage de la dynamique de dissidence politique des apostats. Il y a, derrière, les tendances lourdes de l’époque. Celles-ci prennent un sens très particulier une fois remises dans un contexte d’épuisement de la modernité occidentale, c’est-à-dire la fin des peuples délibérant et visant l’auto-organisation, acteurs de leur histoire et nourrissant de mille manières la créativité sociale dans ses dimensions politique, intellectuelle, artistique ou scientifique. Nous assistons ainsi à l’institution progressive d’une société culturellement émiettée en autant de minorités, instaurant des statuts particuliers aux différentes communautés en concurrence qui quémandent à un État arbitraire prébendes et octrois – soit le règne des tribus et de l’empire [21].

Voilà, nous semble-t-il, un des enjeux civilisationnel que soulève, qu’il le sache ou non, celui qui apostasie.

Sofia Elmansour, Quentin Bérard
Février 2026


[1Cf. Favard. T & Dealberto M.-J., « Risque accru de schizophrénie et de psychose chez les immigrés. Données françaises », L’Information psychiatrique 2015 ; 91 : 118-28. URL : https://stm.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2015-2-page-118

[2Soutien que propose également l’association MELP (Mouvement pour l’émancipation et la liberté de pensée), URL : https://www.melp-asso.org/nos-actions_1/soutien-aux-personnes

[3Sur le Discord du Cercle des apostats, S. Zadig n’a posté, en tout et pour tout, que quatre messages d’auto-promotion de ses écrits sans jamais participer à aucun échange, allant même jusqu’à faire relayer par d’autres membres ses appels à témoigner…

[4Lieux Communs, brochure n°27, Pulsions d’empire. Poussées impériales dans les sociétés occidentales, novembre 2022. URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1110-Parution-de-la-brochure-no27

[5« La paix sociale sexuelle est achetée au prix du silence… Le silence des agnelles », publié en deux parties les 11 et 18 décembre 2020, repris dans la brochure n°27, op. cit. URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1040-La-paix-sociale-sexuelle-est-achetee

[6Voir par exemple « L’humour » in Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, S. Freud (1927), Gallimard (1930)

[7Les échanges autour de la circoncision sont pourtant courants sur le Discord du Cercle des apostats où est notamment référencé l’association « Droit au corps » qui milite pour l’abandon des mutilations sexuelles URL : https://www.droitaucorps.com/

[8Cf. Islam, phobie, culpabilité, de Daniel Sibony (Odile Jacob, 2013) et sa recension par Jaufré, sympathisant de Lieux Communs (23/08/2015) URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?625-islam-phobie-culpabilite. Voir également notre utilisation abondante de la notion, par exemple : « Wokisme et obscurantisme : articulations et complémentarités », revue Front Populaire, 11/07/22, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1112-Wokisme-et-obscurantisme.

[9Notion que l’on retrouvera, mutatis mutandis, chez un R. Linton, un A. Kardiner, un M. Dufrenne, un R. Bastide, ou encore chez N. Elias, R. Benedict, P. Bourdieu ou, pour ce qui nous concerne ici H. Djaït dans La personnalité et le devenir Arabo-Islamique (Seuil 1974), cf. pp. 183 – 228. « L’homme arabo-musulman », URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1092-L-homme-arabo-musulman-1-3

[10cf. « Islamisme, totalitarisme, impérialisme », op. cit.

[11Cf. Idéologies contemporaines. Effondrement et permanence du politico-religieux, brochure Lieux Communs n° 22, juin 2017, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?889-parution-brochure-ideologies

[12C’est très précisément dans le but d’éviter ce risque que des membres du Discord ont été à l’initiative de la création d’associations telles que le Melp (op. cit.) ou de Laïques sans frontières (LSF) URL : https://www.laiquessansfrontieres.org/accueil

[13Voir la chaîne YouTube qu’il anime depuis 2015, URL : https://www.youtube.com/@MajidOukacha

[14… et qui a passé près de 23 ans sur le divan, comme elle aime le rappeler, mais aussi quelqu’un qui a été élevé par un père athée et une mère française institutrice dans les quartiers cossus de Tunis avec nounous, bibliothèque fournie et chauffeur. Plus troublant : interviewée le 12 nov. 2025 dans l’émission « Les Grandes Geules » sur RMC, elle précise d’entrée « je ne suis pas sortie de l’islam » sans pouvoir dissiper le trouble du journaliste lui demandant des explications… URL : https://youtu.be/na-IooCzerI?si=TtZnKtky OFqX8A6c

[15Y compris organisés en association, comme au sein du MELP (op.cit.)

[16Cf. L’horizon impérial. Sociétés chaotiques et logique d’empire, brochure Lieux Communs n° 23, mars 2018, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?923-Introduction-a-la-bochure-no23

[17Cf. op. cit. à 56’ de la vidéo « « Échange avec Sonya zadig : Sommes-nous les enfants perdus de la république ? » 23/11/2025 https://www.youtube.com/watch?v=Y1s2pTnj1Ko

[18Vidéo op. cit.

[19Cf. Le sens de l’athéisme, texte à venir.

[20« Nous, immigrés arabes, face à nos choix politiques. Double culture : source d’aliénations ou force émancipatrice ? », op. cit.

[21Cf. L’horizon impérial. Sociétés chaotiques et logique d’empire, op. cit.


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