À l’internaute : recommandations techniques

Internet et bon sens 1/3
vendredi 25 octobre 2024
par  LieuxCommuns

Sur cette page, quelques remarques rapides, réflexions, conseils et réflexes à propos de l’outil « Internet » tel que nous l’utilisons, et ce que nous estimons être des lieux communs sur le sujet.

Elle est la première dans un ensemble de trois volets, qui peuvent se lire indépendamment :

L’informatique n’est qu’un « simple outil » pour la plupart d’entre nous. Mais aucun outil n’est « simple » et tous impliquent une certaine société – celle qui l’a conçu. L’utilisation d’une technique n’a donc rien de neutre et est immédiatement, mais implicitement, politique. Sur les internets comme partout, et particulièrement concernant l’activité politique, LA solution absolue et définitive n’existe pas et l’activité délibérante du groupe comme de l’individu est requise.
Le minimum que nous aurions à dire tourne autour de quelques principes qui pourraient rendre internet moins infréquentable : Décentralisation ; Neutralité ; Confidentialité ; Standards ; Accessibilité ; Démocratie ; Sobriété.


Création : juin 2013 — Màj juin 2026 : mise en page — Version 10.3

1 – Rester dans le réel

L’enjeu d’internet dans nos vies

  • Loin d’être le domaine de la rationalité, l’informatique est le lieu de fantasmes, de rêves et de mythes et le rapport que beaucoup entretiennent avec « leur » téléphone portable est littéralement magico-religieux.
  • L’utilisation d’internet ne nous semble donc pas un progrès en soi. Passé l’enthousiasme infantile, chacun constate que l’informatisation généralisée génère isolement, bureaucratie, analphabétisme, déliquescence et montée des barbaries. Rien de surprenant : les techniques appartiennent à la société et chacune traduit, induit, développe, accompagne et exacerbe une série de comportements précis qui impliquent l’attitude et l’attention de l’utilisateur, ses réflexes, ses postures, sa pensée, sa personnalité tout au long de sa vie et, au-delà, participe pleinement à un façonnement profond de la société entière. Tendanciellement, la course en avant actuelle des réseaux numériques correspond à une fuite de la réalité (tout en l’aggravant en retour), un échappatoire face à la condition humaine, à l’existence terrestre et sa finitude.
  • De tous points de vue, garder son humanité exige de limiter ses points de contact avec cette réalité virtuelle, cette « surréalité ».

Internet et ses mythes

  • Les rêveries sur la « dématérialisation », c’est-à-dire la fin du tragique de la finitude, se sont dissipées : les techniques électroniques impliquent toute la chaîne industrielle planétaire et requièrent pour leur fabrication un grand nombre de composants provenant des sous-sols du monde entier (hydrocarbures, métaux, terres rares) difficilement réutilisables. Le fonctionnement lui-même des réseaux informatiques consomme à lui seul une quantité énorme et croissantes d’énergie et pas uniquement électrique.
  • Tout autant, la « solidité » du web est une illusion qui soumet le fonctionnement de la société à une multitude de pannes, de bugs, de « plantages » de crashs sans compter les piratages, sabotages, vols et chantages.
  • L’image de « l’internaute » seul devant son écran est totalement illusoire : il est pris immédiatement et à son insu dans une maille serrée de réseaux de surveillances, de manipulations, de contrôle et de dépendances, non seulement à la merci d’États, d’administrations et de trusts, d’industriels et de commerciaux, de pirates et de maffias. Qu’il pense n’avoir « rien à cacher » montre seulement qu’il rationalise sa soumission (comme il est d’usage aujourd’hui).

Ce qu’il est possible de faire

  • Plus techniquement, les périls sont trivialement de trois sortes mais entremêlées : la malveillance et le piratage, la collecte de données et la soumission aux grands trusts du numérique.
  • La sécurité informatique, tant individuelle que collective, est une chimère à tous les niveaux et les mesures à prendre sont des précautions comparables au fait de se brosser les dents, poser un antivol sur un vélo ou laver une pomme : c’est-à-dire à l’efficacité limitée mais indispensable.

2 – Acquérir des réflexes

Automatismes de bases

  • Quelques réflexes sont a acquérir pour éviter les ennuis les plus courants, aussi basiques que souvent négligés, comme la séparation des sphères (professionnelles, personnelles, militantes), la gestion des mots de passe, la mise à jour du matériel, les sauvegardes régulières, etc.
  • Tout cela est connu, et rappelé sur des sites officiels de cybersécurité français ici ou ou canadiens ou encore celui de la CNIL, qu’il n’est jamais mauvais de parcourir. On peut même suivre un petit programme de sensibilisation.

Économies d’énergie

  • Internet consomme énormément, et les mesures individuelles sont aujourd’hui discréditées, ce qui les rend dérisoires. Il est possible de mesurer sa consommation en temps réel sur son navigateur avec le plugin Carbonalyser. Il est facile de trouver quelques conseils de bon sens pour diminuer (un peu) ce monumental gaspillage, comme ici ou , le principal étant évidemment l’abstinence.
  • Les logiciels libres que nous préconisons (cf. infra) sont logiquement plus sobres que les logiciels propriétaires, ne serait-ce que parce qu’ils n’envoient pas en permanence de données sur le comportement utilisateur.

3 – Choisir son matériel

Éviter l’« enfermement propriétaire » des GAFAM & Co

  • Aucune technique n’étant neutre, les machines, les formats, les logiciels et les protocoles les plus courants et émanant de la Big Tech sont autant de dispositifs propriétaires de contrôle, de dépendance, et de manipulation (Cf. par exemple pour Chrome) mais aussi d’obsolescence programmée et d’obscurantisme numérique.
  • Il conviendrait donc d’éviter, autant que possible, toutes les productions des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ou leurs équivalents Chinois (BHATX : Baidu, Huawei, Alibaba, Tencent et Xiaomi) ou Russes (YVMOR : Yandex, VKontakte, Mail.ru, Odnoklassniki et Rambler) au profit des solutions libres (logiciels, formats et protocoles), préférables de tous points de vue, et cela est possible sur tous types de machines.

Adopter formats ouverts, logiciels libres, protocoles standards

On trouvera sur la page suivante, « Nos recommandations de logiciels libres », une présentation plus complète des formats ouverts, logiciels libres, protocoles standards.

  • Formats ouverts. Ces formats aux spécifications publiques garantissent que les documents soient accessibles, interopérables et lisibles à long terme, par n’importe quel logiciel et sur n’importe quelle machine, sans dépendre d’un éditeur privé.
  • Logiciels libres. Au prix de quelques (petites) habitudes (à prendre), il est souvent facile de passer aux logiciels libres, qui privilégient les formats ouverts et se montrent, comparativement aux autres, moins intrusifs ; dénués de publicité ; moins opaques et plus durables ; moins gourmands en ressources ; moins technocratiques.
  • Protocoles standards. Ce sont eux qui permettent une communication directe entre pairs sans intermédiaires centralisés et garantissent la pérennité et l’interopérabilité des échanges et sont à ce titre à privilégier, comme HTTPS, SMTP/IMAP, OpenPGP, etc.

Adapter ses appareils

  • Un « vieil » ordinateur peut être quasiment remis à neuf en lui installant un système d’exploitation moins gourmand. Des gens se proposent de reconditionner de vieilles machines, et cela pourrait largement suffire aux quatre cinquièmes des internautes actuels… Parallèlement, il semblerait que l’on trouve de bonnes occasions ici sans parler du travail remarquable autour d’Emmaubuntu.
  • L’achat d’appareils reconditionné s’est généralisé, et c’est une bonne chose. Il en existe aujourd’hui avec Linux déjà installé, tout comme des smartphones (cf. infra).

4 – Assurer sa sécurité

Configurer son matériel

  • Chaque logiciel (libre !) garantit une sécurité minimale, qui peut être augmentée. Ainsi sur Firefox il existe une gamme de configuration importante (assistée ici [en] par exemple), et il est possible d’y ajouter quantité d’« extensions » dont on trouvera un échantillon « ici »

Des mails plus sécurisées

  • Outre le fait qu’il est indispensable de cloisonner ses différentes boîtes mail (travail, loisir, politique, commerce, etc.), il est également possible d’ouvrir des comptes mail un peu moins vulnérables, et on en trouve « ici » ou . Certains sites aident à la migration, comme « Le Démailnagement ».
  • On évitera cependant des serveurs trop militants, qui peuvent supprimer votre boîte si votre utilisation leur déplaît (comme cela nous est arrivé)...
  • En complément, il est prudent d’utiliser Thunderbird qui permet au passage de chiffrer ses courriers si la boîte ne le fait pas d’elle-même.

Assurer un minimum de confidentialité

  • Concernant les messageries Deku est l’unique application libre de messagerie universelle SMS/MM qui crypte les messages pour un destinataire qui l’a également installée.
  • Pour les messageries plus élaborées, beaucoup d’autres existent, ainsi que des comparatifs. Il semblerait que, de plusieurs points de vue, se distingue le protocole XMPP, avec Conversations. On se reportera à la section « messageries » de notre page « Recommandations-de-logiciels-libres ».

5 – Mettre les mains dans le cambouis

Se faire du souci

  • Non, l’utilisation adulte de l’informatique n’est pas « simple », sinon à condition d’opérer une reddition sans condition. La simplicité, la rapidité, la fluidité, la gratuité, etc. se payent au prix cher, dont personne ne veut entendre, ou par petit bout, au fil de l’actualité.
  • Plus que n’importe quelle technique, l’utilisation du numérique pose de multitude de problèmes qu’il faudrait affronter à plusieurs niveaux, sachant qu’il n’existe aucune solution définitive, et encore moins clefs en main, dans ce domaine hypercomplexe et en perpétuelle évolution.
  • Cela demande donc de « se faire du souci » quant à la question, de s’interroger, de tâtonner, de s’informer, de changer ses habitudes, de chercher…

Quitter Windows et/ou Android et/ou iOS

On ne saurait trop, finalement, inciter à basculer de ces machines d’asservissement comme Windows, Android ou iOS à des systèmes plus ouverts.

S’informer

La plupart des sites référencés sur cette page, y compris de logiciels, offrent des pistes très intéressantes à explorer.

Lire la page suivante : « Recommandations de logiciels et applications libres »


Commentaires

A l’internaute...
dimanche 3 avril 2016 à 15h35

Merci bien ! Très bons conseils moi qui n’y connaissais rien. C’est clair et pratique au moins, c’est pas trop compliqué, enfin je n’ai pas tout appliqué jusqu’au bout. Bravo parce qu’on en parle pas beaucoup, alors que ça change un peu les choses quand même, c’est pas courant. Et c’est cohérent, vous vous positionnez clairement sur Internet. Félicitations.

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