Parution des brochures n°26 & 26bis : « Écologie, pandémie & démocratie directe »

mercredi 20 mai 2020
par  LieuxCommuns

Ce texte fait partie de la brochure n°26 & 26bis

« Écologie, pandémie & démocratie directe »


L’écologie politique dans la crise mondiale

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Peut-être faut-il envisager la pandémie de Covid-19 comme la première crise écologique planétaire ? Les mesures exceptionnelles prises et les crises en cascade déclenchées préfigureraient alors le monde dans lequel nous entrons. C’est celui de l’écologie politique, qui renferme des moyens d’asservissement encore jamais vus comme la possibilité de retrouver les ressorts démocratiques de nos sociétés.

Il n’est pas difficile d’entrevoir ce que pourrait être un régime autoritaire se légitimant des risques entraînés par les risques naturels, les déséquilibres de la biosphère et l’épuisement de ses ressources. Un État soutenu par une élite scientifique régenterait, pour le « bien » de tous, une population infantilisée et paniquée, administrée et réprimée selon des statuts différenciés. Un tel totalitarisme écologique, redouté de longue date, mettrait certainement fin au consumérisme consternant de nos sociétés de masse, mais entérinerait la perpétuation du pillage mondial des richesses terrestres. Cette perspective cauchemardesque ne serait, au fond, que le prolongement des tendances lourdes de ces dernières décennies, qui ont vu les peuples s’en remettre à leurs oligarchies à mesure que les problèmes s’amoncelaient, et la naissance de nouveaux courants apocalyptiques.

Une écologie politique conséquente ne pourrait que renouer avec tous les grands problèmes politiques que la mondialisation de l’american way of life avait cru dissoudre dans le politiquement correct. Il nous faudrait passer outre les nouvelles orthodoxies idéologiques pour reprendre toutes les questions, abyssales, portées par la modernité. L’horizon de démocratie dire­cte porte en lui le germe qui permettrait de redéfinir les rapports que cha­cun entretien avec la société, la technique, la science, la nature. Cet arrêt ra­di­cal des basculements en cours ne sera pas mené par quelques philosophes et encore moins par des populations affolées de voir leur monde dispa­raî­tre inéluctablement, mais bien par la réappropriation lucide, par le plus grand nombre, de la chose publique, la res publica, dans toutes ses dimensions.

Mais les peuples, coincés entre les « fins de mois » et les « fins du monde », taraudés par la jouissance et l’angoisse, peuvent-ils et surtout veulent-ils encore faire l’histoire comme ils l’ont faite pendant des siècles ?

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