Gare à l’écologie (dé)coloniale !

Islamistes, communautaristes, (anti-)indigénistes, racialistes, intersectionnels...
vendredi 5 mars 2021
par  LieuxCommuns

Cette page, qui sera mise à jour dès que nécessaire, est consacrée à la dénonciation et la réfutation de la nébuleuse de l’« écologie (dé)coloniale » qui subvertit peu-à-peu tout le champ dit de l’écologie politique, contribuant à son sabotage.

Màj : 18.04.21


Remarque terminologique préliminaire : comme tout mouvement totalitaire, les mouvances « décoloniale » / islamiste / intersectionnelle / etc. appliquent à la lettre le principe orwellien de l’inversion du sens des mots.
Il est ainsi question d’« indigénisme » et de « décolonialisme », alors que l’indigène est celui qui habite ses terres ancestrales et le colon celui qui lui impose sa propre culture d’origine — il faudrait donc parler de « mouvances anti-indigénistes » et « coloniales ». Idem dès qu’il est question d’« intersectionnalité » — qui est un manichéisme désignant un bouc émissaire —, d’« antiracisme », d’« antifascisme », d’ « inclusifs » – éminents excluants – , de « racisés » – racisants passionnés – , d’« insoumis », etc. Nous parlerons d’ « écologie (dé)coloniale » et d’« (anti-)indigénisme ».

Principe

Ces discours islamistes, (dé)coloniaux, (anti-)indigénistes ou intersectionnels infiltrent progressivement tous les milieux écologistes, comme ils ont infesté et ravagé la presque totalité des débris de la gauche et de ses extrémités.

Le principe fondamental est toujours le même : il s’agit de s’immiscer dans l’auto-critique des sociétés occidentales, non pas pour en reprendre et radicaliser le projet d’émancipation individuelle et collective mais, tout au contraire, afin la mettre au service d’une régression néo-traditionnaliste où prévalent la religion, la communauté, la « race ».
C’est, au fond, la renaissance d’un schéma millénariste où le monde existant, réduit à l’Occident, est intrinsèquement mauvais et dont la destruction fera spontanément surgir une société meilleure. Tous les moyens sont bons ; refus de l’argumentation raisonnable, chantage aux bons sentiments, complotisme victimaire, opportunisme éhonté, insulte, menace et violence.
Cette manipulation, pourtant grossière, n’est rendue possible que parce que les milieux écologistes ont depuis longtemps perdu leur vitalité et leur indépendance idéologique pour se subordonner aux automatismes gauchistes. La convergence entre milieux écologistes, idéologie gauchiste et militants (dé)coloniaux est promise à un bel avenir du fait de l’indigence politico-intellectuelle des premiers, du tropisme totalitaire de la deuxième et de la montée en puissance des troisièmes. Le tout dans un contexte de crises multiples, accélérées et actuellement sans issues praticables, grosses de réactions irrationnelles et de confusions idéologiques.

L’écologie politique, déjà prise en étau entre le techno-scientisme gestionnaire, le gauchisme démagogique et l’environnementalisme culpabilisant, laisse ici entrer un ennemi sournois qui lui donne le baiser de la mort.

L’islamo-écologisme

C’est ainsi, par exemple, qu’un site écologiste connu et reconnu comme Reporterre , dirigé par Hervé Kempf (intelligent, au demeurant [1] ), verse depuis des années dans l’islamophilie, tandis que les Frères Musulmans investissent peu à peu ces préoccupations.

Trois jours après l’exécution du comité de rédaction de Charlie-Hebdo, on se demande à Reporterre « Quelle rencontre entre l’Islam et l’écologie ?  » pour y apprendre, le même jour, que « L’écologie aide à penser la place de l’Islam en France  ». La même année, moins d’une semaine après le massacre du Bataclan, on y entend les saintes paroles d’un musulman écologiste . Certains de ces articles sont de Nabil Ennasri, proche des Frères Musulmans et du Qatar, chargé des questions écologistes chez les mahométants (comme on le voit ici ou ), et écrivant dans Reporterre dès 2011 ; « Les musulmans à l’épreuve du réchauffement climatique ».
Y sévit également une ex-militante du Parti des Indigènes de la République d’Houria Bouteldja, Fatima Ouassak, femme de Youssef Brakni le mentor du sinistre « Comité Adama ». On lui doit quelques articles (« Dans les quartiers populaires, l’écologie semble réservée aux classes moyennes et supérieures blanches »), et elle y est souvent citée voire promue (« Municipales : dans les quartiers, une « écologie populaire » est possible ») et pour cause : elle incarnerait, rien que ça, « L’Écologie du XXIe siècle ». Adoubée par la grande presse, invitée à diverses sauteries d’Europe Écologie Les Verts tout comme aux Rencontres Annuelles des Musulmans de France, elle est promise à un avenir politique certain.
Sur Reporterre, ne manquent pas non plus ni l’éloge de l’islam cool, le Soufisme (« Le soufisme, une voie musulmane vers l’écologie  »), ni Mohammed Taleb, lui aussi spécialisé apparemment dans l’entrisme des milieux écolos : « Il faut faire émerger une théologie musulmane de la nature vivante ».

Tout cela se retrouve depuis des années sur le terrain, avec des collectifs et des associations de plus en plus confrontés à l’infiltration islamiste, comme les AMAP, la permaculture, les éco-lieux et / ou la spiritualité, etc. Et ici encore, Reporterre leur sert a soupe. On lira par exemple un article alambiqué au possible comme « Halal et bio sont-ils compatibles ? Enquête », dans la continuité du média islamiste Saphirnew ; « Le halal, c’est manger bio et végétarien ». Depuis, l’Union Française des Consommateurs Musulmans est née à l’initiative de Yamin Makri, proche de Tariq Ramadan, qu’il préside en compagnie de… Nabil Ennasri et Samy Debah, fondateur du CCIF (récemment dissout). Les islamistes d’Al Kanz nous informent que le Halal se convertit au « Bio »…

A tel point que même nos tout-petits-gentils-Colibris participaient, lors du raout annuel des Frères Musulmans de 2017, à cet appel à l’éco-jihad. On notera que le concept, limpide, de Djihad écologique ne date d’ailleurs pas d’hier...
Après tout, L’ Islam est la religion la plus écologique du monde certifie le maître à penser des Frères Musulmans .

L’écologisme (anti-)indigéniste ou (dé)colonial

Complémentaire et très lié au précédent, le versant (anti-)indigène ou (dé)colonial n’est pas en reste, selon une équation imparable (Problèmes écologiques = blancs donc Solutions écologiques = non-blancs).
Le principe est toujours aussi simple : au nom de l’« intersectionnalité », on réunit toutes les figures du Mal (problèmes écologiques, racisme, inégalités sociales, sexisme, colonisation, etc.) sous une même dénomination (Capitalisme / Occident / Modernité / Blancs / etc) au profit des Autres (Musulmans, Noirs, Non-Occidentaux, Immigrés, etc.).

Il y a à peine besoin de documenter cet entrisme, tant il s’étale au su et au vu de tous, dans les rangs du parti EELV, aujourd’hui ses municipalités de Strasbourg, Lyon, Rennes, Poitiers, Bordeaux,Grenoble, et ses universités d’été où l’on invite par exemple Maboula Soumahoro, militante indigéniste, militante identitaire raciste et antisémite ; dans les alliances locales (appellées par EELV) comme à Beaumont-sur-Oise entre les gouapes du comité Adama Traoré et Génération Climat via Alternatiba ; chez les écolo-gauchistes du PEPS courant après le peuple et qui invitent Danielle Obono et Rokhaya Diallo ; etc. On ne se réjouira pas non plus de voir la revue S !lence lancer son appel : Décolonisons nos luttes...
Au sein même d’EELV des personnalités influentes diffusent ces idéologies malsaines, comme l’abominable Esther Benbassa.

Le tout est évidemment béni par l’inévitable Greta Thunberg qui déclara en revenant des États-Unis que la crise écologique était aussi une « crise des droits humains, de la justice et de la volonté politique. Une crise créée et alimentée par des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux.  ».

Infestation du monde universitaire et éditorial

Le monde universitaire n’en finissant pas de mâchouiller du vide depuis des décennies trouve ici du matériel nouveau.

C’est par exemple Christophe Bonneuil, directeur de la collection « Anthropocène » chez Seuil, qui intitule sobrement une conférence « Quand les blancs voulurent conserver la planète » et édite en 2020 le livre de Malcom Ferdinand du CNRS Une écologie décoloniale , qui sera honoré d’un prix par la Fondation pour l’écologie politique et salué autant par l’inévitable Reporterre que par les étranges militants d’Extinction Rébellion, ou les gauchistes bon teint de Mediapart et évidemment les plus excités du début de la semaine. Chez le même éditeur, on trouvera Arturo Escobar, Sentir-penser avec la Terre. L’écologie au-delà de l’Occident, qui pourfend tranquillement l’humanisme, l’individu et son libre arbitre...

Du côté des éditions « La Découverte », La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique de Razmig Keucheyan explique transuillement que les seules victimes des désastres environnementaux ne sont pas les plus pauvres, mais les fameux « racisés ». Dernièrement, c’est dans le livre assommant de Pierre Charbonnier du CNRS Abondance et liberté. Une histoire environnementale des idées politiques , vanté ad nauseum par tous les canaux médiatiques officiels, que l’on trouvera, la légitimation de tous ces délires (dé)coloniaux, étrangement épargnés par les critiques les moins mystifiés.


Face à ce torpillage en règle, deux attitudes complémentaires ; démasquer ces imposteurs et réfuter sur le fond.


[1On lui doit notamment l’excellent L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (Seuil, 2011), ainsi que Comment les riches détruisent la planète (Seuil, 2007)


Commentaires