| Création : juin 2013 — Màj juin 2026 : mise en page — Version 10.3 |
1 – Rester dans le réel
L’enjeu d’internet dans nos vies
- Loin d’être le domaine de la rationalité, l’informatique est le lieu de fantasmes, de rêves et de mythes et le rapport que beaucoup entretiennent avec « leur » téléphone portable est littéralement magico-religieux.
- L’utilisation d’internet ne nous semble donc pas un progrès en soi. Passé l’enthousiasme infantile, chacun constate que l’informatisation généralisée génère isolement, bureaucratie, analphabétisme, déliquescence et montée des barbaries. Rien de surprenant : les techniques appartiennent à la société et chacune traduit, induit, développe, accompagne et exacerbe une série de comportements précis qui impliquent l’attitude et l’attention de l’utilisateur, ses réflexes, ses postures, sa pensée, sa personnalité tout au long de sa vie et, au-delà, participe pleinement à un façonnement profond de la société entière. Tendanciellement, la course en avant actuelle des réseaux numériques correspond à une fuite de la réalité (tout en l’aggravant en retour), un échappatoire face à la condition humaine, à l’existence terrestre et sa finitude.
- De tous points de vue, garder son humanité exige de limiter ses points de contact avec cette réalité virtuelle, cette « surréalité ».
Internet et ses mythes
- Les rêveries sur la « dématérialisation », c’est-à-dire la fin du tragique de la finitude, se sont dissipées : les techniques électroniques impliquent toute la chaîne industrielle planétaire et requièrent pour leur fabrication un grand nombre de composants provenant des sous-sols du monde entier (hydrocarbures, métaux, terres rares) difficilement réutilisables. Le fonctionnement lui-même des réseaux informatiques consomme à lui seul une quantité énorme et croissantes d’énergie et pas uniquement électrique.
- Tout autant, la « solidité » du web est une illusion qui soumet le fonctionnement de la société à une multitude de pannes, de bugs, de « plantages » de crashs sans compter les piratages, sabotages, vols et chantages.
- L’image de « l’internaute » seul devant son écran est totalement illusoire : il est pris immédiatement et à son insu dans une maille serrée de réseaux de surveillances, de manipulations, de contrôle et de dépendances, non seulement à la merci d’États, d’administrations et de trusts, d’industriels et de commerciaux, de pirates et de maffias. Qu’il pense n’avoir « rien à cacher » montre seulement qu’il rationalise sa soumission (comme il est d’usage aujourd’hui).
Ce qu’il est possible de faire
- Plus techniquement, les périls sont trivialement de trois sortes mais entremêlées : la malveillance et le piratage, la collecte de données et la soumission aux grands trusts du numérique.
- La sécurité informatique, tant individuelle que collective, est une chimère à tous les niveaux et les mesures à prendre sont des précautions comparables au fait de se brosser les dents, poser un antivol sur un vélo ou laver une pomme : c’est-à-dire à l’efficacité limitée mais indispensable.
2 – Acquérir des réflexes
Automatismes de bases
- Quelques réflexes sont a acquérir pour éviter les ennuis les plus courants, aussi basiques que souvent négligés, comme la séparation des sphères (professionnelles, personnelles, militantes), la gestion des mots de passe, la mise à jour du matériel, les sauvegardes régulières, etc.
- Tout cela est connu, et rappelé sur des sites officiels de cybersécurité français ici ou là ou canadiens ou encore celui de la CNIL, qu’il n’est jamais mauvais de parcourir. On peut même suivre un petit programme de sensibilisation.
Économies d’énergie
- Internet consomme énormément, et les mesures individuelles sont aujourd’hui discréditées, ce qui les rend dérisoires. Il est possible de mesurer sa consommation en temps réel sur son navigateur avec le plugin Carbonalyser. Il est facile de trouver quelques conseils de bon sens pour diminuer (un peu) ce monumental gaspillage, comme ici ou là, le principal étant évidemment l’abstinence.
- Les logiciels libres que nous préconisons (cf. infra) sont logiquement plus sobres que les logiciels propriétaires, ne serait-ce que parce qu’ils n’envoient pas en permanence de données sur le comportement utilisateur.
3 – Choisir son matériel
Éviter l’« enfermement propriétaire » des GAFAM & Co
- Aucune technique n’étant neutre, les machines, les formats, les logiciels et les protocoles les plus courants et émanant de la Big Tech sont autant de dispositifs propriétaires de contrôle, de dépendance, et de manipulation (Cf. par exemple pour Chrome) mais aussi d’obsolescence programmée et d’obscurantisme numérique.
- Il conviendrait donc d’éviter, autant que possible, toutes les productions des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ou leurs équivalents Chinois (BHATX : Baidu, Huawei, Alibaba, Tencent et Xiaomi) ou Russes (YVMOR : Yandex, VKontakte, Mail.ru, Odnoklassniki et Rambler) au profit des solutions libres (logiciels, formats et protocoles), préférables de tous points de vue, et cela est possible sur tous types de machines.
Adopter formats ouverts, logiciels libres, protocoles standards
On trouvera sur la page suivante, « Nos recommandations de logiciels libres », une présentation plus complète des formats ouverts, logiciels libres, protocoles standards.
- Formats ouverts. Ces formats aux spécifications publiques garantissent que les documents soient accessibles, interopérables et lisibles à long terme, par n’importe quel logiciel et sur n’importe quelle machine, sans dépendre d’un éditeur privé.
- Logiciels libres. Au prix de quelques (petites) habitudes (à prendre), il est souvent facile de passer aux logiciels libres, qui privilégient les formats ouverts et se montrent, comparativement aux autres, moins intrusifs ; dénués de publicité ; moins opaques et plus durables ; moins gourmands en ressources ; moins technocratiques.
- Protocoles standards. Ce sont eux qui permettent une communication directe entre pairs sans intermédiaires centralisés et garantissent la pérennité et l’interopérabilité des échanges et sont à ce titre à privilégier, comme HTTPS, SMTP/IMAP, OpenPGP, etc.
Adapter ses appareils
- Un « vieil » ordinateur peut être quasiment remis à neuf en lui installant un système d’exploitation moins gourmand. Des gens se proposent de reconditionner de vieilles machines, et cela pourrait largement suffire aux quatre cinquièmes des internautes actuels… Parallèlement, il semblerait que l’on trouve de bonnes occasions ici sans parler du travail remarquable autour d’Emmaubuntu.
- L’achat d’appareils reconditionné s’est généralisé, et c’est une bonne chose. Il en existe aujourd’hui avec Linux déjà installé, tout comme des smartphones (cf. infra).
4 – Assurer sa sécurité
Configurer son matériel
- L’excellente application Exodus repère les mouchards du téléphone. Quelques conseils de base sont alors faciles à suivre et on utilisera avec profit NetGuard ; LibreAV et Hypatia.
- Chaque logiciel (libre !) garantit une sécurité minimale, qui peut être augmentée. Ainsi sur Firefox il existe une gamme de configuration importante (assistée ici [en] par exemple), et il est possible d’y ajouter quantité d’« extensions » dont on trouvera un échantillon « ici »
- Souvent oubliés, les « résolveurs DNS » peuvent être changés en quelques minutes en choisissant les français FDN et on le vérifie ici.
Des mails plus sécurisées
- Outre le fait qu’il est indispensable de cloisonner ses différentes boîtes mail (travail, loisir, politique, commerce, etc.), il est également possible d’ouvrir des comptes mail un peu moins vulnérables, et on en trouve « ici » ou là. Certains sites aident à la migration, comme « Le Démailnagement ».
- On évitera cependant des serveurs trop militants, qui peuvent supprimer votre boîte si votre utilisation leur déplaît (comme cela nous est arrivé)...
- En complément, il est prudent d’utiliser Thunderbird qui permet au passage de chiffrer ses courriers si la boîte ne le fait pas d’elle-même.
Assurer un minimum de confidentialité
- On peut voir les informations divulguées par sa navigation sur Anonymat.org ou encore Cover yourstracks (en). Cela peut se limiter par une configuration efficace du navigateur et quelques extensions, mais rien ne rivalise avec le navigateur Tor et/ou l’utilisation d’un VPN (forcément payant). Sur smartphone, toute la gamme des applications du Guardian Project est précieuse. Certes, un bon nombre de site, pour se protéger, refusent ce genre de connexions et se rendent inaccessibles...
- Concernant les messageries Deku est l’unique application libre de messagerie universelle SMS/MM qui crypte les messages pour un destinataire qui l’a également installée.
- Pour les messageries plus élaborées, beaucoup d’autres existent, ainsi que des comparatifs. Il semblerait que, de plusieurs points de vue, se distingue le protocole XMPP, avec Conversations. On se reportera à la section « messageries » de notre page « Recommandations-de-logiciels-libres ».
5 – Mettre les mains dans le cambouis
Se faire du souci
- Non, l’utilisation adulte de l’informatique n’est pas « simple », sinon à condition d’opérer une reddition sans condition. La simplicité, la rapidité, la fluidité, la gratuité, etc. se payent au prix cher, dont personne ne veut entendre, ou par petit bout, au fil de l’actualité.
- Plus que n’importe quelle technique, l’utilisation du numérique pose de multitude de problèmes qu’il faudrait affronter à plusieurs niveaux, sachant qu’il n’existe aucune solution définitive, et encore moins clefs en main, dans ce domaine hypercomplexe et en perpétuelle évolution.
- Cela demande donc de « se faire du souci » quant à la question, de s’interroger, de tâtonner, de s’informer, de changer ses habitudes, de chercher…
Quitter Windows et/ou Android et/ou iOS
On ne saurait trop, finalement, inciter à basculer de ces machines d’asservissement comme Windows, Android ou iOS à des systèmes plus ouverts.
- Il y a pour les PC les excellentes distributions Gnu/Linux très adaptables comme Ubuntu ou, très axé sur la sécurité, Tails pour lesquels on trouve facilement de l’aide. Certains ordinateurs sont natifs (cf. supra).
- Pour les smartphones, cela peut aussi se faire manuellement, mais plus difficilement. Certains sont pré-installés (comme ici) mais hors de prix, et il faut alors se tourner vers des associations comme « Électrocycle ».
S’informer
La plupart des sites référencés sur cette page, y compris de logiciels, offrent des pistes très intéressantes à explorer.
- On peut citer en plus le très bon site La communauté collaborative de défense de la vie privée , le Guide d’autodéfense numérique ou quelques brochures militantes, la très utile Autoprotection Digitale Contre la Surveillance, la bien modérée Commission nationale informatique et liberté, ainsi que les associations Framasoft et Framablog et April qui promeuvent les logiciels libres, La quadrature du Net spécialisée dans la « techno-police » ou le célèbre site Korben .
Lire la page suivante : « Recommandations de logiciels et applications libres »



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