Survivre au désastre et se préparer au pire

lundi 9 juillet 2012
par  LieuxCommuns

Bertrand Vidal, « Survivre au désastre et se préparer au pire », Les cahiers psychologie politique (En ligne), numéro 20

Résumé

Dans cet article, nous essayerons de comprendre le mouvement « survivaliste » à travers un paradoxe : bien que notre société soit de plus en plus sûre, que nous soyons de mieux en mieux protégés contre les divers aléas et que nous assistons à une rationalisation croissante des dangers, les imaginaires de la Fin du monde ne cessent de croitre, faisant le bonheur des nouveaux fanatismes de l’apocalypse. Le « survivalisme » (des années 1960) et le mouvement « prepper » (des années 2000), constitués en réaction aux peurs et aux angoisses sociétales du moment, se rejoignent tout deux sur un point : pour survivre aux désastres qui s’annoncent, l’homme doit retrouver le primitif qui sommeille en lui. Abstract

In this paper we will try to understand the “survivalist” movement, through a paradox : while our society is becoming more secure, while we are becoming better protected against the various risks and while that we are seeing an increasing rationalization of dangers, the imaginary of the End of the World is growing, making the happiness of the new fanaticism of the Apocalypse. Made in response to societal fears and anxieties of the moment, the « Survivalism » (1960’s) and the « prepper » movement (2000’s) assert the same way : to survive, we must “back to Nature” and “go Primitive”.

Table des matières

  • Introduction
  • Croire en l’apocalypse
  • « Il faudrait être fou pour ne pas se préparer »
  • Esprit du temps, survivalisme et soif des origines

Introduction

Plus radicaux que les catastrophistes1 et un tantinet anarcho-primitivistes2, les survivalistes (ou encore les « preppers »3 ou les « doomers »4) croient fermement en l’imminence de désastres d’ampleur cataclysmique, d’une gigantesque récession économique, d’une méga-pandémie à l’échelle mondiale, d’un tsunami d’amplitude planétaire, du Big One, de l’extinction massive de notre espèce, de fin du monde du 21 décembre 2012, etc. Bien plus encore, ils anticipent l’effondrement de notre civilisation moderne et urbaine, de notre mode de vie actuel et de ses adjuvants (la domination étatique, « l’agri-business », l’économie globalisée, le pétrole, l’électricité, l’informatique, la ville, la relative paix entre les nations, la sécurité, etc.) et se préparent (tant physiquement, que spirituellement ou économiquement) au pire… qui va nécessairement advenir.

Discret mais déterminé, le mouvement survivaliste s’amplifie dans les pays développés jour après jour. Par exemple, moribond au début des années 2000 (quelques récalcitrants du bogue de l’an 2000), en 2011, « Google Blogs » recense plus de 496 000 activités et sujets relatifs au survivalisme (certains sites internet dénombrent plus de 5 000 visiteurs par jour), sans compter la multiplication des guides d’évacuations et de leçons de survie distribués par les gouvernements (essentiellement le Canada et les Etats-Unis) et les organisations non-gouvernementales (notamment la Croix Rouge) ou encore la popularité d’émissions de télévision comme Koh-Lanta en France, Man Versus Wild au Etats-Unis, L’Expédition Robinson en Suède.

Le survivalisme est un terme – issu de l’anglais Survival (en français survivance) plus le suffixe « -isme » (doctrine ou pratique) – inventé par Kurt Saxon (Né Donald Eugene Sisco en 1932, dont le récit de vie serait très intéressant à décrypter, car il montre un itinéraire intellectuel et politique sommes toutes révélateur d’une manière de penser propre à certains survivalistes : ancien membre de l’American Nazi Party, puis des Minutemen, puis du Church of Scientology et enfin du Church of Satan, dans les années 1970, il est inculpé pour incitation au terrorisme par ses livres, The Poor Man’s James Bond, décrivant les méthodes de préparation de bombes artisanales à utiliser contre ce qu’il nomme les ennemis de la nation : anarchistes, gauchistes et étudiants.) pour décrire le mode de vie des pionniers de l’ouest américain, leurs ingéniosités et leurs aptitudes à survivre en milieu hostile et aussi valoriser la rencontre de l’homme avec la nature. En soi, la pratique survivaliste – mis à part ses penchants anti-gouvernementaux et ses accusations d’hyper-individualisme (libertarianisme) – et plus généralement la pratique des « preppers » se caractérisent par la prise de mesure de sécurité comme stocker de l’eau, des pastilles d’iodes, des conserves alimentaires, du carburant ou tout autre matériel de survie et de soin (en moyenne l’investissement des survivalistes ou « preppers » que nous avons rencontré oscille entre 300 € et 4000 € par foyer pour un kit complet avec masque à gaz, purificateur d’eau, combinaison étanche, etc., sans compter la sécurité de la maison), ou encore par l’apprentissage de techniques dites de survie comme faire du feu, purifier l’eau, se défendre, se confectionner une combinaison étanche, se mouvoir discrètement, construire un abri sûr, protégé et… piégé, etc. Le but étant d’être prêt en cas d’urgence, comme une catastrophe naturelle, une guerre biologique, un accident nucléaire, une pénurie d’électricité, d’eau ou de carburant, une crise économique, une pandémie, une révolte sociale, voire même une attaque de … zombies5. Autrement dit, tout le panorama des imaginaires de la fin du Monde.

Dans cet article, nous tenterons de rendre compte de la manière la plus objective qui soit (nous n’aborderons pas l’opportunité économique du survivalisme bien que majeure, suite au multiples peur : an 2000, crise de 2008, fin du monde en 2012, bug de 2038, etc.) du mouvement survivaliste aujourd’hui, suite à un travail de terrain – bien difficile vue la culture du secret qui règne au fond de l’abri nucléaire – et d’une imprégnation aux idées et à la philosophie survivalistes via le nombres sans cesse croissant de livres, de vidéos, d’espaces web dédiés à la préparation aux crises.

Pour grossir le trait, la philosophie survivaliste consiste comme le dit le capitaine Dave (célèbre bloggeur américain dispensant nombres de conseils pour s’organiser en bon survivaliste) « mettez vos lunettes de pessimiste et examiner tout ce qui pourrait aller mal et qui pourrait avoir une incidence directe sur votre propre vie, cela pour au minimum cinq ans »6, en bref, imaginer le pire. Et parce que le pire nous attend et que le millénaire qui arrive est et sera jalonné de multiples crises, il faut impérativement s’y préparer car l’homme d’aujourd’hui, l’occidental consommateur, urbain, métropolitain, est un homme en défaut, une sorte d’infirme de guerre ou de mutilé de la civilisation qui a perdu les « compétences » (naturelles, primitives, sauvages, etc.) car trop éloigné de la Nature et trop éloigné de sa nature.

Ce qu’il y a de remarquable dans ces nouveaux millénarismes, c’est que, bien que notre société soit de plus en plus sûre, que nous soyons de mieux en mieux protégés face aux catastrophes et que l’on assiste à une rationalisation des dangers et des menaces, paradoxalement, loin de disparaître, les peurs sont de plus en plus présentes dans les esprits (au quotidien via les chaines d’information 24 heures sur 24, internet, etc. mais aussi avec le manque de sens que formule la science moderne et la « rationalisation du monde ») et l’imaginaire des dangers et de la Fin ne cesse de croître, de manière spectaculaire (le film 2012, fin du monde est un exemple typique de cette fascination malsaine éprouvée pour le désastre), jusqu’à créé des formes de sous-cultures en réaction à la peur : de leurs mots, les survivalistes ne sont pas nés de la peur mais ils sont une « réaction » contre l’aliénation ambiante et les peur sociales et comme tout millénarisme, ils sont ceux qui annoncent « l’heure de vérité »7.

Croire en l’apocalypse

Paradoxalement, s’il est vrai qu’avec le spécialiste de la sociologie de la cognition et des croyances, Gérald Bronner, l’on peut soutenir que « notre rapport au monde peut se faire selon deux modalités : la connaissance et la croyance »8 – la science et l’espérance, pourrait-on dire –, il est aujourd’hui indéniable que la science, le domaine privilégié de la connaissance objective et rationnelle, peut introduire à l’irrationnel et à la croyance. Le sociologue Jean-Bruno Renard dans son livre sur le « phénomène ovni » illustre parfaitement ce paradoxe9. Préoccupée à la recherche d’une forme de vie extraterrestre intelligente, la communauté scientifique, dès 1961, proposait une équation à sept inconnues (équation de Drake) permettant d’estimer le nombre de civilisations observables dans notre galaxie. Mais lorsque l’on se rendit compte qu’il s’avérait très difficile de déterminer avec précision l’ensemble des facteurs, et que la formule pouvait signifier tant l’existence d’une seule civilisation, la notre, que d’une infinité, la confusion naquit. Incapable d’affirmer ou d’infirmer « scientifiquement » l’existence d’une civilisation extraterrestre, la « croyance scientifique » prenait le pas sur la « connaissance scientifique », et loi d’avoir contribuée à la « mort de Dieu » sous couvert de scientificité se formaient déjà les premières « églises » et « fervents adeptes soucoupistes ».

Le phénomène est sensiblement identique en ce qui concerne les survivalistes. En 1947, peu de temps après les bombardements atomiques des villes de Hiroshima et Nagasaki, les scientifiques atomistes de l’université de Chicago se réunissaient pour élucider une question qui était autrefois du domaine de la théologie : a quand la fin du monde ? Face aux lourdes menaces qui pèsent sur l’humanité (la course aux armements nucléaires dans la Guerre Froide, mais aussi au fil du temps les défis de l’énergie et des hydrocarbures, les dangers liés au réchauffement climatiques, les risques inhérents au développement irraisonné des nouvelles technologies, les nanotechnologies et les biotechnologies, les problèmes que posent la surpopulation, les inégalités structurelles, etc.), notre civilisation va-t-elle disparaître ?

Dans cette perspective, les chercheurs atomistes ont élaboré un outil conceptuel apte à rendre compte du temps qui nous reste à vivre : le Doomsday Clock (« Horloge de l’Apocalypse »)10, dont minuit symbolise la date fatidique de la fin des temps. La « croyance scientifique en la fin du monde » pouvait alors s’épanouir, et cela se vérifia assez rapidement. Car, à l’exemple de l’équation de Drake, les paramètres entrant en jeu dans la précision de l’horloge relèvent avant tout de la dextérité de l’horloger, ou de la subjectivité et des valeurs du scientifique da ns le cas présent ; et ce qu’il s’avère primordial de reconnaitre, c’est que, en s’emparant des thèmes de l’apocalypse, loin de rendre compte objectivement de la fin des temps, les scientifiques atomistes ont, d’un point de vue sociologique et cognitif, permis la sécularisation et la désacralisation de l’eschatologie. L’apocalypse devient désormais scientifique et peut être l’apanage de « fanatiques de l’apocalypse »11 séculiers. Qui plus est aujourd’hui, de l’alignement des planètes le 21 décembre 2012 aux thèses anthropo-réchauffistes12 en passant par les annonciateurs de la « bombe P » (explosion démographique), sous l’apparence du discours scientifique, les preuves de la fin du monde s’imposent dans nombres de secteurs de la vie publique. Ainsi, introduit par une croyance que l’on ne peut ni affirmer ni infirmer, et « pari pascalien » aidant, comme ils ont tendance à le dire, « il faudrait être fou pour ne pas se préparer ! ».

Ainsi, outre les productions culturelles comme la littérature de science-fiction, le cinéma-catastrophe, ou autres, à la fois reflet et produit de « l’ambiance sociale »13, essentiellement c’est sensiblement à la même période, aux Etats-Unis, qu’apparaissent les premiers groupes et mouvances nourris à l’imaginaire scientifique et profane de la fin : les survivalistes. Né dans les années 1960, le mouvement survivaliste, inspiré tant par les droites et les extrêmes droites libertariennes Nord-Américaines que par l’Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours14 et appuyé par un esprit plus ou moins avoué de critique du mode de vie moderne et urbain, se nourrit des peurs et angoisses qui traversent la psychè collective d’une époque : en bref, l’histoire du survivalisme répond de l’histoire culturelle de la peur et, quand la peur collective mue, le survivalisme renouvelle son catéchisme.

En ce sens l’on voit, en résumant quelque peu grossièrement le trait, se constituer trois tendances dans l’évolution du mouvement, impulsées par les peurs latentes ou manifestes du moment. Dès l’origine, le mouvement se construit sur un désir d’autonomie et d’autosuffisance formulé en contrepoint des spectres de la dévaluation monétaire suite à la hausse de l’inflation aux Etats-Unis dans les années 1960, d’une crise des énergies amorcée au début des années 1970, notamment le pétrole et des préoccupations grandissantes autour d’une éventuelle guerre nucléaire ; le tout nuancé par l’incapacité des gouvernements et des centres urbains à répondre et résister à de tels événements. Par la multiplication de manuels de défense civile publiés par les gouvernements15, par l’éducation scolaire aux mesures d’urgence en cas de bombardements atomiques, par nombres d’articles et d’ouvrages aux accents conservateurs et libertariens16, l’éthique de la survie s’installe dans les consciences, et s’organise en mouvement, dont Kurt Saxon, dans le bulletin mensuel, The Survivor (publié avec le concours des imprimeries du party nazi Américain), donne le nom de « survivalism », tandis que l’éco-architecte et futuriste, Don Stephens propose le terme de « survival retreat », c’est-à-dire de retraite pour la survie, qui en soit n’est qu’une évacuation des villes quand la société se décompose pour retrouver le paradis et la sécurité des campagnes ! Le terme tombe vite en désuétude, mais l’idée persiste.

Ensuite vient la période 1980-2000, marquée chez les survivalistes par la diminution des peurs liées à la famine, la pénurie d’énergie, à la crise économique et par l’apparition de termes nouveaux comme l’« hiver nucléaire » ou l’« Apocalypse nucléaire ». D’ailleurs, Google Ngram, l’outil de bibliométrie de Google Books, illustre à merveille le phénomène : les termes « nuclear winter » ou en français « hiver nucléaire » apparaissent au cours de l’année 1982, avant ils sont totalement inexistant17, et culminent jusqu’en 1987, chutent pour se stabiliser au milieu des années 1990, pour faire partie intégrante de la culture populaire (fiction et information populaire) et n’être plus uniquement du domaine de la chimie atmosphérique. En général, les peurs se cristallisent sur la figure de l’hybris technologique : peur du nucléaire, peur des nanotechnologies, peur des biotechnologies, pour culminer lors du passage de l’an 2000 avec le désastreux, aujourd’hui devenu hilarant18, bogue qui l’accompagne, alliage du chiliasme informatique et religieux. En réalité, durant cette période, l’idée qui sous-tend le survivalisme, dans une certaine mesure, a échappé à ses adeptes et les productions culturelles et médiatiques se sont approprié « l’imaginaire social » (Bronislaw Backzo) de la fin des temps. Le survivalisme sort du carcan de l’apocalyptisme scientifico-religieux et des productions cinématographiques comme Mad Max, The Terminator, Tron, Pulse, Tetsuo : The Iron Man, qui sont de réels succès dans les salles obscures, nourrissent l’imaginaire de ses adeptes tandis que le mouvement devient un sujet sociologique à part entière, que ce soit sous l’angle de la série tragédie avec Survivors ou de la comédie avec The Survivors. A la fin des années 1990, le genre cinématographique « survival » nait et se développe des jeux-vidéo aux séries télévisées, en passant par un renouvellement de la littérature, de la bande dessinée et même de la téléréalité.

Si à l’origine le mouvement appartenait au ventre mou du social, éclaté entre partis d’extrême droite et mouvances sectaires, s’il participait d’une logique de l’underground, contestataire, réactionnaire mais invisible et discrète (certains blogs parlent de « survivalistes silencieux »), les années 2000 ont considérablement changé la donne. La (sur-)médiatisation des attentats du World Trade Center en 2001, de Bali en 2002, de Madrid en 2004, de Londres en 2007, mais aussi du tsunami de 2004, de l’ouragan Katrina, de Grippe porcine, ou encore le désastre de Fukushima, se sont traduites phénoménalement par un regain d’intérêt et de voyeurisme ouvrant la porte au succès au nombreux ouvrages, films ou jeux-vidéo traitant le sujet de la survie d’individus ou de groupes face aux multiples apocalypses culturelles, ou a encore entrainé celui des divers guides de survie (les plus traditionnels et classiques : ceux édités par les ministères, les gouvernements en cas de catastrophe, ceux de l’armée ou des forces spéciales, ceux qui dispensent des techniques générales ou spécialisées ; comme aussi ceux d’un genre nouveau : survivre en voyage, en pays exotique, en randonnée, en pleine nature, survivre quand l’on est mère de famille, étudiant, professeur en banlieue ; ou encore, les surprenants : survivre en milieu urbain, dans la mondialisation, en territoire zombie, à l’identique d’un « guerrier urbain »19). Force est de constater que la peur s’est déplacée tout en marquant un fait particulier, la sub-culture survivaliste pénètre peu à peu la culture dominante jusque dans ses productions culturelles. Et cela selon un double processus : d’une part la démocratisation du mouvement impulsée par l’assouplissement de l’exercice survivaliste, son intégration dans la vie quotidienne et moderne, mais aussi par son intégration dans le médium internet, les chaines youtube, les blogs, les forums et autres espaces de discussion et d’échange de points de vue, qui deviennent aujourd’hui les médiums privilégiés du mouvement et de la culture survivaliste et changent considérablement la relation d’apprentissage des pratiques, tout en permettant d’affranchir une part de la culture du secret qui était le propre des plus fervents adeptes du mouvement20 ; d’autre part la croissance d’un sentiment collectif de vivre au plus proche d’un « Pompéi à venir »21 et l’extase et la fascination esthétique que ce dernier engendre22. Comme le précise Régis Debray dans un ouvrage récent, « un petit air d’Apocalypse monte en sourdine des lieux où l’on pense, bien au-delà des musées et de bibliothèques »23.

« Il faudrait être fou pour ne pas se préparer »

De ce fait, il semble aujourd’hui bien difficile de soutenir la continuité de l’esprit originel du survivalisme (théorie du complot, racisme et anti-communiste), que certains nomment un « stigmate ». Le pluralisme des peurs faisant la pluralité du mouvement, le survivalisme n’a fait que réponde à « l’ambiance sociale ». Et aujourd’hui, même si certains médias Français commencent à s’intéresser au mouvement, le terme a été remplacé par celui de « prepper ». Le « prepper », s’il ne diffère pas du survivaliste quant aux pratiques mises en œuvre pour la survie (réserves de nourriture, de matériel médical, de moyen de défense, construction d’abris, préparation physique ou spirituelle, etc.) et qu’il demeure toujours une réaction à l’anxiété ambiante, au contraire, pour le « prepper » la préparation au pire se présente plutôt comme un mode de vie, une attitude quotidienne que comme un moyen de survie. Par exemple, fascination devant l’adaptabilité du militaire et son parler acronymique, il faut être prêt à la TEOTWAWKI24, anticiper WTSHTF25, voire une période WROL26 et toujours avoir sur soi un BOB27 ou un INCH Bag28. Comme le précise le site internet neosurvivalisme.com, une culture et une discipline de la préparation qui passe par l’implication de la famille, du groupe ou du voisinage (parfois même des communautés web et des réseaux sociaux29) visant à apprendre ensemble à « répondre aux besoins de base (un toit, à boire et à manger) » dans un monde « sans pétrole, sans eau courante, sans magasins parfaitement achalandés. Où tant d’objets qui nous entourent aujourd’hui pourraient devenir absolument inutiles, alors que d’autres, souvent simples, comme ceux dont l’homme se servait depuis des siècles, deviendront indispensables à notre (sur-)vie ».

Ainsi, de nombreux blogs et forums internet tenus soit par des apprentis McGyver soit par de soucieux traders, dispensent des conseils d’organisation pour survivre aux divers chaos qui nous menacent (d’un effondrement de l’état aux, désormais, quotidiennes crises économiques). Survivre à la crise passe alors par la nécessité d’investir dans des indices boursiers peux risquées ou durables, mais aussi, au cas où le pire survienne, acheter ou stocker des vivres, du carburant, voire même apprendre les techniques d’auto-défense, les rudiments de la mécanique, de la pêche, comme « avoir un cochon et planter un noisetier, les meilleures sources de protéines », ou se mettre à « l’entomophagie » et « commencer son élevage de grillons »30. En ce sens le « prepper » développe une éthique de la post-consommation, avec tout ce que le terme « post » peut signifier. Ce qui peut paraitre paradoxal, car il consomme « durable » ou « responsable », voire même parfois il consomme des biens et des besoins primaires, il achètera ou trouvera les moyens de se procurer de l’eau potable, de la nourriture en conserve, des moyens de défense, des soins, du bois pour la toiture (de l’iode et du plomb pour la radioactivité), etc. mais le tout dans une perspective de consommation de valeur et d’éthique, des besoins qui, si l’on réfléchit bien, dans nos sociétés occidentales, ne sont plus du tout primaires et relèvent plus d’une idée paradoxale du luxe. Luxe de consommer en retrait, dans le refus de ce que la civilisation, la modernité ou la ville nous procurent, dans le refus d’un « système de dépendances »31 : « Quand je stocke six mois de nourriture comme le faisaient nos ancêtres, ce n’est pas dans l’anticipation de la fin du monde, mais bien dans une intention d’indépendance face à un système juste-à-temps. » comme l’écrit volwest, sur le site lesurvivaliste.blogspot.com.

L’on voit ainsi les propositions inavouées des « preppers » : l’autonomie ou l’autosuffisance passent par le recouvrement du mode de vie de nos ancêtres, idéalisation de nos grands parents qui vivaient dans un « c’était mieux avant », soumis au rythme saisonnier, plus proches de la nature et dépositaires d’un savoir que notre société de la profusion a rendu caduc. Il faut renouer avec nos instincts maternels (survivalmom.com), réapprendre les techniques archaïques, par l’initiation dans des stages de survie (en forêt, en ville, en pays exotique, etc.) à l’orientation, la botanique et la recherche de nourriture ou de médication naturelle, la géologie et la recherche de minéraux, à la chasse, la pèche, le pistage, le tout pour ressaisir le primitif qui sommeille en nous (viking.preparedness.blogspot.com ; pioneerliving.net), s’adapter toujours et être dans une relation fusionnelle au milieu environnant (ready.gov ; suburbanprepper.wordpress.com), et, tel le cafard ou le rat qui on le sait sont les plus à même de résister aux conséquences d’un désastre atomique, il faut se terrer, construire son abri, y hiberner pour agir tel un animal durant la dure saison (ANTS est l’acronyme de americannetworkingtotosurvive.org ou encore frugalsquirrel qui sont les imaginaires des animaux prévoyants en opposition aux animaux volages). Sorte de robinsonnade, c’est à l’écart de la civilisation décadente et quand il se confronte à la nature, que l’homme se réalise pleinement. Ce n’est donc pas un hasard si, pour les survivalistes français, trois romans reviennent toujours pour décrire ce que serait la vie et les attitudes dans la post-apocalypse : Malevil de Robert Merle, qui présente la nécessité de se protéger, se défendre, Ravage de Barjavel loué pour sa perspicacité, c’est-à-dire le retour au patriarcat, un refus de la technologie et la reconstruction dans une bastide de campagne d’une vie en autarcie32 et le plus surprenant La guerre du Feu de Joseph Henry Rosny, présentant des « comportements normaux quand tout se sera écroulé »33.

Esprit du temps, survivalisme et soif des origines

Comme nous avons essayé de le signifier, il semble juste de soutenir que les croyances survivalistes, apparues au cours des années 1950-1960, et les pratiques prepper, apparues quant à elles au seuil du millénium, en aucun cas ne sont des créations ex nihilo. S’il est vrai que nous ne nous sommes pas plongés dans la généalogie du mouvement, probablement l’apocalyptisme des premiers chrétiens et la crainte du jugement dernier ravivés tant par le millénarisme des communautés mormons (Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours) que par l’imaginaire eschatologique propre aux représentations de la guerre froide et de « la fin de l’histoire », il apparait certain que pèse sur ces mouvements les lourdeurs des entrelacs sociaux et culturels. Brève sociométrie : premièrement, le survivalisme est le propre du monde occidental, c’est-à-dire la civilisation industrielle, urbaine et aujourd’hui globalisée, même si l’on dit d’une peuplade amérindienne isolée quelconque qu’elle adopte un pratique survivaliste, il n’est pas possible de dire qu’elle adopte la philosophie ou l’ethos survivaliste. Deuxièmement, les survivalistes ne sont en aucun cas des idiots, de dangereux attardés ou des rebus de la société consommation, bien au contraire, la population survivaliste est même plutôt intégrée, le niveau d’instruction est relativement supérieur à la moyenne (pour ce que j’ai pu rencontrer en France), elle consomme (nous avons utilisé le terme de « post-consommation », c’est-à-dire qu’elle consomme de la valeur plus que des biens pour se réaliser), et elle est sensible, intéressée et impliquée dans la marche des choses, comme aux problèmes de sociétés. Troisièmement : si au départ l’on pouvait dire qu’il existe une unique population survivaliste qui pouvait se définir racialement, politiquement, économiquement et autres, aujourd’hui le mouvement est protéiformes, multiple, trans-générationnel. Tout le monde peut, un jour, devenir survivaliste (hommes, femmes, individus isolés, famille, immigrés, etc.).

Né d’une croyance scientifique, édifié au gré du ressac des différentes cristallisations culturelles de la peur et de l’angoisse (la guerre nucléaire, de l’hyperinflation, de la famine, de la pénurie énergétique, puis enfin des méfaits de la civilisation), le survivalisme est un pur produit de « cette étrange noosphère, qui flotte au ras de la civilisation »34. L’esprit du temps éclaire le survivalisme, même, l’on peut soutenir que le survivalisme est un produit de notre société « dromotique » (Paul Virilio) et de « l’anxiété sociale » que cela génère, amplifié par la médiatisation intense des événements catastrophique via les chaines d’informations en continu. « Pornographie de l’information »35 et logique sous-jacente : Bad news is good news. Mais pour le sociologue, il est nécessaire de ne point arrêter la dynamique et de voir que s’opère une complexification de la relation entre le mouvement survivaliste et la société ou psychè collective : certes, l’air du temps éclaire la philosophie survivaliste, mais, on le voit depuis quelques années, qui plus est avec les « preppers », cette dernière philosophie de la préparation au pire, c’est-à-dire de la préparation à une fin de la civilisation, de la culture moderne ou du « contrat social » et d’un retour aux « racines naturelles » de l’homme, influence à son tour la société, qui dans un mouvement de récursivité (« inter-retro-action ») et d’inséparabilité agit par feed-back sur les adeptes « preppers ». Finalement, face à la vague survivalisme (tout de même estimée aux Etats-Unis entre 4 et 6 millions d’individus) et en présence de la montée de la culture « prepper » (que nous avons définit par rapport au survivalisme des origines comme troisième vague, plus démocratique, plus populaire et dotée d’une meilleure visibilité, notamment sur internet et dans les médias), la société du spectacle, ou la culture de masse et l’industrie de la culture si tant est qu’elles existent encore, via ses appareils producteurs de rêves et de fantasmes s’est approprié une part de l’esprit du survivalisme. Après avoir nourri la littérature de science-fiction et la nourrissant encore, bien que dans une moindre mesure, aujourd’hui le survivalisme s’expose tant dans shows télévisés, avec Koh-lanta, Survivors, Man Versus Wild, et bien d’autres, que dans séries télévisées, avec The Big Bang Theory, 24 Heures, Jericho, etc. même dans les jeux-vidéos, nous citerons que la série Fallout, où suite à un hivers nucléaire, l’on suit les péripéties d’un survivant d’un abri antiatomique. La liste pourrait encore être longue. Ce qu’il est indispensable de comprendre est cette dynamique complexe au cœur à la fois de la société et des groupes qui la composent : un va et vient, pour utiliser les termes de Gilbert Durand « un incessant échange qui existe au niveau de l’imaginaire entre les pulsions subjectives et assimilatrice et les intimations objectives émanant du milieu cosmique et social »36, si bien que l’imaginaire du survivaliste c’est Danse avec les loups plus le National Rifle Association et que celui du « prepper » c’est Into the Wild plus MacGyver.

Alors, la question que soulève ce mouvement (mis à part celle de l’homo violens : si tout ce qui faisait la société devait s’arrêter demain, est-ce que l’homme serait toujours homme ? et pour combien de temps ?) c’est celle de l’ambiance que compose à la fois une société de plus en plus anxieuse quant à son avenir, percevant le désastre et le jugement dernier partout où elle jette un œil et la naissance de mouvement de résistance ou d’accompagnement qui selon certains penseurs sont tantôt de l’ordre du fanatisme37 religieux tantôt de l’extrémisme38 politique s’accroissant paradoxalement avec l’accroissement des connaissances scientifiques et techniques. La réponse nous la trouvons dans cette « métaphore obsédante » (Charles Mauron) au cœur de « l’heuristique de la peur » (Hans Jonas) contemporaine : la tentation du « c’était mieux avant », nostalgie des origines. Marque de la « perte du sens des échéances »39 (comme problématique du désenchantement du monde : où est la fin ? et que veut-elle dire ?) et forme pathologique de la mémoire qui consiste valoriser le passé au nom du présent ou, pire, de l’avenir (rhétorique des plus logiques : « je fais comme le faisait nos ancêtres, car premièrement, c’était mieux avant et, deuxièmement, ce sera pire plus tard ! ») en dotant « le sauvage, d’une ingéniosité qui est le négatif de nos croyances »40. En soulignant les dérives du progrès et de la civilisation et la dépendance dans laquelle ces derniers plonge l’humanité, la novlangue survivaliste s’immisce au cœur du quotidien pour nous conduire sur la route de l’anarcho-primitivisme, de la décroissance et du zéro carbone ! « Envie de redécouvrir notre vraie nature, d’être heureux, libres, forts et en bonne santé ? ». A nous le régime Cro-Magnon (« Paleo-diet »). Chausson nos « fivefingers », en attendant d’être pieds nus, et à nous le paléo-fitness. MoveNat and explore your true nature… comme l’avait déjà remarqué Walter Benjamin, « le passé porte en lui l’indice d’une rédemption »41. Ou encore : la Nature vaut mieux que la Culture et la civilisation, le mode de vie moderne et ses artifices ont foncièrement perverti l’Homme.

Notes

1 Le catastrophisme est une théorie scientifique (géologie) puis philosophique et politique, qui tente de construire rationnellement la croyance (judéo-chrétienne) que les catastrophes ont un effet majeur sur l’évolution du monde, son origine et sa fin.

2 L’anarcho-primitivisme est une doctrine politique et philosophique qui rejette la civilisation prométhéenne et faustienne, source des diverses aliénations, et qui prône un retour à la Nature, foncièrement égalitaire et lieu de conscience claire.

3 Les « preppers » (de l’anglais to prepare, « se préparer ») signifie « ceux qui se préparent », ici, sous-entendu : ceux qui se préparent aux catastrophes et désordres sociaux.

4 Les « Doomers » (de l’anglais doomsday, « le jour du jugement dernier ») signifie « ceux qui anticipent les catastrophes majeures », voire l’apocalypse ou la « fin du monde ».

5 Voir Max Brooks, Guide de survie en territoire Zombie. (Ce livre peut vous sauver la vie) (traduit de l’anglais par Patrick Imbert), Paris, Calmann-Lévy, coll. Livre de Poche, 2010 (2003), 382 p.

6 Traduction libre du « Capitain Dave’s Survival Center » sur www.survival-center.com.

7 www.autarcies.com.

8 Gérald Bronner, La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques, Paris, Denoël, coll. Impacts, 2009, p. 21. (348 p.)

9 Jean-Bruno Renard, Les extraterrestres. Une nouvelle croyance religieuse ?, Paris, Editions du Cerf, 1988, 127 p.

10 Notons que, à l’exemple de l’horloge de l’Apocalypse, beaucoup de théories scientifiques ou pseudo-scientifiques, c’est-à-dire ayant certain attributs de la scientificité mais étant très souvent influencé par tout autre chose, un fond religieux notamment, annoncent l’avenir néfaste de la civilisation : la théorie du Big Crunch ou du Big Rip, le syndrome de l’ile de Pacques, etc. Etant des reformulations plus ou moins grossières du principe genèse/paradis et apocalypse/enfer.

11 Norman Cohn, Les fanatiques de l’Apocalypse. Courants millénaristes révolutionnaires du XIe au XVIe siècles avec une postface sur le XXe siècle (traduit de l’anglais par Simon Clemendot), Paris, Julliard, 1962 (1957), 341 p.

12 Le néologisme est de Lionel Scotto d’Apollonia, voir Lionel SCOTTO D’APOLLONIA & Benoit URGELLI, « Le réchauffement climatique : Cheval de Troie de la modernité ? », Le Monde, 31/08/11.

13 Patrick TacusseL, Mythologie des formes sociales. Balzac et les Saint-simoniens ou le destin de la modernité, Paris, Méridiens Klincksieck, 1995, p. 66.

14 L’Eglise, née en 1830, est toujours considérée comme le premier mouvement survivaliste de par l’obligation de stocker des vivres, du bois et des fournitures pour sept années, soit la durée de la « Grande Tribulation », c’est-à-dire la période de lutte entre le Bien et le Mal lors du Jugement Dernier.

15 Par exemple l’hallucinant : United States Dept. of Army, Survival Under Atomic Attack, Washington, US. Government Printing Office, 1951, 32 p.

16 Entre autres : le candidat du Libertarian Party aux élections U.S. de 1996 et 2000 (environ 500 000 voix) Harry BROWNE, How You Can Profit from the Coming Devaluation, New Rochelle, Arlington House, 1970, 189 p. et Howard RUFF, Famine and Survival in America, Sherpherdsville, Publishers Press, 1974, 196 p.

17 Ce qui en soit est parfaitement normal, car le terme est utilisé pour la première fois en 1982 par les climatologues et chimistes Paul Crutzen et John Birks. Voir Paul CRUTZEN & John BIRKS, « The Atmosphere After a Nuclear War : Twilight at Noon », Ambio, vol. 11, n° 2/3, 1982, pp. 114-125.

18 L’on retrouve encore, aujourd’hui, dans les archives internet et les pages web « en cache » des journaux de l’après catastrophe du « bogue », commençant le 31 décembre 1999, relatant l’ensemble des incident ou des pannes mais malheureusement s’arrêtant le 2 janvier 2000, pour nous dire qu’il s’agissait d’une erreur de calcul : le véritable bogue, c’est pour le 19 janvier 2038, précisément à 3 heures 14 minutes et 7 secondes !

19 Barefoot Doctor, Le guerrier urbain. Manuel de survie spirituelle, Paris, J’ai lu, 2004, 210 p.

20 Réaliser un entretien avec un survivaliste s’avère bien ardu. Une idée revient souvent : « Si je t’en dis plus sur mes secrets (abris, caches, etc.), au moment de l’apocalypse, tu viendras me les voler et je devrais me débarrasser de toi ». Alors que sur internet, sous couvert d’anonymat (pseudonyme et écran), l’on se dévoile bien plus.

21 James Graham Ballard, La foire aux atrocités (traduit de l’anglais par François RIVIERE), Paris, Tristram, 2002 (1970), p. 32.

22 Outre la profusion de film-catastrophe depuis une dizaine d’année, voir, par exemple, la collection Hiver 2011 de Karl Lagerfeld, présentée sur un paysage de post-apocalypse et de foret calcinée ; le dernier clip musical de Beyonce, Run the World ; le dernier gel coiffant/décoiffant « Chaotique Fix-Taft » de la marque Schwarzkopf ; ou même la dernière collection de la marque de vêtement « G-Star » ouvertement influencée par l’esthétique survivaliste.

23 Régis Debray, Du bon usage des catastrophes, Paris, Gallimard, 2011, p. 18.

24 « The End Of The World As We Know It ».

25 « When The Shit Hit The Fan ».

26 « Without Rule Of Law ».

27 « Bug-Out Bag ».

28 « I’m Never Coming Home Bag ».

29 Voir www.americanpreppersnetwork.com sous-titré « Freedom through teaching others self-reliance".

30 Voir par exemple le site www.autarcies.com sous-titré « Se préparer à la vie sans pétrole. Objectif : 5 ans pour être autonome ».

31 Ou comme le dit l’un de mes informateurs : « La religion, l’économie, l’état, tous ces gardes fous prêt à s’effondrer (le 21 décembre 2012) ».

32 Certains même valorisent fortement « le mode de vie kosovar », comme esprit du survivalisme : à l’écart de la ville, une bâtisse régie par une famille, avec une division sexuelle des taches, une tour pour stocker la nourriture, un puits, une bassecour, etc. voir : www.davidmanise.com.

33 Toujours de la part d’un informateur.

34 Edgar Morin, L’esprit du temps, Paris, Grasset, 1962, p. 12.

35 Jean Baudrillard, « Pré-texte », in Jacques ZYLBERBERG (dir.), Masses et postmodernité, numéro spécial de Sociétés, n° 4, Québec, Presses de l’université de Laval, Paris, Librairie des Méridiens, Klincksiek, 1986, Paris, p. 10.

36 Gibert Durand. Les Structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie générale, Paris, Dunod, 2002 (1969), p. 38.

37 Pascal Bruckner, Le fanatisme de l’apocalypse. Sauver la Terre, punir l’homme, Paris, Grasset, 2011, 288 p.

38 Gerald Bronner, La pensée extrême : comment des gens ordinaires deviennent des fanatiques, Paris, Denoël, 2009, 352 p.

39 Jean Baudrillard, les stratégies fatales, Paris, Grasset, coll. « Figures », 1983, p. 12.

40 Pascal Bruckner, Les fanatismes de l’apocalypse, op. cit., p. 247.

41 Walter Benjamin, « Sur le concept d’histoire », in Œuvres III (traduit de l’allemand par Maurice de GANDILLAC, Rainer ROCHLITZ et Pierre RUSCH), Paris, p. 247.

Bibliographie

James Graham Ballard, La foire aux atrocités (traduit de l’anglais par François Riviere), Paris, Tristram, 2002 (1970), 219 p.

Barefoot Doctor, Le guerrier urbain. Manuel de survie spirituelle, Paris, J’ai lu, 2004, 210 p.

Jean Baudrillard, les stratégies fatales, Paris, Grasset, coll. « Figures », 1983, 281 p.

Walter Benjamin, Œuvres III (traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch), Paris, 2009, 482 p.

Gérald Bronner, La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques, Paris, Denoël, coll. Impacts, 2009, 352 p.

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Harry Browne, How You Can Profit from the Coming Devaluation, New Rochelle, Arlington House, 1970, 189 p.

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Paul Crutzen & John Birks, « The Atmosphere After a Nuclear War : Twilight at Noon », Ambio, vol. 11, n° 2/3, 1982, pp. 114-125.

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Gilbert Durand. Les Structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie générale, Paris, Dunod, 2002 (1969), 536 p.

Edgar Morin, L’esprit du temps, Paris, Grasset, 1962, 281 p.

Jean-Bruno Renard, Les extraterrestres. Une nouvelle croyance religieuse ?, Paris, Editions du Cerf, 1988, 127 p.

Howard Ruff, Famine and Survival in America, Sherpherdsville, Publishers Press, 1974, 196 p.

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Patrick Tacussel, Mythologie des formes sociales. Balzac et les Saint-simoniens ou le destin de la modernité, Paris, Méridiens Klincksieck, 1995, 308 p.

United States Dept. of Army, Survival Under Atomic Attack, Washington, US. Government Printing Office, 1951, 32 p.

Jacques Zylberberg (dir.), Masses et postmodernité, numéro spécial de Sociétés, n° 4, Québec, Presses de l’université de Laval, Paris, Librairie des Méridiens, Klincksiek, 1986, Paris, 247 p.


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