Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière

samedi 27 juin 2009
par  LieuxCommuns

Texte extrait du bulletin de G.Fargette « Le crépuscule du XXe siècle », n° 18-19-20, mai 2008

Voir l’introduction générale : « La très significative survivance des stalino-gauchistes »

Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière

Un entretien étrangement confus ( « le nouveau discours antidémocratique »)

L’entretien que cet universitaire a accordé au site espagnol www.archipielago.com étonne par son obscurité : pourquoi s’y montre-t-il à ce point préoccupé par les improbables émules contemporains de Joseph de Maistre, Donoso Cortès, etc., c’est à- dire de ce qui fut l’idéologie contre-révolutionnaire par excellence ? Qui peut croire que « l’idéologie dominante » soit aujourd’hui digne de ces doctrinaires largement oubliés ? Les théoriciens de l’inégalité ne font pas particulièrement recette, ni dans la population, ni auprès des forces politiques qui prévalent, et l’atmosphère générale est plutôt à des formulations plus sophistiquées (défendre « l’équité » contre « l’égalitarisme », etc.), qui justifient nombre de développements effectifs, comme l’individualisation des salaires à tous les niveaux de l’entreprise, etc.

L’habitude consistant à dénoncer prioritairement les théorisations ouvertement inégalitaires, et même organiquement inégalitaires, évoque une « culture politique » assez particulière, celle des gauches autoritaires, pour la désigner par un euphémisme.

Il y a en effet deux postures possibles, que l’on peut illustrer par l’attitude de deux personnages que tout opposait : on peut faire comme Althusser (s’intéresser à une interminable relecture du Capital) ou comme Castoriadis (analyser à ce qu’était devenu le projet dans la réalité soviétique). Il se trouve que Rancière a eu pour mentor Althusser, dont il se serait dissocié, mais rien n’éclaircit cette distance dans la discussion du sujet qui est en jeu ici (si ce n’est que Rancière se démarque quelque peu de Marx, quand celui-ci réduisait la démocratie au règne de l’individu propriétaire, et qu’il perçoit également les hypothétiques théoriciens modernes de l’inégalité comme des récupérateurs de la rhétorique marxiste). Cette opposition peut se résumer par deux manières de formuler ce que devrait être la question prioritaire pour tous ceux que l’inégalité révulse effectivement :

  • Soit identifier ce qu’est la théorie indéfendable vers laquelle tous les « ennemis » tournent leurs regards, où ils s’abreuvent en secret, etc. (il s’agit au fond de définir « deux camps », dont l’un, le sien, aura le droit d’exterminer l’autre à la fin des temps)
  • Soit mettre au jour les lacunes pratiques désastreuses qui ont conduit le mouvement d’émancipation au naufrage immense qui s’est déployé à un point inégalé dans les trente dernières années.

Dans le premier cas, on ne s’intéresse qu’à « l’ennemi » d’où viendrait tout le mal (on est bel et bien dans une théologie politique), tandis que, dans le second, on considère que c’est dans l’interaction avec la réalité que la recherche de l’émancipation a présenté des faiblesses terriblement critiquables, faiblesses qui sont de toute évidence la grande raison de la permanence des conditions inégalitaires. Le dynamisme d’éventuels théoriciens de l’inégalité proviendrait dès lors davantage de ces lacunes que de leur capacité à théoriser et à instituer des « appareils idéologiques » pervers.

Dans le premier cas, on cherche à travers la définition de l’adversaire immonde la construction d’un unanimisme rassurant. Dans le second, on apparaît comme un questionneur embarrassant, susceptible de diviser le prétendu « camp » opposé au désordre existant, puisque celui-ci devrait commencer par faire un long travail de bilan sur lui-même avant de pouvoir prétendre reprendre une lutte qu’« il » a si manifestement gâchée.

L’étrangeté du contenu de l’entretien espagnol de Rancière et le caractère suspect de ses liens avec les pires idéologies autoritaires issues du marxisme rendent indispensable la lecture de l’ouvrage qui est le prétexte de cet échange.

Un curieux ouvrage

(« La Haine de la Démocratie », 2003) La lecture de « La Haine de la Démocratie » permet en effet de comprendre la manière dont Rancière articule sa charge. Il entend réagir contre ce qu’il considère comme un état d’esprit dominant dans le « parti intellectuel » français au cours des années 1980 et 1990, état d’esprit qui se serait développé à partir d’une discussion sur l’état et les buts de l’éducation. Cette formulation de « parti intellectuel » est très commode, en ce sens qu’elle est censée désigner non pas l’ensemble des « penseurs » estampillés, mais ceux qui feraient l’opinion, ou du moins l’orienteraient de façon plus ou moins sournoise. Rancière est tout de même conscient que ce « parti intellectuel » n’a pas le vrai pouvoir et qu’il piaille plus qu’autre chose. Il n’est pas loin d’admettre qu’il s’agit d’une question de standing, plus que de doctrine pour ces « penseurs », qui n’ont pas à se plaindre de leur sort… (il admet, p. 100-101, que ceux qui rêvent d’un gouvernement restauré des élites à l’ombre d’une transcendance retrouvée s’accommodent au total de l’état des choses existant dans les « démocraties », et que leur discours apocalyptique obéit à la logique de l’ordre consensuel, etc.). Pourquoi Rancière est il parti en expédition intellectuelle contre un discours finalement si peu autonome ?

Rancière dénonce la vision qui veut faire de la « démocratie » le règne des désirs illimités de l’individu consommateur dévorant l’État, que portent ces doctrinaires (JC Milner, mais aussi Benny Lévy, etc.). Et c’est là qu’apparaît la nature véritable de cette dispute : il s’agit moins d’une polémique entre membres du « parti intellectuel » que d’un règlement de comptes entre anciens ténors idéologiques des années 1970. Les remarques rageuses de Rancière sur Agamben (et les tenants d’une analyse de « l’Empire », qui ne sont pas nommés, mais où l’on reconnaît sans peine Negri) ressortent de la même logique. Il leur reproche, symétriquement, avec leurs analyses « bio-politiques », de faire comme le monde n’était plus qu’un vaste camp privé de libertés, soumis à un « état d’exception » permanent. Rancière présente, par ailleurs, la fâcheuse tendance de procéder par amalgames, et semble répondre à une confusion par une autre confusion. Il met ainsi une énergie particulière à attaquer ceux qui ont analysé le « totalitarisme », qu’il s’efforce d’associer à la « nouvelle haine de la démocratie » (Furet, mais aussi H. Arendt, et C. Lefort). Ils auraient permis et préparé le glissement des années 1980-1990. De façon lourdement significative pour qui ne partage pas ses a priori idéologiques, il évite toute critique de l’Union soviétique (voir p. 85), dont l’effondrement « après une longue dégénérescence » lui paraît avoir ouvert la voie à ce révisionnisme réactionnaire, multiforme, sur la démocratie. Cette défense en demi-teinte procède surtout par sous-entendus, mais elle paraît plus symptomatique par ce qu’elle ménage que par ce qu’elle attaque.

Rancière remonte jusqu’à Platon dans sa discussion sur les formes de gouvernement pour montrer que les tendances néo-réactionnaires qu’il désigne et auxquelles il attribue une hégémonie idéologique relèvent d’une généalogie particulièrement ancienne. Ce serait la figure de l’ennemi antique, presque sans âge, qui se présente à nous sous les traits de ces doctrinaires (et dont les contre-révolutionnaires tels que Joseph de Maistre ou Donoso Cortès n’auraient été que les maillons les plus révélateurs). Néanmoins, cette discussion sur Platon fait apparaître une série de remarques en rapport avec la réalité des régimes politiques existants. Il faut sans doute y voir l’effet régulièrement éclairant de cette « source grecque », au-delà des références partisanes.

Rancière quitte donc momentanément la discussion sur les « théories », pour se référer à la dimension oligarchique pratique sur laquelle la totalité des régimes contemporains dits « démocratiques » se sont effectivement repliés, ce qui lui permet d’en rappeler les caractéristiques. C’est là seulement que certains de ses développements, largement absents de l’entretien avec « archipeliago », prennent un tour un peu intéressant.

Son rappel de l’importance du « tirage au sort », qui embarrasse tant Platon, pour définir la nature démocratique des procédures, l’amène à souligner à quel point pour la plupart des théoriciens de la chose politique jusqu’à l’époque moderne, « le bon gouvernement, c’est le gouvernement de ceux qui ne désirent pas gouverner » (ceux qui briguent devant être écartés de la liste des gens aptes à gouverner). En insistant sur le fait que le scandale de la démocratie (et du tirage au sort qui en est l’essence), c’est le pouvoir propre de ceux qui n’ont aucun titre particulier à gouverner, il remet en évidence tout ce que les régimes contemporains s’efforcent d’évacuer. Il se sert même d’une formule de R. Aron, qui avait bien vu que l’oligarchisation était une tendance permanente des sociétés modernes, dont elles se défendaient plus ou moins.

Le plus curieux, c’est que Rancière s’abstient de toute référence à Castoriadis, alors qu’il semble retrouver certaines formulations typiques des tendances à l’auto-institution dont celui-ci a défini les caractéristiques (p. 56, « la politique, c’est le fondement du pouvoir de gouverner dans son absence de fondement »). Ce silence a là aussi sa fonction, même si l’identification entre « démocratie » et « politique » est à première vue énigmatique. Les échos intellectuels de ce type d’analyse évoquent un courant idéologique voisin, autour de Mario Tronti, dont l’ouvrage « La Politique au Crépuscule » développe des thématiques tout aussi intrigantes. L’insistance de ce dernier sur la « grande politique » dont était capable l’ancien « mouvement ouvrier » (toutes tendances confondues, et surtout les pires), et ses références explicites à Carl Schmitt dégagent une ambiance intellectuelle décidément similaire (à partir de considérations abstraites et complexes, Tronti retrouve lui aussi certains éléments de la réalité, tout en ménageant ce qui fut moteur dans le naufrage du mouvement d’émancipation, le crime stalinien planétaire). L’intérêt explicite de C. Schmitt pour les penseurs de la contre-révolution (De Maistre, Donoso Cortès, etc.) laisse à penser que la mention presque obsessionnelle de ces figures chez les héritiers du stalinisme trahissent une convergence paradoxale avec l’univers mental de ce théoricien.

Les marxistes (notamment les opéraïstes, dans la variante de Tronti, proche du PC officiel italien des années 1960 et 1970, comme dans celle de Negri, tournée vers les groupes extra-parlementaires et la social-démocratie) tendent toujours à ramener les processus sociaux à de simples rapports de force, d’où leur volontarisme étatique, leur « décisionnisme », en langage schmittien. Ce qu’ils appellent « politique » renvoie à un champ beaucoup plus réduit que celui attribué à ce terme par Aristote (sans même parler de H. Arendt ou de C. Lefort). Comme ne pas résumer l’attitude marxiste typique par la rechercher des moyens d’instrumentaliser les réactions sociales en vue d’un « projet » dont la nature est toujours en rapport avec une prise du pouvoir ? Rancière, comme Tronti (dont l’ouvrage mentionné montre à quel point il a pris la mesure de l’ampleur de la catastrophe historique subie par la classe ouvrière, bien qu’il réussisse à éviter tout bilan sur la nature et les effets du stalinisme), balancent en somme entre certains éléments pratiques de lucidité et les pires topiques du stalino-gauchisme. Le pathos de Rancière sur l’égalité qui, à ses yeux, sourd même des processus inégalitaires prend une résonance curieuse quand on voit à quel point il tait ce que fut la bureaucratisation destructrice du mouvement ouvrier. Il y aurait des inégalités que l’on peut tolérer…

Il n’est sans doute pas indifférent que Rancière mentionne que l’attrition de la démocratie par l’oligarchie puisse ouvrir la voie à de nouveaux projets de pouvoirs hétérénomes (même si ce n’est pas son vocabulaire), comme il le perçoit avec l’islamisme radical, qui vise explicitement la destruction de la démocratie « au nom du Coran ».

La conclusion de l’ouvrage montre qu’il s’efforce de s’émanciper à sa manière de la théologie politique qui fut la sienne : l’exigence de démocratie ne doit plus être subordonnée à l’exigence de société nouvelle (« comprendre ce que démocratie veut dire, c’est renoncer à cette foi », p. 106). Aucune nature des choses ne garantit la démocratie. Elle n’est portée par aucune nécessité historique et n’en porte aucune.

Là aussi, il tend à rejoindre, plus ou moins à reculons, certaines thématiques castoriadiennes, mais il ne veut pas le savoir, comme s’il lui fallait, envers et contre tout sauvegarder le cadre althussérien de ses présupposés.

Paris, avril 2007


Commentaires

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Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière
jeudi 9 avril 2015 à 17h58 - par  Quentin

Et voici a présent notre J. Rancière aligner les poncifs islamo-gauchistes agrémentés de quelques absurdités de son cru :

http://billets-du-temps-perdu.blogs...

On y apprend que la liberté d’expression ne peut servir qu’à contrarier l’État ; que s’en réclamer, comme se réclamer de l’égalité ou de la laïcité, ne sert qu’à disqualifier les « immigrés » ; que la laïcité elle-même, d’ailleurs, n’a été qu’une guerre de clans entre l’Église et les Républicains de la Belle Époque ; que la stigmatisation des musulmans est le fait de la gauche déçue du mitterandisme (et c’est un ancien maoïste qui le dit !) ; que l’école n’a pas à combattre la bigoterie parce qu’elle n’émancipe pas les pauvres (l’inverse ne sera malheureusement pas vrai) ; que le Front National triple ses scores mais qu’il ne se passe toujours rien ; etc. etc.

Après tout ça on voit celui qui a tiré ses leçons d’Althusser se lamenter sur la mort de la gauche... dans le Nouvel Obs...

Le seul propos sensé est brutalement auto-destructeur, mais parfaitement vrai et aurait mérité de constituer le chapeau de l’article, histoire d’éviter au lecteur d’inévitables malentendus :

« J’ajouterai que faire appel aux intellectuel, c’est faire appel à des gens assez crétins pour jouer le rôle de porte-parole de l’intelligence ».

Q.

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Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière
jeudi 11 février 2010 à 16h43 - par  Jean-François

Je ne crois pas qu’il soit foucaldien. Il dit quelque part qu’il a été influencé un peu au début des Révoltes Logiques comme beaucoup d’autres, mais qu’il s’en est éloigné : Rancière a une réflexion sur ce qu’est la politique, qui pour lui est la démocratie. Foucault parlait du pouvoir, du bio-pouvoir, voir d’une biopolitique à la fin de sa vie (quand il a développé cette idée que le pouvoir politique voulait s’occuper et régenter les vies) que ses « successeurs » ont développé et extrapolés (en son absence !) sur les canons spinozistes de l’immanence, qui correspond aussi à l’immanentisme de Negri des pulsions et des énergies prolétaires. La revue Multitudes est le lieu de cette expression là. Je crois que Rancière dit, dans une interview, que Foucault n’avait aucunement une réflexion en direction de la politique... (de là à penser que son nom et quelques textes soient utilisés post mortem...)

Rancière pense que la politique est un processus de subjectivation et n’est pas un déjà-là, porté inconsciemment par des « sujets » préexistants ou parce que ce serait dans leur nature (là il s’éloigne d’Aristote et son animal politique). La politique est donc bien une relation et une action. En cela il se rapproche bien d’Hannah Arendt, même s’il s’en éloigne par ailleurs.

Quant aux luttes, je ne connais aucune lutte qui n’essaie pas de mettre en avant sa visibilité. Elle fait partie du rapport de force… Les luttes invisibles, c’est ce dont rêve tout oligarque, tout chef d’Etat, toute multinationale qui veut pouvoir faire ses saloperies sans que cela se sache. Le visible qui est aussi l’audible de la parole (et non le bruit de la souffrance), etc…

Vous faites fausse route. La démocratie, je veux dire son exercice, doit se passer dans une sphère de visibilité, de présence à soi d’une collectivité politique, dont l’agora est le symbole si l’on veut. C’est une scène, où s’exprime non pas des vérités mais des opinions. Où des paroles sont prononcées et écoutées. Où il y a des corps. Elle peut être une scène du faux-semblant, du paraître, comme la vie. Et tant pis à partir du moment où l’on récuse un principe de vérité. C’est peut-être pour ça que la démocratie est si fragile, si peu sûre, si difficilement pensable.

Mais je crois que sur ce point aussi, Rancière n’a rien inventé : il a peut-être reformulé, condensé : il faudrait revoir ce que disaient Arendt et Lefort sur le sujet : pluralité, parole, espace politique…

Sur l’institution, je ne crois pas qu’il ait beaucoup développé. Enfin, je n’ai pas tout lu.

Par contre sur l’égalité, je crois qu’il la pose comme une axiomatique. Je ne crois pas qu’il se réfère à une “nature” de l’homme à la Rousseau ou une essence. Mais, il dit : il y a de l’égalité partout, y compris là où on la croit improbable (rapport maître-esclave)

Il ne dit pas qu’il n’y a pas d’inégalité mais que l’on ne peut penser l’égalité, l’émancipation, la démocratie, qu’à partir du moment où elle a été posée au départ, selon cette vieille règle que l’on démontre toujours ce que l’on a présupposé. C’est là sa querelle avec les bourdieusiens, les analystes des inégalités et de leur reproduction, marxistes souvent, sociologues, de ne jamais penser au-delà de cette reproduction des inégalités. Et donc d’un certaine manière de la trouver ou bien normale ou bien d’une anormalité que seule la conscience politique extérieure viendra dénoncer et représenter : le parti, les savants, les philosophes-rois. Maoïste ? C’est une obsession. C’est pas parce que l’on parle de Badiou qu’il faut voir des maoïstes partout !

Enfin, sur la spontanéité, je ne suis pas moi-même contre une bonne dose de spontanéisme des mouvements sociaux, des luttes, des formulations nouvelles, des moments révolutionnaires, contre la politique institutionnelle, spécialisée et routinière des partis, ou la lente accumulation des forces sous la supervision de l’avant-garde… Sans spontanéité, pas de Mai 68, ni de mai-juin 36 ! Et je préfère personnellement la spontanéité : des mouvements auxquels j’ai pu participer, ce sont les plus spontanés qui m’ont toujours donné envie de recommencer. Les autres mouvements m’emmerdent. Les manifs traine savates (même si elles sont nécessaires). Les organisations et leurs rituels m’ennuient.

Je dirais même que s’il y avait quelque chose d’intéressant à débattre ou réfléchir, pas seulement par rapport à Rancière, c’est la dessus : l’articulation de la spontanéité sociale (des mouvements de contestation) et d’une politique qui s’auto-constitue comme telle à partir de là…

Je dirais plutôt trouver chez Rancière un mélange de communisme (générique) et d’anarchisme ou démocratie radicale. C’est peut-être votre définition du maoïsme (les gardes rouges, c’est ça ?), mais ce n’est pas la mienne. Ni celle de l’anarchisme ou du communisme. Mais là encore c’est réducteur.

Et je crois que Rancière a mené une bataille pour sauver la politique, pour faire droit à la politique (= démocratie) et la penser, contre la philosophie (Platon, Althusser, Badiou), contre la sociologie (Bourdieu and co, influencé par les catégories d’Althusser sur les structures et les appareils d’Etats ou un marxisme sociologique), qui de chaque côté veulent la soumettre et la faire disparaître.

Il court du coup le risque d’une posture trop “politiste”, pas assez sociale, comme en son temps Lefort.

C’est cette même critique qui semble toucher Miguel Abensour pour l’évolution de son travail : s’intéresser trop aux moments de rupture et de création politique, détacher la politique de l’Etat, et oublier les déterminations du social

Je vous transmets un lien vers un article qui défend ce point de vue, que je ne partage pas mais qui éclaire une problématique :

http://www.marxau21.fr/index.php?op...

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Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière
mardi 26 janvier 2010 à 14h45 - par  Nicolas Poirier

Commentaire sur le rapport Castoriadis-Rancière

Lorsque j’ai commencé à lire Rancière, j’avais l’impression que le couple police-politique jouait un peu le même rôle que le couple institué-instituant (ou le politique - la politique) chez Castoriadis. D’une certaine façon, Rancière assume pleinement la position radicale du pouvoir instituant (la politique) au delà de l’institué (la police) mais visiblement il ne pense pas la nécessité d’un pouvoir institué. Il partage aussi avec Castoriadis le même rapport critique à Platon et défend une forme d’agir démocratique radical. Je crois que pour lui l’institution doit se comprendre comme un partage des places, une distribution symbolique des fonctions et une distribution matérielle des richesses, et que la politique (l’émancipation) doit justement bouleverser cette articulation, en rendant visible ce qui devait rester invisible, audible ce qui devait rester inaudible, en faisant ressortir ainsi ce qu’il y a d’hétérogène (l’exigence d’égalité) dans cette trame homogène où chacun est censé être à sa place, et qui recouvre bon nombre d’inégalités. Plus largement , je crois que la matrice intellectuelle de Rancière est à chercher dans la thématique de la plèbe selon Foucault, avec cette idée d’une sorte d’insurrection « plébeienne » qui ne cherche pas à se traduire par une transformation effective des rapports de pouvoir, mais se borne à exister en tant que puissance de contestation. Rancière est aussi paradoxalement plus proche de Lefort, puisque pour Lefort, l’agir démocratique ne consiste pas à prendre le pouvoir pour le transformer radicalement en un sens démocratique, mais à revendiquer des droits contre lui. Les positions défendues par Rancière sont dans un tout autre contexte (écroulement du « socialisme réel » notamment) très proches des positions que défendait Lefort dans les années 1960 (voir certains de ses textes repris dans Elements d’une critique de la bureaucratie, Tel, 1979)

Donc pour Castoriadis il faut penser ensemble l’instituant et l’institué, dans un rapport d’union et de tension, l’instituant assumant la nécessité à un moment donné de s’instituer, d’où l’idée que le demos doit obéir à la loi qu’il se donne. Il y a un moment nécessaire de l’instituant (la remise en cause) et un moment nécessaire de l’institué (l’obéissance à la loi). Le fonctionnement normal d’une société démocratique ce serait pour Castoriadis la chose suivante : le pouvoir est explicité dans toutes ses dimensions, les individus y participent totalement, ils créent des lois, des institutions qu’ils doivent en même temps pouvoir transformer toujours à nouveau. il faudrait un mode d’institution qui rende possible et légitime la désobéissance tout autant que l’obéissance ; la démocratie est sans doute fondée sur une injonction paradoxale : « je t’ordonne de désobéir ».

Pour Rancière je crois qu’il faut penser l’instituant contre l’institué. L’institué peut être transformé sous l’action de l’instituant, mais d’après Rancière il ne semble pas y avoir de sens à ce que l’instituant s’incarne en tant que pouvoir institué.

Je dirai que Rancière pense la politique sans l’institution, en ce sens pour lui il y a aura toujours un pouvoir oligarchique qu’il faut se borner à contester. D’un certain point de vue il reconnait implicitement que le principe de domination existera toujours. Castoriadis va sans doute plus loin, en ce sens son projet est effectivement révolutionnaire, car il s’agit de changer le rapport de l’instituant au pouvoir, mais en même temps, cela oblige de penser un principe d’autorité instituée avec ce que cela peut comporter d’un peu « désagréable » (système d’obligations, sanctions éventuelles.....) Je crois que Michéa est plus proche de Castoriadis, mais je me méfie un peu de cette « nostalgie » pour la société décente d’avant la révolution libérale, j’ai l’impression que Michéa refuse net de penser l« idée d’individualité, de subjectivité, qu’il ramène trop facilement peut être à une expression pathologique de narcissisme. Or je crois, c’est un peu le sens du contrat narcissique selon Piera aulagnier, que le »narcissisme" (la construction du soi, l’instauration d’un rapport réflexif à soi) est un « projet » plus qu’une pathologie. Ceci dit je peux me tromper en lui imputant des choses fausses, je connais trop mal Michéa.

lundi 1er février 2010 à 18h28

Ces propos m’éclairent beaucoup et recoupent très bien ce que j’avais pu comprendre de mes lectures sur Rancière, comme « le maitre ignorant ».

Dans ce dernier, l’aspect « anti-institution » de sa pensée est flagrant, et tend même vers une posture anti-sociale radicale ("il ne peut y avoir d’intelligence pour un groupe",...), finalement très pessimiste. On dirait que pour lui, il ne eut y avoir d’émancipation que « moléculaire » ("tout pouvoir est mauvais" - je le crois effectivement très foucaldien), et une succession de luttes qui rendent « visibles » ceux qui ne l’étaient pas : à charge de l’oligarchie de « gérer » tout ça du mieux possible... Si c’est le cas, il contribue à son renforcement en tant qu’instance unique de rassemblement / gestion / légitimation et Rancière serait le versant « subversif » du fonctionnement actuel en lobby... Je ne sais pas si c’est réellement sa pensée, mais les militants qui s’en réclament agissent de la sorte - et sautent de déboires en déceptions...

Il y aurait donc à la fois du « révoltisme », en opposition à la posture révolutionnaire, mais aussi une forme « soft » de solipsisme, puisque j’ai cru comprendre aussi qu’il inscrivait l’égalité comme surgissant presque dans un subjectivisme pur, hors de tout contexte social-historique, et de toute possibilité de médiation autre qu’inter-individuelle. J’ai l’impression que son déni de l’institution, au sens le plus large - castoriadien - du terme, va jusqu’à une sorte de liberté à la Sartre.

J’ai aussi cru comprendre qu’il voyait cette égalité comme fondement à tous les rapports sociaux, bien entendu immédiatement recouverte par la domination. Ne serait-ce pas là une conception rousseauiste et spontanéiste héritée du maoisme, qui confond tendance à la clôture face au chaos et rationalistaion de l’état du monde face à la possibilité historique de l’égalité ? autrement dit, est-ce que pour lui il n’existerait-il pas une égalité posée là, depuis la nuit des temps de l’humanité, toujours menançant l’ordre des chose, et que recouvrirait en permanence toute institution humaine ?

Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière
mercredi 9 décembre 2009 à 10h43

En somme Rancière devrait payer pour un pêché originel de jeunesse, et aussi être déclaré coupable pour ce qu’il ne dit pas (il ne cite pas Castoriadis). C’est un peu gros. A ce compte là, il y a du monde à soumettre à la question. Etre responsable de ce que l’on n’a pas dit me semble assez détestable car c’est un puits sans fond, celui du soupçon et de l’aveu qu’il est loisible d’appliquer à tout le monde.

Je pense personnellement qu’il y avait beaucoup mieux à faire que la Gauche prolétarienne à l’époque où elle a existé. Mais les délires de cette époque là n’étaient pas que “maoïstes” : on a eu aussi des délires structuralistes, linguïstico-sémioticiens, désirants, situationnistes, ultra-gauche, notamment ceux qui ne voyaient rien de bien extraordinaire ou de particulier dans l’extermination des Juifs… Et j’en passe.

Le plus important n’est pas que Rancière ait été à la GP mais sur la manière dont il en est sorti. En tout cas beaucoup mieux que la plupart des cadres, intellos, qui sont passé par là.

Et, c’est mal d’avoir enseigné à Vincennes ?

J’y ai mis les pieds deux fois vers 1976 (j’étais alors lycéen), pour assister à un cours-conférence d’un enseignant que j’aimais bien qui s’appelait Jean-Michel Palmier, un germaniste qui travaillait sur l’expressionnisme allemand, la montée du nazisme, W. Reich, W. Benjamin… C’était passionnant.

J’ai personnellement découvert Rancière en découvrant « Les Révoltes Logiques », vers 1976. J’ai le souvenir d’un courant d’air frais dans les publications politiques ou “théoriques” de l’époque. Il y a avait aussi Jean Borell, Arlete Farge, Geneviève Fraisse, Danièle Rancière… Je crois qu’ils et elles étaient dans un vrai travail de recherches et d’interrogations. Moins de grands discours totalisants sur la capitalisme, sur le social, l’économie, la classe… mais un travail d’enquête, de consultation des archives sur la parole ouvrière et les utopies.

Et puis quand même : La GP, Vincennes, c’était quand déjà ? On est presque en 2010, non ?

Je crois d’ailleurs que dans une interview, Rancière fait référence à Castoriadis pour dire en quoi il peut se sentir proche (le pouvoir instituant de la démocratie) et en quoi son propos est autre.

Je crois que le propos de Rancière est plus de faire droit à la politique (démocratie) contre la philosophie, contre la prétention de la philosophie politique à dire le vrai et le faux, le bien et le mal sur la manière de faire de la politique (= gouverner). En ce sens, par certains côtés, je le rapprocherais plus d’Hannah Arendt, ou du moins de l’Hannah Arendt vue par Miguel Abensour (dans « Hannah Arendt contre la philosophie politique », Sens&Tonka) : contre le platonisme et les philosophes-rois…

Le combat « anti-institutionnaliste » n’est pas pour moi « atavique » mais profondément démocratique. Car si aujourd’hui il est possible, audible, de critiquer le pouvoir des riches, le gouvernement des possédants, il est beaucoup plus difficile de s’en prendre au pouvoir des savants, des experts et des compétents : c’était d’ailleurs me semble-t-il là un des éléments qui ont contribué à mettre à jour la position critique de SoB sur le capitalisme : le pouvoir des compétents.

Plus et mieux que faire le procès des personnes, de ce qu’il ont fait et de ce qu’ils n’ont pas dit, voyons ce qu’ils disent et en quoi les idées et les pensées mises en circulation aident ou pas à élaborer une (des) paroles critiques de la domination et à faire quelques propositions pour œuvrer à un nouvel imaginaire social-politique qui ne confonde pas démocratie et pouvoir de l’oligarchie.

mardi 29 décembre 2009 à 15h05 - par  LieuxCommuns

Il faut croire que pour Rancière le délire de la « Gauche Prolétarienne » n’est pas si loin, si autant digéré que ça, puisqu’il assimile les acteurs de Mai 68 avec les dirigeants gauchistes de l’époque...

Voir les premières lignes de « Notes contre la commémoration » :

http://www.magmaweb.fr/spip/spip.ph...

Rancière, sur pièces
dimanche 8 novembre 2009 à 15h35

Le qualificatif de « stalinoïde » décrit tout au plus les procédés (occultation, falsification) utilisés dans l’article... Il y a déjà 35 ans que « La leçon d’Althusser » (de J.R) était tout à fait explicite quant au « matérialisme dialectique ».

C’est aussi le cas d’ouvrages et entretiens plus récents.

Un entretien avec Jacques Rancière, Le sabot, outil de liaison locale sur Rennes et ses environs, n° 4, mars 2009

Déconstruire la logique inégalitaire, entretien avec Jacques Rancière, De mai 68 à..., La parole errante, 2009.

dimanche 8 novembre 2009 à 17h17

Fargette est certainement très polémique, mais sans doute est-ce nécessaire pour tirer l’esprit critique de son engourdissement prolongé, particulièrement dans ces zones politico-intellectuelles.

Reste ce qu’il dit, et qui n’est ni infirmé ni discuté nulle part, et certainement pas dans ces deux interviews communiquées, où il louvoie constamment face à des questions précises (et pour certaines importantes), étale sa complaisance face au délire maoïste de la Gauche Prolétarienne, au naufrage institué de Vincennes, ne met nullement en garde contre un « enseignement de l’ignorance », perdure dans une sorte d’anti-institutionnalisme atavique qui rentre forcément en résonance avec l’atomisation actuelle, et bien entendu, ne cite toujours pas Castoriadis, auteur, par exemple, en 1973 du texte important « La question de l’histoire du mouvement ouvrier », qui n’a pas pu ne pas inspirer celui de « La nuit des prolétaires ».

Fargette est très clair dans son propos et il n’y est pas question de matérialisme dialectique : il parle d’un ralliement tardif et approximatif à des thèses importante qui méritent, elles, mieux que ça.

Quand un stalinoïde prétend traiter de la démocratie, Rancière
mardi 30 juin 2009 à 20h04

Dire de Rancière que c’est un « stalinoïde » (titre de l’article) faut le faire !

Il me semble que dès 1975, dans « La leçon d’Althusser » il avait réglé son compte avec le matérialisme historique, sa prétention à la scientificité, sa justification de la division sociale (intellectuelle) du travail et de la domination des savant (intellectuels), etc.

La revue « Les révoltes logiques » qu’il a fondé peu après était une rupture nette avec, entre autres, le marxisme. Il s’agissait d’aller voir d’un peu plus près ce que disaient et écrivaient les prolétaires et pas ce qui se disait sur eux : là c’était la question du sujet ouvrier et de son supposé destin qui en prenait un coup.

Un peu plus tard (1983), dans « Le philosophe et ses pauvres », il s’en prend directement à la fois à Platon, Bourdieu, Marx… d’une manière on ne peut plus tranchante et définitive.

Quant à ses réflexions sur la politique et la démocratie, il me semble que son petit livre « Aux bords du politique » date de 1990… ce qui n’est pas exactement très récent tout de même.

Et si Rancière s’en prend à Negri, et aux post-deleuziens / foucaldiens et que sais-je encore, c’est parce qu’il ne croit pas dans l’immanence de toutes choses ni ne partage cette sorte de vitalisme qu’on nous sert en guise bouillie de la pensée (bio)politique.

Je ne sais pas si Rancière « prétend traiter de la démocratie » comme vous le dites.

Je crois au contraire qu’il en parle assez bien, en tout cas bien mieux que la plupart des « penseurs » et des idéologues qui, au nom d’une vérité cachée de l’inégalité, n’ont d’autres soucis et d’objectifs que d’en disqualifier à la fois l’idée, sa portée immédiate et sa potentialité émancipatrice et instituante.

Dommage que sur un site qui me semble par ailleurs intéressant, et dont je peux me sentir proche (Castoriadis, démocratie radicale, entre autres), il ne soit pas fait un accueil plus ouvert et moins malveillant à une des rares personnes qui publient des choses dans une certaine proximité.

Je n’ai pour ma part aucune sympathie ni pour les post-operaïstes, post-deleuziens et autres « heideggeriens de gauche », ni pour Alain Badiou par exemple.

Mais voir des « stalinoïdes » partout, ouvrir un grand sac et y jeter pêle-mêle Moulier-Boutang, Rancière, Agamben, Negri, Badiou… c’est peut-être pratique mais pas très convainquant. En tous cas, cela n’aide pas à penser et à réfuter.

Dans tous les cas, je pense que Rancière mérite mieux que tout ça.

Jean-François

jeudi 2 juillet 2009 à 08h16 - par  administrator

Bonjour,

Merci pour votre commentaire, avant d’y répondre sur le fond, juste une précision concernant le statut de l’article que vous commentez. lorsque vous dites : « Dommage que sur un site qui me semble par ailleurs intéressant, et dont je peux me sentir proche (Castoriadis, démocratie radicale, entre autres), il ne soit pas fait un accueil plus ouvert et moins malveillant à une des rares personnes qui publient des choses dans une certaine proximité. »

je voulais juste rappeler le petit préambule qui se trouve en tête de la rubrique pistes de travail à savoir qu’il s’agit ici de « Quelques textes extérieur ou non, réunis en thèmes qui nous semblent important d’investir. Comme il s’agit ici de documents de travail, voire en travail, ils ne reflètent pas nos points de vue, et ce quels qu’en soient les auteurs, mais nous paraissent toujours comporter des éléments susceptibles d’enrichir nos réflexions et pratiques. »

Cordialement

Magma

Logo de ArOn
mercredi 8 juillet 2009 à 23h16 - par  ArOn

Cher Jean-François, cher Magma,

tout d’abord pleins de bulles pour ce sous marin qui nous fait refaire surface.

J’avoue comme vous J-F que le texte de ce Monsieur Fargette m’a gratté les neurones. Ceci n’étant pas uniquement à cause de mon ignorance crasse mais lecteur, non assidu mais intéressé, de Rançière, j’ai trouvé moi aussi que l’attaque était un peu rude. Rançière serait intéressant à lire sur ses marges...et encore. Oui, il mérite mieux que ça...Monsieur Fargette semble louper quand même l’idée développé par Rançière de la démocratie comme gouvernement par ceux qui n’ont pas de titre à gouverner. Rompre avec le système oligarchique...quoi.

Ha, sacré Monsieur Fargette ! Rançière mérite mieux que ça. Il mérite au moins qu’on essaye de le comprendre. Et c’est vrai que certaines questions restent pour moi en suspend. Comme Monsieur Fargette, je me demande pourquoi il ne se réfère jamais à Castoriadis ? Et puis plus récemment l’ascension People de Rançière m’interpelle. Pourquoi si Rançière à autant tranché que vous le dites avec son passé, se retrouve-t-il à Londres pour sauver l’idée de communisme aux côtés de Badiou et Zizeck ? Comme le dit ce fantastique intellectuel, Arnaud Viviant, « on aimerait savoir ce que Rancière a bien pu raconter »1. Enfin, et c’est le plus important pour moi, pourquoi est ce que je n’arrive pas à trouver ce putain de livre : La leçon d’Althusser (plus édité me dit-on ! Censure rançièrienne ?) ?

Non, vraiment je reste attaché à la lecture de Rançière mais je commence à prendre gout à ce Monsieur Fargette...qui gratte, qui gratte.

Bien à vous, un dissident de la lecture attentive...

1 - La chronique d’Arnaud Viviant