Bienvenue sur le site Lieux Communs

samedi 24 septembre 2005

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.

Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez commencer par lire notre présentation et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

Nos dernières productions

Tract
« Gilets jaunes » : la démocratie directe en germe ?
Novembre 2018
Émission
« Le voyage vers l’empire a déjà commencé »
Octobre 2018
Entretien
Enseigner... la catastrophe
Septembre 2018
Recension
« La ruée vers l’Europe » de S. Smith
Août 2018
Texte
Effondrement et permanence de l’idéologie
Juillet 2018
Émission
La démocratie directe et ses lieux communs
Mai 2018
Brochure
L’horizon impérial (n° 23). Sociétés chaotiques et logique d’empire
Mars 2018
Livre
Sur les fondements idéologiques et les destinées politiques du revenu d’existence
Mars 2018
Correspondance
Anmerkungen zur „Erklärung von Lieux Communs“
Février 2018

En guise d’éditorial...

La démocratie directe et ses lieux communs

(...) C : Alors le point suivant, c’est la question du niveau de vie. Alors effectivement, là le « bon peuple », bon, c’est pas vraiment ce que nous, écolos libertaire, lui proposons. Ça pose un vrai problème...

Q : Eh oui. Pour faire le lien avec la question précédente, on pourrait dire, en étant dur, que toutes les chapelles gauchistes dont on a discuté relèvent pour beaucoup de revendications extrêmement narcissiques d’une partie du peuple qui, en général, ne tient qu’à une chose : son niveau de vie. Et le jour où celui-ci va réellement baisser, là de vraies questions vont se poser. Et ces idées que les gauchistes pensent extrêmement élaborées vont être balayées du jour au lendemain.
Alors cette question du niveau de vie, ou du consumérisme, elle n’est jamais vraiment exprimée telle quelle à propos de la démocratie directe, mais elle sous-tend, elle est en filigrane d’énormément de discussions. C’est l’idée, au fond, que la démocratie directe incarnera la continuité du consumérisme. Je m’explique : dans le mouvement socialiste historique, la question de l’abondance matérielle, la question de la pauvreté, étaient centrales, et pour cause. [Le problème, c’est que depuis l’avènement de la société de consommation] ça demeure toujours : les mouvements sociaux contemporains n’ont comme horizon que de revenir aux trente glorieuses. Ce sont des mouvements-veto qui s’opposent ponctuellement à une mesure qui va conduire à diminuer le niveau de vie. On peut être d’accord : ce sont des mesures injustes, il y a un accaparement des richesses, et une telle remise en cause d’acquis n’est pas légitime. Mais ces mouvements ont comme horizon une croissance permanente qui permettrait mécaniquement une redistribution de l’abondance. C’est l’horizon de tous ces mouvements et aussi de ceux pour la démocratie directe.
Par exemple en Grèce, il y a eu un très beau mouvement au printemps 2011, dont on a peu entendu parler en France : des foules ont investi les grandes places du pays pour s’opposer au mémorandum qui visait à l’instauration d’une austérité dans le pays et, notamment à Athènes, de grandes assemblées ont réunies des milliers de personnes, qui ont débattues pendant deux ou trois mois. Une sorte de Nuit Debout géant, en mois caricatural tout de même ! Les copains grecs y étaient et ont fait des analyses très intéressantes reprises dans nos brochures. Alors dans les discussions, il y avait deux grandes tendances : l’une voulait la réappropriation de l’économie, c’est-à-dire lutter contre la main-mise de l’Union Européenne, de la BCE, du FMI, bref contrer des pouvoirs qui leur semblaient illégitimes. C’est une tendance proprement démocratique. L’autre tendance révélait plutôt un attachement profond au monde de la consommation, qui est relativement récent, en Grèce, qui date de moins d’une génération, et il paraissait proprement insupportable à beaucoup de gens de voir baisser leur niveau de vie quelles qu’en soient les conditions. Et ce n’est pas facile de faire le départ dans les motivations des gens qui participaient à ces assemblées entre la volonté d’instaurer une démocratie directe, ce qui était explicite chez eux et qu’ils dessinaient en acte à travers ces assemblées, et la volonté de maintenir une société de consommation qui était en train de disparaître, une baisse du niveau de vie. C’est ce qu’on a vu aussi en Espagne. Et c’est une posture extrêmement répandue chez les partisans de la démocratie directe : il n’est pas question de céder sur l’abondance matérielle. En gros : la démocratie directe, ce sera le communisme réalisé, c’est-à-dire l’abondance absolue. Là on est dans un mythe encore religieux : toutes les grandes religions ont décrit un paradis fait d’opulence. On est donc encore dans une laïcisation d’une conception religieuse.
Alors on sait où ça conduit la société de consommation : ce n’est pas vivable, ni à quelques-uns, ni étendue à toute la population terrienne et notamment sur le plan écologique. Les ressources s’amenuisent non seulement en pétrole, en gaz, en charbon, mais en tout : c’est ce qu’on appelle le peack all. Tous les métaux qui sont importants, les matériaux, y compris l’uranium indispensables pour les centrales nucléaires, sont en train de se raréfier. (...)
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