Bienvenue sur le site Lieux Communs

samedi 24 septembre 2005

Nous voulons œuvrer pour une auto-transformation radicale de la société et l’instauration d’une démocratie directe capable d’établir l’égalité des revenus pour tous et de provoquer une redéfinition collective des besoins. Nous y voyons un début de solutions aux problèmes politiques, économiques et écologiques qui ravagent notre époque.

Nos positions ne sont pas des dogmes et ce site se donne pour vocation de les élaborer, de les diffuser et de les discuter. Les documents divers régulièrement publiés ici ne sont pas forcément de nous. Ils sont tous une invitation au travail de chacun, nullement des produits finis à consommer. Nous préférons « essayer d’activer en chacun ce qui ferait désirer la liberté et la fin de la domination, plutôt que de donner des leçons et des ordres ». Vous pouvez commencer par lire notre présentation et notre forum aux questions. Il est également possible de s’abonner à notre lettre d’information pour suivre nos publications et notre revue de presse, ou de nous écrire ici ou .

Nos dernières productions

Recension
« Qu’est-ce que l’Occident ? » de P. Nemo
Février 2019
Analyse
Putsch gauchiste à Commercy
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Gilets jaunes : la révolution précipitée
Janvier 2019
Brochure
Le mouvement des gilets jaunes (n° 23)
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Gilets jaunes : « Les gens expérimentent et ils ont raison de le faire »
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Décembre 2018
Dossier thématique
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« Gilets jaunes » : la démocratie directe en germe ?
Novembre 2018
Entretien
Enseigner... la catastrophe
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Texte
Effondrement et permanence de l’idéologie
Juillet 2018
Livre
Sur les fondements idéologiques et les destinées politiques du revenu d’existence
Mars 2018

En guise d’éditorial...

Les réfugiés de l’intérieur

Comment tout cela a-t-il commencé ?

Vincent : Par l’emménagement dans un bel appartement HLM d’une cité de banlieue, tout début 2004. Nous venions d’un studio petit et cher dans la grande ville d’à côté et l’appartement que l’on nous proposait était en haut d’une tour, offrant une vue superbe sur toute la région, il était grand, lumineux, spacieux, très bien distribué, insonorisé, isolé,... En fait, c’est la meilleure habitation que l’on ait jamais eu. Et pour moi qui ai vécu toute ma jeunesse en banlieue, c’était une sorte de retour aux sources. En plus nous connaissions déjà un peu la ville, et elle nous plaisait : très à gauche, populaire, multiculturelle. On n’a pas vraiment hésité.

Alya : Pour ma part, n’ayant vécu depuis l’âge de 20 ans que dans des studios, j’étais contente de m’installer dans un vrai appartement, un vrai deux pièces, avec une vraie salle de bain et des frais de chauffage et d’eau chaude collectifs donc dérisoires. J’avais par ailleurs déjà tissé des liens dans cette ville car j’y avais travaillé pendant un peu plus d’un an auparavant, le dynamisme militant et associatif qui y régnait et la présence d’une université très à gauche me plaisait beaucoup. Sans parler du développement des transports en communs qui rendaient l’accès à la métropole rapide ce qui faisait de cette banlieue tout sauf une ville excentrée et morte. Alors on a dit c’est pour nous...

A vous entendre, ça allait plutôt bien... La banlieue en tant que telle ne vous faisait pas peur ? C’est rarement décrit comme un paradis...

A : Je n’avais jamais habité durablement en « banlieue » mais le fait d’y avoir bossé, ici ou ailleurs, auparavant avait fait tomber pas mal de préjugés. Mais surtout j’y retrouvais quelque chose de très humain, des rapports chaleureux entre habitants, des espaces publics vivants, ça me rappelait l’ambiance des vacances au bled, le contrôle social pesant en moins. Bon... pour avoir grandi dans un milieu populaire, je ne me racontais pas d’histoires sur le côté réac’ qui n’avait rien à envier aux beaux quartiers, mais il fallait bien se poser passé 30 ans et là, ça apparaissait comme le « moins pire » de ce que j’avais connu. Et avec la vie intellectuelle et militante en plus avec cette fac encore assez active en termes de luttes, située à deux pas de chez nous, où nous nous sommes tant investis. Des réunions ou des AGs pouvaient se terminer chez nous avec des étudiants et leurs vieux profs, dont certains avaient été pour nous des maîtres, mais aussi des précaires des alentours, etc. On pouvait aussi assister à des cours gratuitement, en auditeurs libres et la bibliothèque de cette fac était une des plus fournie de la région avec, qui plus est, accès libre et emprunts gratuits pour les habitants de la ville. C’était très agréable et stimulant tout ça.

V : On ne cherchait pas le paradis, mais plutôt à retourner dans les milieux populaires d’où nous sommes issus, après avoir fait des études dans des quartiers un peu plus « aisés ». Bien sûr, il y a la dureté des rapports sociaux, la difficulté des situations sociales, etc. Mais notre démarche était presque explicitement politique et après avoir beaucoup bougé, il était effectivement question de s’enraciner en un lieu pour longtemps et de s’investir localement, de ne plus papillonner, mais de parler vraiment de quelque part de précis, de concret, de complexe. Je sortais du mouvement social de 2003, où je m’étais beaucoup impliqué, et j’avais besoin de perspectives, de choses durables, d’un territoire, de limites. Au début j’ai fait le tour de toutes les associations, les lieux, les rencontres-débat, les manifs, les actions, etc.

Et vous vous êtes intégrés tout de suite, facilement ? (...)
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