De la psychiatrisation des dissidents de l’islam (1/2)

mardi 17 février 2026
par  LieuxCommuns

Le besoin de vérité est plus sacré qu’aucun autre. Il n’en est pourtant jamais fait mention. On a peur de lire quand on s’est une fois rendu compte de la quantité et de l’énormité des faussetés matérielles étalées sans honte, même dans les livres des auteurs les plus réputés.
On lit alors comme on boirait l’eau d’un puits douteux.

Simone Weil [1]

Les apostats sont les dissidents de l’islam

Tous les totalitarismes du XXe siècles ont produit leurs dissidents, dont la seule existence est d’une importance capitale, à plus d’un titre.

Ils incarnent le courage, courage physique bien souvent mais surtout courage intellectuel de celui qui ose rompre avec un système idéologique, démontrant par là que si l’être humain est fondamentalement un être de croyance, il peut, aussi, être une volonté de vérité. Mais ces ex-partisans renseignent également, et c’est à ce titre qu’ils sont pourchassés, sur la réalité interne du parti, du régime, du dogme qu’ils trahissent ainsi deux fois, la première fois en la répudiant, la seconde en la dénonçant publiquement, révélant au monde ses monstruosités occultées et sa logique profonde. Enfin, les dissidents libèrent la critique en dissolvant les disqualifications rituellement employées par les endoctrinés : la « germanophobie » jetée à la tête des critiques de l’Allemagne hitlérienne n’avait pas plus de consistance que l’ « anticommunisme primaire » dont on accusait le dénonciateur de la Russie des goulags face aux opposants issus de leurs propres rangs. Il en est de même, mutadis mutandis, avec l’accusation d’« islamophobie », et les dissidents de l’islam que sont les apostats [2].

Ces ex-musulmans, dont nous sommes [3], sont de plus en plus nombreux, depuis quelques décennies, à se déclarer publiquement comme tels un peu partout sur la planète [4]. En contrebalançant l’expansion, l’intensification et la radicalisation de l’islamisation mondiale, ils représentent une lueur inestimable dans cet obscurantisme qui s’avance, et particulièrement en terres européennes, notamment française où le nombre de musulmans double tous les quinze ans. Pourtant, leur rupture d’avec l’hétéronomie islamique reste encore quasiment invisible, inaudible, insignifiante auprès du plus grand nombre – et toujours inconcevable pour les adorateurs de Mahomet.

« En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi,
et laissent augmenter encore leur mécréance,
leur repentir ne sera jamais accepté.
Ceux-là sont vraiment les égarés. »
Le Coran, Sourate 3 verset 90

Les enfants perdus de la République

Pour ces raisons, le livre de Sonya Zadig, Les enfants perdus de la République. Ils ont quitté l’islam au péril de leur vie [5], bénéficiant d’un soutien médiatique conséquent dès sa publication en novembre 2025, aurait pu, aurait dû être un jalon. L’auteure d’origine tunisienne qui se définit comme « franco-tunisienne, psychologue clinicienne, psychanalyste, linguiste et écrivaine », présente une série d’entretiens, massivement menés par téléphone, au sein de deux groupes d’apostats français [6].

Prometteur voire attendu, éventuellement séduisant lors d’une lecture rapide, l’ouvrage s’avère profondément décevant. D’une extraordinaire confusion derrière une phraséologie pseudo-savante, il est fondamentalement biaisé par les conceptions ego-idéologiques de son auteure qui s’est en réalité livrée à une mise en scène d’elle-même (dans la continuité de ses trois auto-fictions précédentes [7]) sous prétexte d’enquête – au point que nombre d’apostats interrogés, et d’abord parmi ceux qui l’avaient promue, crient au scandale en dénonçant publiquement la falsification de leurs témoignages – l’auteure se plaignant, en retour, de menaces reçues et de doxxing (dévoilement) de son identité réelle, sans avancer de preuve, et fermant son blog personnel…

Annoncée, puis vantée auprès d’eux comme une « recherche scientifique universitaire », la démarche de Sonya Zadig (qui se proclame à l’occasion «  doctorante  ») ne l’est en rien : elle n’est ni «  universitaire  » [8], puisque menée hors de tout cadre officiel et même de toute collaboration [9], ni «  scientifique  », puisque ne s’encombrant d’aucune espèce de méthodologie digne de ce nom, fût-elle seulement journalistique, et ce n’est absolument pas une «  recherche  » puisque l’auteure adapte la réalité à ses présupposés, sans même sembler s’en soucier. L’ensemble produit fourmille d’erreurs factuelles, d’omission, d’approximations, de généralisations, de contradictions et de confusions plus ou moins masquées par un style péremptoire et passablement narcissique puisque s’il n’est question que de Sonya Zadig au début et à la fin du livre, elle parvient, au milieu, à faire des apostats qu’elle interroge les ventriloques de ses propres obsessions, comme on le verra.

Du titre

Il faut avant tout s’arrêter au titre.

La référence est évidente au livre-événement paru en 2002 Les territoires perdus de la République [10] qui décrivait, à travers maints témoignages, la sécession de quartiers entiers, notamment de banlieues des grandes villes, tombant dans le communautarisme, l’antisémitisme, le racisme, le sexisme et l’islamisme. Plus de vingt ans plus tard, en annonçant parler des « enfants perdus de la République », on s’attend à ce que Sonya Zadig évoque à nouveau cette jeunesse ensauvagée cernée par les bandes djihado-salafistes, les gangs du narco-banditisme, les mafias de pédo-prostitution ou les multiples psychopathies plus ou moins criminelles. Non pas : tout à l’opposé, l’auteure évoque ceux qui ont quitté l’islam, refusé les règles de la Charia, brisé la soumission aux superstitions mahométanes, pour embrasser l’athéisme, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, la fraternité et la recherche commune de la vérité, bref et quoi qu’on entende par là, la République. L’auteure peut bien nous expliquer (p. 31) que les apostats sont en, France, bien moins reconnus et entendus que les musulmans, il faut alors qu’elle précise qu’il s’agit de la République islamique – et la référence au livre de Bensoussan s’effondre aussitôt (notons qu’à la même page Sonya Zadig diagnostique comme «  délirant  » de considérer qu’il existe une « installation insidieuse de la « charia » » dans certains endroits du territoire français, puis affirme l’inverse).

Le contresens est donc total : les apostats de l’islam sont l’exact contraire des « enfants perdus de la République », ce sont de nouveaux enfants de la République. Et ces « enfants » ne sont en rien perdus, sinon pour l’islam – et l’on s’étonne que soit ainsi reprise texto l’accusation traditionnellement formulée à l’encontre de celui qui sortirait de la prison mentale d’Allah – : les apostats se sont tout au contraire trouvés, très précisément, dans l’apostasie, chacun d’eux et entre eux, et c’est bien ce qu’ils ne cessent de répéter. A contrario, plus loin dans le livre, l’auteure les qualifie d’« enfants de la modernité »… Mais, d’ailleurs et surtout, les personnes qu’elle interroge ne sont pas des « enfants », ce sont des adultes véritables tous majeurs de 18 à 60 ans (p. 246) et de véritables adultes puisqu’ils se sont affranchis d’eux-mêmes de leurs déterminations socio-culturelles. Si l’Oumma musulmane, la communauté matricielle des croyants, ne connaît effectivement que des enfants, la République est par définition un rassemblement d’adultes se donnant leurs propres lois ; les apostats quittent la première et rejoignent la seconde. Enfin, pas plus, comme l’annonce le sous-titre, les apostats ne sont sortis de l’islam « au péril de leur vie » – si les périls sont réels et multiples, comme pour quiconque prend le chemin de l’émancipation, bien peu, ici du moins et pour l’instant et c’est déjà trop, risquent réellement leur vie, quoique l’auteure ait sciemment sélectionné les parcours les plus douloureux. Dramatisation outrancière renforcée s’il était besoin par la photo de couverture, menaçante, glauque et sombre, l’ombre de jeunes dans la nuit évoquant les films « Orange mécanique », « La Nuit des morts-vivants » ou « La Haine ». Bref, comme on dit aujourd’hui : « Y’a rien qui va ».

La couverture du livre résume son contenu : racoleur, contradictoire, faux, voire suspect et, surtout, dépolitisant et infantilisant sans cesse les apostats, présentés continuellement comme des souffreteux en attente d’un sauveur ou d’une thérapeute. La recension critique de l’ouvrage nous permettra, pensons-nous, de dégager quelque matière à penser l’apostasie, ses impasses et ses promesses, et sans doute celles de notre pauvre époque elle-même.

Mais il nous faut ici commencer par la petite histoire puisque, Sonya Zadig et les apostats, cela commence ici, chez nous.

1 – « Le hasard d’une rencontre… »

Commençons par les premiers mots de l’introduction du livre intitulée « Le hasard d’une rencontre »

« J’ignorais totalement l’existence de ce à quoi j’allais bientôt consacrer plus de deux années de travail quand un jour, au détour d’une conversation, une amie m’apprit l’existence d’un groupe très actif sur la toile, qui se fait appeler le Cercle des Apostats » (p. 19)

Cette prétendue «  amie  » qui semble sortie de nulle part, c’est moi, c’est Sofia, une apostate athée, en lien avec la nébuleuse des apostats depuis plus d’une dizaine d’années [11], parmi les premiers membres du « Cercle des Apostats » (forum Discord), et qui travaille ces questions et d’autres, au sein du collectif Lieux Communs. Notre rencontre n’a rien d’un «  hasard  » puisqu’elle a été proposée et organisée, à dessein, par une connaissance commune également très impliquée dans ces problématiques. Et le « détour de la conversation » en question, ce sont les discussions suivies aboutissant à l’émission sur le thème de l’apostasie et ses conséquences dans le cadre du podcast Hérétiques diffusée en avril 2023 [12], où Sonya Zadig cite nos écrits, dont elle avait largement pris connaissance auparavant. Sur notre insistance répétée, et lui montrant qu’elle n’est pas seule en France à s’être libérée de l’islam, je la mets en contact avec « Momo » que je connais depuis quelques années, figure central du « Cercle des Apostats » et créateur du podcast « Apostats Islam » pour lequel j’ai témoigné.

Heureux « hasard d’une rencontre », donc, qui fait que l’auteure ne doive rien à personne.

De nos écrits

Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas non plus de ne voir dans le livre de Sonya Zadig aucune référence à mes écrits sur le sujet , qu’il s’agisse de « Nous, immigrés arabes, face à nos choix politiques. Double culture : source d’aliénations ou force émancipatrice ? » (2012) [13] ; « Brève histoire de l’islamisme » (2013) [14] ; « L’islamisme élémentaire » (2015) [15] ; « L’islamisme d’État En Marche… » (2019) [16] ou, plus largement, des travaux de Lieux Communs, comme les brochures n°21 et 22bis de 2015 Islamismes, islamogauchisme, islamophobie [17] ou la brochure n°25 sur La fin de l’immigration (2020) [18], nos cartographies, celle de l’islamo-gauchisme (2018) [19] ou celle consacrée à la galaxie des Frères Musulmans (2020) [20], cette analyse des relations entre « Rap & islam » (2020) [21] ou encore notre long texte consacré à l’analyse des menaces et insultes reçues par l’apostate Zineb El Rhazoui en 2021 « Menacer Zineb : l’imaginaire de l’islamisme ordinaire » [22].

Zadig le sait : les membres de Lieux Communs n’ont jamais, en deux décennies d’activité, couru après la reconnaissance et publient des choses importantes sans tambour ni trompette. Elle n’est pas la première, et sans doute pas la dernière, à s’en servir sans vergogne, sans rigueur et sans merci – nous verrons plus loin l’usage, consternant, de sa seule et unique référence à nos écrits. Mais si cela n’était qu’une guerre d’ego, il n’y aurait rien de bien nouveau sous le soleil. Le problème va bien au-delà puisque Sonya Zadig ignore aussi, et surtout, l’ensemble des travaux, personnes, publications l’ayant précédée sur le thème de l’apostasie, de l’islamisme ou de la libre pensée et de la répression des femmes en islam – bien qu’elle dédie son livre à Boualem Sansal, alors emprisonné. Que l’on nous permette ici d’en citer quelques-uns, dont certains sont condamnés par des fatwas.

De quelques prédécesseurs et de quelques livres

Ainsi on cherchera en vain dans son livre une simple mention de Waleed Al-Husseini, athée et réfugié palestinien à Paris, fondateur du Conseil des ex-musulmans de France (CEMF) en 2012, et inspirateur de beaucoup d’entre nous, auteur de Blasphémateur ! Dans les prisons d’Allah (Grasset, 2015) puis de Une trahison française : les collaborationnistes de l’islam radical dévoilé (Ring 2017). Aucune trace non plus de Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante laïque et féministe, auteure de J’ai choisi d’être libre. Rescapée du salafisme en France (Flammarion, 2016) et de Plus jamais voilée, plus jamais violée (L’Observatoire, 2018) ni de Djemila Benhabib (Ma vie à contre-coran – une femme témoigne sur les islamistes, Éditions VLB éditeurs 2009) ni de la célèbre Taslima Nasreen et son Enfance, au féminin [23] et encore moins de la moins célèbre Samira Bellil auteure de Dans l’enfer des tournantes (Folio 2003) – en voilà, pourtant, une « enfant perdue »… Passons sur les « classiques » de la génération précédente, dont tout apostat militant a au moins entendu parler tout autant que, on l’espère, une Sonya Zadig qui n’en pipe pourtant mot, comme Adonis [24], Nawal El Saadawi [25] Hamed Abdel-Samad [26] ou bien sûr Ibn Warraq auteur, entre autres, de Pourquoi je ne suis pas musulman (Éditions L’Âge d’Homme, 1995).

Mais sans doute ces figures sont-elles trop lointaines pour Sonya Zadig. Pourtant, ses contemporains apostats sont légion, à commencer par les créateurs de podcasts [27] et les « youtubeurs » du mouvement des apostats, qui produisent depuis des années, et dont certains ne seront vraiment cités qu’en fin d’ouvrage et que pour en dénoncer la notoriété, comme Majid Oukacha, figure apostate pourtant centrale, dont les ouvrages fondateurs sont délibérément escamotés, comme Il était une foi, l’islam… l’histoire de celui qui voulait diviniser pour mieux régner, (Éditions Tatamis, 2015) ou le plus récent Ex-Musulman : le guide de survie (Éditions Libertaria, janvier 2025). Totalement ignorées malgré leur renommée sont, par exemple, Nadia El Fani, réalisatrice, entre autres du documentaire Laïcité, Inch’Allah ! en 2011, Ibtissame Lachgar, activiste athée et féministe depuis des années, cofondatrice en 2009 du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) [28] et emprisonnée depuis août dernier au Maroc pour son engagement ainsi que, bien évidemment, son ex-comparse, Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, qui a médiatisé comme personne jusqu’ici l’apostasie sur les plateaux de télévision de 2016 à 2020 (avant son errance narcissique suivie de son abdication pro-Hamas), [29] ou encore Abnousse Shalmani, iranienne d’origine, auteure de Khomeiny, Sade et moi en 2014. À ce propos, n’évoquons pas, par charité, le mouvement iranien « Femme, Vie, Liberté ! » de 2022 suite à la mort de Mahsa Jîna Amini, qui semble n’avoir jamais existé pour notre enquêtrice-féministe.

Laissons là ces références de cuistre qui auraient malencontreusement pu empêcher Sonya Zadig de se déclarer en 2024 quasiment seule femme libre issue du monde arabo-musulman et qui ne sera reconnue telle que par les historiens du futur [30]… Après tout, l’orgueil, même démesuré, n’empêche pas toujours de faire un bon travail.

De l’intention de «  recherche  »…

Mais si l’auteure ignore ses prédécesseurs et ne cite qu’en annexe, et en passant, la thèse de doctorat qui l’a précédée sur le sujet [31], elle ne semble pas non plus trop savoir la teneur de son propre travail. Car, que cherche Sonya Zadig chez les apostats ? Ici, le choix est généreusement laissé au lecteur : ainsi, son sujet de recherche consiste tantôt à savoir ce que quittent les apostats, d’une religion ou d’un héritage pré-islamique (p. 8) ; tantôt à cerner les raisons profondes d’une telle rupture (p. 14) ; tantôt à dévoiler les mécanismes conscients et inconscients qui les poussent à s’organiser en cercle (p. 10) ; tantôt à montrer qu’ils recréent ainsi une communauté religieuse identique à l’islam honni (c’est sa grande thèse, p. 13) ; tantôt à se demander si ce cercle est un lieu de partage ou de passage (p. 124) ; tantôt à comprendre l’émergence de ce discours militant dans la société (p. 121), etc. etc. De toute façon, à l’issue de sa lecture, le lecteur n’aura eu aucune réponse à aucune de ces questions, sinon l’avis de l’auteure, qui évolue aussi au fil des pages.

De la méthodologie

Sonya Zadig ne semble pas, non plus, avoir la moindre idée de ce que l’on entend par méthodologie et personne de compétent ne l’a seulement relu. Ce fait est d’autant plus intriguant qu’elle a signé et fait éditer un ouvrage clinique de facture très universitaire remplissant tous les critères de rigueur minimale [32] dont elle s’affranchit ici avec une impudence confondante. Ainsi, fi des acquis de la sociologie ou de l’ethnologie ou même de la psycho-sociologie, de l’ethnopsychiatrie, de la socio-psychanalyse, de la psychanalyse des groupes ou de l’analyse institutionnelle [33], dont l’auteure ne semble jamais avoir entendu parler : elle plaque ex abrupto sa seule psychanalyse sur des processus collectifs, groupaux, sociaux, culturels, politiques et anthropologiques. Le résultat est assez prévisible : tout est rabattu sur des mécanismes psychiques individuels, conduisant Zadig à ne rien comprendre à la dimension militante de l’apostasie. Mais, qu’importe, elle y est « allée au talent », comme dit – « au doigt mouillé » dirons-nous. Qu’on en juge.

L’auteure aurait mené 243 entretiens (le chiffre varie) en deux ans – en réalité, moins de cinq mois [34] (en soi, voilà déjà une prouesse qui mériterait décoration [35]) – sans qu’aucun n’ait jamais été enregistré [36], fait qu’elle justifie par un prétendu refus des volontaires, dont certains affirment publiquement le contraire. Aucun traitement quantitatif ne sera mené et les quelques chiffres fournis en annexes servent d’alibi (sexe, âge, niveau d’étude et continent d’origine), ce qui n’empêche en rien les généralisations aléatoires de pulluler à grands coups de « les apostats » ; « la plupart » ; « tous » ; « toutes » ; « la majorité », etc. tout en précisant, pratique, qu’« il y a autant d’apostasie que de sujets » (p. 37). On lit, par exemple, que les « premiers bains sonores de l’enfance » ont été une « exposition constante aux psalmodies coraniques » : la « conséquence clinique immédiatement décelable dans le discours des Apostats concerne la question de l’ancrage inconscient de cette langue musicale du Coran » (p. 157). Problème : aucune distinction n’est faite entre natifs musulmans (supposés arabophones de naissance) et convertis (supposément francophones) et pas plus entre différences d’intensité des pratiques religieuses domestiques. Idem lorsqu’elle assène, étrangement, que l’âge d’Aïcha lors de son mariage avec Mahomet (9 ans) constitue la première raison d’apostasier (p. 211), ce qui ne pourrait se révéler éventuellement vrai que dans un sous-groupe bien précis. Etc.

Et c’est bien là le problème : sur ces centaines d’entretiens, seuls une trentaine ont été sélectionnés (15 femmes et 17 hommes) pour être cités dans le livre (les « verbatim » se faisant donc de mémoire…) sans que l’on sache sur quels critères puisque, si l’auteure nous assure (p. 243) qu’elle est « bien entendu, consciente qu’il y a un biais de sélection », elle ne nous dévoilera jamais lequel – ce genre de formule magique à visée performative est fréquente dans le livre. A posteriori, on peut le déduire : avec une sur-représentation des convertis (7 hommes sur 17 et aucune femme), n’ont, in fine, été retenus que les témoignages de personnalités « très attachées à la religion, certaines décrivant une grande ferveur religieuse voire une radicalisation à la période adolescente. » (p. 214), comme il est noté en annexe et présenté, pourquoi pas ?, comme une découverte Il ne saurait donc être question, dans tout le livre, d’une autre apostasie que celle passée par l’extrémisme, donc souffrante, nous y reviendrons.

Mais avant d’en venir à ces si évidents biais ego-idéologiques inévitablement provoqués par l’absence totale de cadre de travail, il faut évoquer les cas avérés de ventriloquie.

2 – Falsifications et ventriloquie

Auteure d’auto-fictions redondantes, Sonya Zadig invente ici l’auto-entretien, qui consiste à mettre ses propres mots dans la bouche de l’interviewé, réalisant le rêve de tout étudiant en sciences humaines, rencontrant des « acteurs de terrain » qui formuleraient d’eux-mêmes, et dans ses propres termes, les présupposés et l’hypothèse du chercheur pour valider ainsi, prémonitoirement, ses propres conclusions [37]

Du fond

On ne peut que renvoyer ici à la vidéo de dénonciation de ces procédés [38], où quatre apostats témoignent et relèvent patiemment les falsifications grossières de leur propos. Ainsi « Amir Apostat » (de 1h à 2h00) dénonce « ses » propos « rapportés » par Zadig, qu’il qualifie de «  faux », tout comme son prétendu refus d’être enregistré. Par exemple p. 135 : « Le conditionnement était en marche, il n’y avait plus de livres à la maison, plus de musique, rien qu’Allah ! Pour le petit garçon que j’étais, l’islam était une évidence, c’était LA Vérité. Même si, gamin, j’avais pu avoir des doutes, c’était rapidement étouffé par ma mère » alors qu’en réalité, musiques et livres ont toujours circulé librement dans la famille d’Amir, sa mère, même voilée, continuant de fredonner joyeusement les Beatles – mère que Zadig lui fait ensuite dénoncer toujours hors de toute réalité : « D’ailleurs, ce sont les femmes qui nourrissent ces réprobations. Mon père ne se mêlait pas de notre éducation, le patriarcat et la misogynie m’ont été directement transmis par ma mère. » (p. 136). Pas plus, il ne se sent «  étranger  » vis-à-vis de ses proches restés dans l’islam, contrairement à ce que la psychanalyste lui fait dire. Même les termes qu’elle met dans sa bouche ne sont absolument pas les siens, il en relève quelques-uns : « femmes prolétaires chevronnées de l’islam » (p. 136) ; « c’était mon identité l’islam, il était cousu à même ma peau » (p. 137)  ;« étranger à la oumma ». De même « Jack le fou », que Zadig convoque p. 224 : « [il] m’a donné « tribune » pour présenter mon projet d’écrire un livre sur les Apostats et ne m’a posé qu’une seule question « Que pensez-vous du mariage d’Aïcha avec le prophète de l’islam ? » – l’intéressé dément catégoriquement (à 1h23) et renvoie à l’enregistrement de l’échange [39], confondant pour Sonya Zadig puisque son hôte l’interroge à propos de ce projet d’« enquête », sur sa définition de l’apostasie (minimale et éthérée), sa méthodologie (vaporeuse), ses collaborations (inexistantes), etc. Dans cette même vidéo, Amir Apostat se fait également porte-parole d’une apostate dont le témoignage, p. 74 du livre [40], a été rendu « archi-faux  » afin de le rendre « scabreux  » et qu’elle dénonce sur le forum du « Cercle des Apostat » : « j’ ai fait confiance, elle à ajouté des éléments mensongers autour du sexe et de la prétendu violence de ma mère ( archi faux) le but étant de rendre mon témoignage scabreux et pathos...ça m’ a choqué et blessé.../…Je lui ai dis que ma mère était assez dure avec moi quand j’ était ado, qu’ elle était attaché au fait qu’il une fille doit filer droit..., je pense que c’ est le cas ds beaucoup de famille maghrébine.... Et elle a transformé cela en ’ Enfance atroce marqué par des violences physiques’ .../...j’ était trop choquée par ses mensonges , à ce niveau la, ce ne sont pas des erreurs c’ est de la manipulation, j’ avais l’ impression d’ être une pauvre meuf qu’i se fait prendre par toute la cité dans une cave et qui fait tout pour préserver un ’ Honneur ’ de façade, ça m’ à dégoutée ».

Plus indirectement, Zadig assène dans ses premières pages que « la judéophilie appuyée, voire le soutien à Israël, est un marqueur de la sortie de l’islam » (p. 20), ce qui n’est, là encore, que prendre ses désirs pour la réalité : s’il est exact que l’antijudaïsme musulman incorporé s’évanouit dès la consommation de la première tranche de jambon, il ne s’ensuit nullement une inversion qui passerait par un soutien indéfectible à l’État hébreu ni une adoration fascinée pour les Juifs. Pour beaucoup d’entre nous, un juif devient alors comparable à n’importe quel autre individu et considéré comme un égal, ni plus, ni moins.

De la forme

La trace de l’auteure se lit même dans les formulations des prétendus « verbatim » (rappelons qu’aucun entretien n’a été enregistré), qui reprennent telles quelles ses tournures psychologisantes. Ainsi Zineb, 42 ans, voit à l’adolescence « l’étau » de la violence de sa mère se « sceller » (p. 63) ou encore se demande (p. 65) pourquoi sa mère a intériorisé « la séquestration psychique et corporelle de sa communauté  » ou Ayoub, 25 ans, qui nous confie (p. 158-159) « qu’il y a un complexe maternel, chez les musulmans ; le cordon ne se coupe pas, il est solidement noué par un mélange d’amour, de culpabilité et de terreur. Sortir de l’islam est difficile à cause de cette ligature, sortir devient une trahison à la mère.  ». De même, Najet, 19 ans, issue d’une famille salafiste : « Mon père était absent, une figure périphérique (…) Contrairement aux idées reçues, c’est un matriarcat, l’islam, ce sont les femmes qui tirent les ficelles et qui sont le rouage clé du moteur islamique !  », découvrant son homosexualité à 12 ans, la même évoque « un tsunami psychique » (p. 107). Omar nous confie, à propos de la bienveillance et de l’hospitalité des Français qu’il découvre en arrivant dans le pays : « Ça m’a décompensé un doute paranoïaque, je me sentais coupable » (p. 136) ; Marwan, 26 ans, arrivé en France il y a 8 ans, formule de lui-même l’hypothèse de Sonya Zadig : « Le Cercle des Apostats (…) il y a cette tentation dangereuse de former une oumma à l’envers, l’oumma des kouffars » (p. 148) et nous dit avoir été « un exilé du même, du pareil  » (p. 148), nous parle du « matriarcat dans l’oumma » qui « perpétue le patriarcat » y voyant là « sûrement un bénéfice secondaire caché »… avant d’immédiatement ajouter : « je ne sais pas c’est vous la psy ! » tous s’accordent en tous cas pour déléguer leur parole à l’auteure… qui semble s’y résoudre à son corps défendant, comme on le voit.

Plus inexplicable, la multiplication de l’image de la « sortie » de l’islam, au sens littéral : « Il ne faut pas croire que c’est facile de sortir de là (…) alors vous imaginez le vide que j’ai ressenti quand j’ai claqué la porte ». / « Quand je vois ce qui se passe, le prosélytisme musulman sur TikTok, j’ai trop peur pour mes filles, je préfère sortir ! » « Je n’en veux plus, je sors ! » / « Y rester aurait été insensé voire suicidaire, je suis sortie ! » / « Mon regret est d’avoir mis trop de temps à sortir… » / « Quand j’ai compris cela, je suis sorti… » / ça m’a pris une semaine et je suis sorti ! » « je me suis dit : soit je deviens Daechien soit je sors. Et je suis sorti ! » / / / [41], etc. jusqu’au sous-titre de l’ouvrage « « Ils ont décidé de sortir de l’islam au péril de leur vie »… Au point que Daniel Sibony confie, dans sa préface (p. 13), qu’« on aimerait appeler ces apostats les sortants ». Léger problème : un simple tour sur les multiples témoignages des chaînes et podcasts d’apostats montre immédiatement que ce leitmotiv n’existe… que dans le livre de Sonya Zadig [42].

3 – Non-sens, contradictions et confusions

Sans rigueur dans sa démarche, l’auteure réécrit les entretiens et les dénature pour y trouver ses propres présupposés, mais multiplie également les contresens, contradictions, confusions. Sans prétendre à l’exhaustivité, relevons en quelques-uns.

Basiquement, sa définition du terme « apostasie » (p. 19) est inconsistante et le mot est indifférencié à celui d’« athée », jamais défini non plus. Dans une note, l’auteure précise réserver la majuscule (« Apostat ») aux participants du « Cercle des Apostats » (quid des interviewés venant d’ailleurs ?), puis n’en tient plus compte quelques pages plus loin… Même confusion concernant les différentes expressions présentées comme équivalentes ni jamais clairement distinguées comme « islam-culture-religion » ou « culture-religion  » ou « culture d’origine » ou encore « religion islamique  » ou « éducation musulmane » ou « endoctrinement islamique  », etc. L’approximation et les erreurs manifestes nimbent tout l’ouvrage et l’on pourrait presque s’arrêter à chaque page.

Ainsi, Zadig, perspicace, note qu’une Larissa « parle au présent lorsqu’elle évoque ses souvenirs d’enfance, comme si la douleur était toujours là »… sauf que le récit de Larissa est retranscrit au passé simple et à l’imparfait (p. 84-85). On est d’ailleurs frappé, d’une manière très générale, par l’absence courante de rapport entre le contenu des entretiens donné à lire et l’analyse qui le suit immédiatement, et dans les deux sens : l’un parle de sa circoncision comme d’un moment qui l’a « traumatisé  » (p. 151) sans que notre psychanalyste n’en souffle mot, (nous y reviendrons) ; elle disserte par contre du « rejet de la France » qu’éprouve telle apostate (p. 81) alors que celle-ci déplore au contraire la haine du pays d’accueil par sa communauté (p. 75) ; etc. Les formulations sont d’ailleurs souvent confuses : « Que les mères soient nées en France ou y soient arrivées jeunes, le vécu psychique d’exclusion ne varie pas, surtout [?] dans les milieux défavorisés » (p. 60) ; « Les récits des ex-musulmans ont [?] d’ailleurs des misères [?] et des privations sociales, qui atteignent des degrés tels…  » (p. 82), etc. (on dirait la rubrique « Rue des petites perles » du Canard Enchaîné…) Ailleurs, l’auteure tient à ce que les apostats soient assignés à l’islam par « les Français dits « de souche » et l’illustre immédiatement par l’exemple d’un apostat racontant « que ses enfants se font harceler à l’école par leurs petits camarades musulmans parce qu’ils ne mangent pas halal et ne font pas le Ramadan »… Plus loin, p. 219-220, Zadig se moque de ce « principal du collège (…) s’étonnant d’apprendre que l’on pouvait s’appeler Mounir sans être musulman » l’auteure, suffoquée d’une telle violence, fait-elle semblant d’ignorer qu’en France on exfiltre tous les jours des enseignants pour bien moins que ça ?… Le « au péril de leur vie » promis de la couverture ne semble concerner que certaines personnes…

Même pas : tout en reconnaissant que notre apostasie nous expose à de réelles menaces (« Leurs détracteurs peuvent insulter, harceler, doxer, troller, diffamer, appeler à la haine, menacer de mort sans courir le moindre risque, en restant cachés. Les Apostats ne sont que trop exposés à ce genre de persécution », p. 221) elle précise une page plus loin que notre anonymat et le choix de pseudonymes n’ont d’autre fonction que « d’accroître les fantasmes de toute-puissance de ceux qui les portent » et d’ouvrir la voie « au déchaînement des pulsions agressives et destructrices… ». Ainsi, si nous affirmons que « Sonya Zadig » est également un pseudonyme, mettons-nous à jour sa perversion ou sa vulnérabilité [43] … De même (cf. infra), elle adjure les apostats de se désigner autrement qu’en référence à la religion abhorrée (d’où l’obsession des « sortants… » ?) mais se réclame, elle, d’un « post-islam »… D’ailleurs, elle se dit apostate, sans vraiment l’être, tout en l’étant mais ne le dit pas sauf quand elle l’affirme… avant de se dédire ailleurs.

Le livre entier baigne dans cette joyeuse confusion à laquelle notre époque s’habitue et qui offre à son porteur la possibilité, enviable, de noyer les critiques argumentées dans des arguties plus ou mois séduisante et, surtout, de se couler dans le désir de l’interlocuteur. Si la langue de bois était le style de l’apparatchik, la langue de caoutchouc celui de l’idéologue fatigué [44], la langue confuse d’aujourd’hui semble celle de l’opportuniste.

(.../...)

Seconde partie disponible ici


[1« Il y a des hommes qui travaillent huit heures par jour et font le grand effort de lire le soir pour s’instruire. Ils ne peuvent pas se livrer à des vérifications dans les grandes bibliothèques. Ils croient le livre sur parole. On n’a pas le droit de leur donner à manger du faux. Quel sens cela a-t-il d’alléguer que les auteurs sont de bonne foi ? Eux ne travaillent pas physiquement huit heures par jour. La société les nourrit pour qu’ils aient le loisir et se donnent la peine d’éviter l’erreur. Un aiguilleur cause d’un déraillement serait mal accueilli en alléguant qu’il est de bonne foi.  ». « Les besoins de l’âme ; La vérité » Première partie de L’enracinement (1943, ed. Gallimard 1990) URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?618-Les-besoins-de-l-ame-La-verite

[2Sur les convergences entre l’islam contemporain et le totalitarisme, cf. « Islamisme, totalitarisme, impérialisme », brochure Lieux Communs n°21bis, Islamismes, islamogauchisme, islamophobie. Seconde partie : Islam, extrême-droite, totalitarisme, de la guerre à la domination, août 2016. URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?870-Islamisme-totalitarisme

[3Sofia Elmansour membre du forum du Cercle des apostats depuis fin 2022 et de Lieux Communs, rédactrice principale de ce texte.

[4Y compris au cœur même de l’islam : Voir le très documenté texte de Dominique Avon, « L’athéisme face aux pays majoritairement musulmans ». Carnet de recherche de l’IPRA (16/12/2015) URL : https://ipra.hypotheses.org/45

[5Fayard, novembre 2025, préface de Daniel Sibony.

[6Le forum en ligne « Le Cercle des Apostats » (créé sur le serveur Discord en août 2022) et les auditeurs de la chaîne YouTube de l’athée « Jack le fou ».

[7Soumise, Récit (2020) ; À corps perdu, Roman (2022) ; À corps retrouvé, Roman (2024), tous publiés aux éditions L’Harmattan-Replica et présentés par l’auteure comme des « auto-fictions ».

[8L’auteure s’est plaint d’avoir été censurée par les Presses Universitaires de France, là aussi sans avancer d’information vérifiable.

[9Cf. Vidéo « Échange avec Sonya Zadig : Sommes-nous les enfants perdus de la république ? » le 23/11/2025 URL : https://www.youtube.com/watch?v=Y1s2pTnj1Ko Notons que nous passons ici outre son avertissement (à 1h16) qu’elle n’acceptera la critique « que de ses pairs universitaires  ».

[10Les Territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire. Ed. Mille et une nuits, 2002. Collectif, sous la direction d’Emmanuel Brenner (pseudonyme de George Benssoussan).

[11Cf. Brochure Lieux Communs n°17 & 17 bis Les soulèvements arabes face au vide occidental : l’exemple tunisien, mai et avril 2011. URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?490-les-soulevements-arabes-face-au ou l’émission « Offensive sonore » sur Radio Libertaire « Waleed Al Husseini, un athée en ’terre d’islam’ » de mai 2017 URL : https://offensivesonore.blogspot.com/2017/05/walleed-waleed-al-husseini-un-athee-en.html

[12« L’individu en islam et en Occident » (avec Sonya Zadig), URL : https://heretiques.fr/2023/04/01/lindividu-en-islam-et-en-occident/

[13Dans brochure Lieux Communs n°19, Malaises dans l’identité (mai 2012) URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?589-Nous-immigres-arabes-face-a-nos

[14Dans brochure Lieux Communs n°21bis, op. cit.

[15Dans brochure Lieux Communs n°21, Islamismes, islamogauchisme, islamophobie. Première partie : L’slam à l’offensive, de la prédication à la guerre, novembre 2015, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?837-en-banlieue-l-islamisme

[16L’islamisme d’État En Marche… Juillet 2019, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?347-L-islamisme-d-Etat-En-Marche

[17Quatrième de couverture de la brochure Lieux Communs n°21, Islamismes, islamogauchisme, islamophobie. Première partie : L’islam à l’offensive. De la prédication à la guerre URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?825-parution-de-la-brochure-no21.

[18Brochure Lieux Communs n°25, La fin de l’immigration. Réalités troublantes et mensonges déconcertants, mars 2020, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1006-Quatrieme-de-la-brochure-no25

[19Cartographie de l’islamo-gauchisme, mai 2018, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?920-Cartographie-de-l-islamo-gauchisme

[20Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France, février 2020, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?980-Cartographie-de-la-galaxie-des

[21« Rap & islam », septembre 2020, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1030-Rap-islam-1-3

[22« Menacer Zineb, L’imaginaire de l’islamisme ordinaire », février 2021, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1045-Menacer-Zineb-1-3

[231er tome de son autobiographie, Stock, 1998. Libres de le dire , coécrit avec Caroline Fourest, Flammarion, 2010. Prix Simone-de-Beauvoir en 2008 à Paris.

[24Violence et islam. Entretiens avec Houria Abdelouahed de Adonis, Seuil, 2015.

[25(1931-2021), écrivaine et psychiatre, auteure entre autres de : La Femme et le Sexe, ou Les souffrances d’une malheureuse opprimée essai paru en 1967 traduit par d’Abdelhamid Drissi Messouad, Éditions L’Harmattan, Paris, 2017

[26Mon Adieu du Ciel (« Mein Abschied vom Himmel », Éditions Droemer Knaur, 2010)

[27Citons entre autres le podcast créé par Soraya, membre active du Cercle des apostats qui recueille les témoignages de femmes pour la plupart apostates de l’islam : « La Révolution Des Cœur » (septembre 2024), podcast dédié à « l’émancipation des femmes de culture arabo-musulmane  », inexplicablement oublié par l’auteur. URL : https://www.youtube.com/@R%C3%A9volutionDesCoeurs

[28qui réclame notamment l’abrogation de l’article 222 du Code pénal marocain qui punit d’un à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 200 à 500 dirhams quiconque « notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion »

[29Cf « Menacer Zineb », op. cit.

[30« Portrait #31 : Sonya Zadig, une femme entièrement libre », URL : https://www.youtube.com/watch?v=UkrL0mDnOeM

[31Houssame Bentabet : Abandon de l’islam : de l’irréligiosité au reniement de la foi chez les musulmans en France (L’Harmattan, 2020), sociologue, consultant et formateur auprès de Convivencia, agence de lobbyisme pro-religions. Cf. notre « Cartographie des mouvances anti-Lumières », juin 2021, URL : https://collectiflieuxcommuns.fr/?1102-Cartographie-des-mouvances-anti-Lumieres

[32Traitement de la maladie psychique en terre d’Islam. Étude de la dépression chez les femmes tunisiennes post-Printemps arabe. L’Harmattan, 2023

[33Cf. G. Mendel et le groupe Desgenette pour la socio-psychanalyse, D. Anzieu et R. Kaës pour la psychanalyse des groupes, G. Lapassade et R. Lourau pour l’analyse institutionnelle.

[34Premier appel à témoin lancé sur le Discord du « Cercle des apostats » début mars 2024, puis chez « Jack Le Fou » le 11 mars 2024 ; le 5 juillet 2024, « MoMo » transmet aux membres du Cercle un message de Zadig : « Je vous annonce que les entretiens sont désormais clos. Vous avez été 249 [sic] apostats à me parler et surtout à m’apprendre. Place maintenant à l’écriture. (…) »

[35Ceux qui écrivent le présent texte ont quelques expériences d’entretiens semi-directifs en psycho-sociologie et ethnographie : le recueil et l’exploitation de quelques dizaines en une année universitaire est déjà un travail bien conséquent, lorsqu’on travaille à côté par ailleurs comme c’est le cas de l’auteure.

[36Seul « Jack Le fou » a gardé trace de son échange avec Zadig, qu’il met à disposition sur sa chaîne. Cf. infra.

[37On passera sur quelques données ethnographiques non sourcées et que l’on nous permettra de considérer comme particulièrement douteuses comme celle-ci : « Il y a dans les dialectes arabes, notamment au Maghreb, une précaution langagière très répandue que doit respecter le locuteur musulman, qui consiste à éviter de prononcer le mot JE. « Que Dieu nous protège du mot Je ! » est l’expression préliminaire pour parler de soi. Les enfants qui disent ana [je], sont automatiquement repris et souvent avec véhémence : « Kif ana ? Yatik darba al ANA ! » [Comment Moi ? que tu sois frappé sur ta partie la plus intime !]. ».

[38Vidéo (à partir d’1h50 ) sur la chaîne d’Amir Apostat « Alerte Santé - La FreudoScience nous a infiltré » (26/11/2025) URL https://www.youtube.com/watch?v=2m_I6NlXDW4 Sur le Cercle des Apostats (Discord), sont postées de vives réactions : « je me desavoue de Sonya Zadig après avoir vu que mon histoire a ete modifié pas a 50% mais a 500% .../...je suis forcément déçu et dégoûté pour les espoirs et l’énergie gâche » / « je la laisse avec ses délires psychanalitiques et ses obsessions, le chapitre est clos pour ma part .... J’ espère qu’ un jour un autre projet de ce genre Vera le jour pour porter notre voix avec plus de rigueur »...

[39« JackLeFou et vous /2 » 11 mars 2024 : https://www.youtube.com/live/ETokJfqj4WY (de 50’ jusqu’à 1h13).

[40« [Ma mère] était une femme dépressive qui nous faisait subir des choses atroces y compris la violence physique » (…) comme beaucoup de Maghrébines, je m’autorisais les rapports anaux pour ne pas déshonorer ma famille » (p. 75).

[41p. 76 ; p. 77 ; p. 96 ; p. 113 ; p. 137 ; p. 148 ; p. 155 ; p. 162...

[42Un autre exemple : la généralisation de l’expression « je suis apostat Hamdoullah [grâce à Dieu] », qui sonne comme une invention de S. Zadig dans le but d’ alimenter sa thèse selon laquelle l’apostat ne s’émanciperait jamais totalement de l’islam – « Apostat grâce à Dieu ! » étant d’ailleurs le premier titre envisagé par l’auteure (Video PORTRAIT #31 : Sonya Zadig, une femme entièrement libre, op. cit.).

[43« Certains » lui indiquent que leur « démarche était subversive ; et d’autres « qu’ils visaient la satire », remarque dont elle fait fi (p. 221)

[44Castoriadis C. ; « De la langue de bois à la langue de caoutchouc » [1978] in Quelle démocratie ? Tome 1 (Écrits politiques, 1945-1997, III), Éditions du Sandre, Paris, 2013.


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