L’AUTOGESTION VITE !

dimanche 9 août 2009
par  LieuxCommuns

Tract distribué à l’occasion de la manifestation nationale du 19 mars 2009

L’AUTOGESTION VITE !

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AutogestionVite

Il n’y a plus à se faire d’illusions :

La course aux profits, à la rentabilité, à la concurrence, à la compétitivité détruit partout sur la terre la vie des gens, les emplois, les liens sociaux, les solidarités, la Nature. Les riches, par l’exploitation de l’immense majorité, tirent de monstrueux revenus des logiques économiques qu’ils imposent à toutes les sociétés et détruisent la planète de manière totalement irresponsable, en toute bonne conscience.

Les gouvernements et les représentants incontrôlés de tous les partis que nous élisons de loin en loin ne se mettent pas au service des peuples contrairement à leurs beaux discours (électoraux) d’arracheurs de dents. Ils sont au service des maîtres de l’économie qui leurs dictent leurs politiques antisociales. Il n’y a plus à prêter notre confiance à ces professionnels très intéressés de la politique qui ont choisi leur camp. Nous allons pouvoir encore une fois constater toute leur duplicité lors de la réunion du G20 début avril : les dirigeants des grandes puissances industrielles se réunissent pour apporter de l’oxygène au capitalisme moribond à l’aide de quelques réformettes keynésiennes provisoires afin que tout continue comme avant, pas pour venir en aide aux centaines de millions de pauvres des cinq continents ou pour nous préserver des moyens de vie décents.

Les syndicats ne méritent pas plus notre confiance. Depuis une trentaine d’années, ils ont reculé pas à pas devant l’offensive ultralibérale contre les salaires et les conquêtes sociales afin de préserver leur rôle de « partenaires sociaux » et les petits privilèges financiers qui y sont attachés. Comment faire confiance à des dirigeants syndicaux qui mangent avec ceux qui nous exploitent et qui se couchent devant leurs exigences ? Pourquoi ces prétendus partisans du rapport de force social n’appellent-ils pas à une grève générale illimitée, comme en Mai 68 ou aux Antilles récemment, seule à même de commencer à faire reculer les privilégiés et les patrons sur un partage un peu plus équitable des richesses ?

Nous aimerions bien nous laisser charmer par les belles paroles anticapitalistes du NPA, mais les leçons de l’histoire et notre propre expérience nous ont appris à nous méfier viscéralement des structures politiques très hiérarchisées au fonctionnement opaque. D’autre part, nous nous méfions instinctivement des « révolutionnaires » qui apparaissent régulièrement dans les médias, propriétés des plus grosses fortunes et des Etats (nous ne jugeons pas les personnes sur leurs discours, mais sur la cohérence entre ceux-ci et leurs actes). Il n’existe pas de sauveur suprême de toute façon…

Que faire donc ?

Nous sommes les partisans d’une douce utopie, mais nous pensons que seule la réalisation de celle-ci pourrait nous permettre de ralentir la catastrophe économique et écologique mondiale dans laquelle nous ont plongées toutes les oligarchies ultralibérales foncièrement immorales et indécrottablement irresponsables.

Nous pensons qu’il est grand temps que tous les peuples se débarrassent des classes dominantes et des privilégiés qui les écrasent par leur délire de puissance, de domination, de richesse, de privilèges.

Nous pensons que nous devrions changer de mode de vie, sortir de la société de consommation qui, tout le monde le sait maintenant, détruisent de plus en plus vite les bases même de la vie sur terre.

Nous pensons que nous devrions retrouver des modes d’organisations sociales égalitaires, justes, démocratiques au vrai sens du terme : le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Nous ne vivons pas dans des démocraties, mais dans des régimes d’oligarchies libérales. Il ne peut y avoir de liberté sans égalité (allez demander à un SDF ou à une victime des « subprimes » s’ils se sentent libres dans nos sociétés), et il ne peut y avoir d’égalité sans liberté (ont-ils le même pouvoir que Mme Parisot ?).

Nous sommes partisans de la démocratie directe qui par la destruction de toutes les hiérarchies permet l’expression de chacun, la confrontation argumentée et fertile des idées, des opinions, et exige la responsabilité de tous, l’amour du bien commun.

Nous pensons que nous devrions, sans chefs et sans hiérarchies, travailler autrement, donner du sens à notre activité, partager le travail, répartir équitablement les salaires, les revenus, coopérer au bien de tous, détruire les productions et les échanges commerciaux inutiles, nuisibles, polluants, produire des aliments sains non cancérigènes, privilégier les activités d’épanouissement des individus, l’éducation (« quand on ferme une école, on ouvre une prison… »), la santé, la culture, les arts, la musique, la transmission des valeurs d’émancipation, l’enseignement de l’histoire de la liberté, la préservation de la Nature, etc…

Nous sommes partisans de beaucoup d’autres choses encore, mais nous sommes bien conscients qu’un tel programme ne peut se réaliser que s’il est partagé par la grande majorité des hommes et des femmes, en toute liberté et en toute conscience, et s’ils se donnent les moyens, en dehors de tous les partis politiques, de se réapproprier les pouvoirs que concentrent entre leurs mains les gens qui nous empêchent de vivre normalement et qui ne se laisseront pas exproprier si facilement…

Henri (magasinier), Mohamed (manutentionnaire), Sylvie (standardiste), Dominique (caissière), Malika (secrétaire), Guillaume (informaticien), Georges (électricien), Marc (plombier)

Le 19 mars 2009

« LES PATRONS NE VEULENT PLUS PAYER, MAIS ILS PEUVENT DISPARAÎTRE… »


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