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samedi 24 septembre 2005

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.
Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez commencer par lire notre déclaration et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

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Le pseudo-radicalisme universitaire


(...) On pourrait attendre de la gauche universitaire, qui prétend parler pour les petites gens, qu’elle s’oppose à une restructuration de l’enseignement supérieur qui les abandonne en fait à leur triste sort. Mais, par les temps qui courent, les gauchistes de l’Université se soucient davantage de la défense de leurs privilèges professionnels contre les critiques venues de l’extérieur. Joan Scott, de l’Institute for Advanced Study de Princeton, écarte d’un trait ces critiques comme étant le fait d’« érudits aigris » et d’« intellectuels marginaux ». Les universitaires ne prennent pas la peine de discuter avec des adversaires ou d’essayer de voir leur point de vue. Avec une condescendance irritante, ils parlent en membres d’un corps constitué professionnel qui a renoncé à essayer de communiquer avec un public plus large, soit en tant qu’enseignants, soit en tant qu’auteurs. Ils défendent leur jargon incompréhensible en proclamant qu’il constitue le langage de la « subversion », le discours ordinaire ayant été rejeté comme un instrument d’oppression. Ils affirment que « le langage de la « clarté » joue... un [rôle] dominant [dans une] culture qui emploie habilement et puissamment un langage « clair » et « simpliste » pour saper systématiquement... la pensée complexe et critique ». Il s’ensuit que seuls un collège de spécialistes est qualifié pour parler de la condition des humanités. Jacoby cite un professeur de littérature anglaise, Michael Berube, qui évacue les critiques de l’université par les journalistes pour le motif que « la théorie de la réception », le « nouvel historicisme » et autres arcanes de même farine ne sont accessibles qu’aux seuls initiés. Selon un autre universitaire gauchisant, les « démagogues qui tapent sur l’Université » n’ont « pas appris les nouveaux langages critiques » et peuvent donc être ignorés. Un des phares dans la pratique des « cultural studies », Fredric Jameson, juge surprenant que des profanes s’attendent à trouver son travail compréhensible — « exposé avec toute l’élégance détachée d’un magazine illustré sur papier glacé » —alors qu’ils n’auraient jamais les mêmes exigences pour « la physique nucléaire, la linguistique, la logique symbolique », et autres corpus d’expertise professionnelle. L’un des admirateurs de Jameson, David Kaufmann maintient fermement que la difficulté de sa « prose technique » montre que la théorie de la culture se trouve à présent au même niveau que les sciences exactes.

Ce genre de discours contribue à gonfler l’image que les disci­plines littéraires se font d’elles-mêmes et à maintenir le moral des troupes face aux critiques, mais son succès ne dépasse guère les limites des campus. Le grand public prête l’oreille à des conservateurs tels que William Bennett, Allan Bloom et Lynn Cheney parce qu’ils répondent à la perception largement répandue selon laquelle le système éducatif s’effondre et qu’ils semblent avoir des choses importantes à dire sur la crise qui en résulte. En revanche, les gens à gauche — à quelques notables exceptions près, comme Jacoby — refusent de traiter le problème sérieusement. De leur point de vue, il n’y a pas de crise. Le seul problème du système éducatif est qu’il résiste encore trop aux courants du changement culturel. Les changements qui se produisent — que l’on résume d’habitude comme une tendance vers le « pluralisme » culturel — auront des effets bénéfiques si on les laisse suivre leur cours. Ils introduiront des voix nouvelles, des points de vue nouveaux dans un système dominé trop longtemps par les hommes et les Blancs. Ils corrigeront le canon des chefs-d’oeuvre reconnus ou bien détruiront radicalement l’idée « élitiste » de canon. Le pluralisme culturel cassera le respect exagéré pour le grand art et la grande culture qui n’a servi qu’à exclure les minorités opprimées. Il encouragera les habitudes de pensée critiques et rendra bien clair que rien n’est sacré, que rien n’est à l’abri de la critique.(...)

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