Bienvenue sur le site Lieux Communs

samedi 24 septembre 2005

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.

Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez commencer par lire notre présentation et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

Nos dernières productions

Entretien
Enseigner... la catastrophe
Septembre 2018
Recension
« La ruée vers l’Europe » de S. Smith
Août 2018
Texte
Effondrement et permanence de l’idéologie
Juillet 2018
Émission
La démocratie directe et ses lieux communs
Mai 2018
Brochure
L’horizon impérial (n° 23). Sociétés chaotiques et logique d’empire
Mars 2018
Livre
Sur les fondements idéologiques et les destinées politiques du revenu d’existence
Mars 2018
Correspondance
Anmerkungen zur „Erklärung von Lieux Communs“
Février 2018
Tract
Élections 2017 : le coup d’État oligarchique
Juin 2017

En guise d’éditorial...

Voie sans issue ?

Tout a été déjà dit. Tout est toujours à redire. Ce fait massif, à lui seul, pourrait conduire à désespérer. L’humanité semblerait sourde ; elle l’est, pour l’essentiel. C’est de cela qu’il s’agit avant tout, dans toute discussion portant sur les questions politiques fondamentales. Telle est, pour l’humanité moderne, la question des rapports entre son savoir et son pouvoir — plus exactement : entre la puissance constamment croissante de la techno-science et l’impouvoir manifeste des collectivités humaines contemporaines. Le mot de rapport est déjà mauvais. Il n’y a pas de rapport. Il y a un pouvoir — qui est impouvoir quant à l’essentiel — de la techno- science contemporaine, pouvoir anonyme à tous égards, irresponsable et incontrôlable (car inassignable) et, pour l’instant (un très long instant en vérité) une passivité complète des humains (y compris des scientifiques et des techniciens eux-mêmes considérés comme citoyens). Passivité complète et même complaisante devant un cours des événements dont ils veulent croire encore qu’il leur est bénéfique, sans être plus tout à fait persuadés qu’il le leur sera à la longue [1].
Tous les termes du débat seraient à reprendre, à réinterroger, à réélucider. Je le tenterai plus bas pour certains d’entre eux. Mais, pour justifier mon propos avant d’aller plus loin, quelques questions : Qui a décidé les fécondations in vitro et les transplantations d’embryons ? Qui a décidé que la voie était libre aux manipulations et au « génie » génétique ? Qui a décidé des dispositifs antipollution (retenant le CO2) qui ont produit les pluies acides ?
Nous ne pouvons pas, depuis longtemps, et nous ne voulons pas — nous ne devons pas vouloir — renoncer à l’interrogation rationnelle, à la fouille du monde, de notre être, du mystère même faisant que nous sommes inlassablement poussés à chercher et à interroger. On peut se laisser absorber — et la société devrait être telle que tous ceux qui le voudraient en aient la possibilité — par une démonstration mathématique, les énigmes de la physique fondamentale et de la cosmologie, les inextricables méandres et rétro-méandres des interréactions des systèmes nerveux, hormonal et immunitaire, avec une joie dont la qualité certes diffère mais dont l’intensité ne le cède en rien à celle qu’on peut éprouver à écouter L’Offrande musicale, à contempler Les Époux Arnolfini, à lire Les Chants de Maldoror. L’auteur de ces lignes, pour autant qu’il jouit en humble amateur — amant, érastès est le mot vrai — d’un lointain regard sur ces domaines peut en témoigner pour son compte. Comme il peut témoigner qu’il doit sa survie, de même que celle des êtres qui lui sont chers, à l’efficacité technique de la médecine contemporaine, et cela plusieurs fois plutôt qu’une. Et qu’il a eu à maintes reprises l’occasion de critiquer l’inconséquence si répandue dans certains milieux écologiques, où l’on refuse en paroles l’industrie moderne sur fond de musique enregistrée, et où l’on attend comme tout un chacun, lorsqu’on est malade, des miracles de la toute-puissance techno-médicale [2]. Ce n’est donc pas un préjugé antiscientifique ou antitechnique qui s’exprime ici ; le préjugé est franchement à l’opposé.(...)
-------------Lire l’article...


[1A cette passivité il y a certes des exceptions, comme les mouvements écologiques, sans parler évidemment de quelques individus isolés.

[2Cf. « Développement et rationalité » et De l’écologie à l’autonomie, op. cit.


Navigation

Articles de la rubrique