Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers

samedi 20 juin 2009
par  LieuxCommuns

Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers.

Le mythe du grand soir

Par Dominique BOULLIER

mardi 11 novembre 2003

Par Dominique Boullier professeur à l’université de technologie de Compiègne

Le supposé système n’est jamais plus fort que lorsqu’on lui donne les traits de la toute-puissance, qu’on en fait un bloc tellement général et lointain que personne ne peut espérer le faire changer. e mouvement social a besoin d’un débouché politique », entend-on couramment à gauche, comme si cette question était la clé d’un renouveau. Nous pensons exactement l’inverse : avec d’aussi vieilles notions, l’impasse est garantie.

Et tout d’abord pourquoi se permet-on, même José Bové, de parler « du mouvement social » ? Est-ce que les altermondialistes, la lutte contre la réforme des retraites, celle des intermittents, celle des enseignants ou encore celle contre les licenciements sont si identiques que cela ? Parlons plutôt « des » mouvements sociaux, ce sera déjà une obligation de respecter les particularités et la complexité de chaque cas. Pourquoi d’ailleurs oublierait-on ceux qui se battent à longueur d’année pour une eau de meilleure qua lité en Bretagne, pour des services publics dans leurs quartiers ou encore ceux qui mettent sur pied des associations, des coopératives, qui explorent de nouvelles façons de travailler, de vivre ensemble dans leur commune ou de pratiquer l’éducation ?

Pourquoi seule « la lutte », et plus précisément la grève, aurait-elle une vertu miraculeuse ? On peut sérieusement douter que le conservateur Blondel se préoccupe d’une supposée prise de conscience permise par la grève ! En réalité, ceux qui tiennent ces discours généraux sur le mouvement social et sur les vertus de la lutte continuent à véhiculer le mythe de la « grève générale », qui constitue le seul bagage stratégique des organisations trotskistes, par exemple. Au fond, toutes ces « petites luttes », ces petites victoires éventuelles, ça ne les intéresse pas, tant que ça ne prépare pas au grand soir. Voilà en fait ce qu’ils entendent par « débouché politique ». Ce qui veut dire aussi que les mouvements sociaux, sans l’intervention des politiques, sont « bouchés », ce qui n’a rien de bien aimable !

La version social-démocrate, elle, est plus classique : les mouvements sociaux ne trouveront de véritable réponse que dans le vote pour les partis de gauche, tout le reste n’est qu’agitation, certes noble mais sans grand lendemain. Bref, déléguez-nous le pouvoir et passons aux choses sérieuses, avec des professionnels, les « vrais déboucheurs du mouvement social » !

Pour d’autres enfin, le « débouché politique » semble devoir venir de lui-même par la « conscientisation progressive des masses », éduquées dans l’altermondia lisation : « l’hégémonie » culturelle à la Gramsci préparée par le Monde diplomatique devrait faire advenir un autre monde. Plus la cause est générale (mondialisation, capitalisme, marché et autres grands mots qu’il est effectivement grand temps de mettre en question), et plus on est sûr de trouver une explication à tous les problèmes mais plus on est incapable de proposer des solutions pour chacun là où il est, pour continuer à vivre en attendant ou pour changer dès maintenant.

Cependant, tous ces spécialistes du supposé « mouvement social » feignent d’ignorer que, depuis un an, ce sont les défaites successives qui l’ont avant tout marqué. Et qu’on devrait peut-être s’interroger sur ces défaites avant de passer aussi vite à ce miraculeux débouché politique. Ce qui manque plutôt, c’est un vrai « débouché » social ou syndical, qui permettrait enfin « aux gens » de gagner et de reprendre confiance en eux, c’est-à-dire tout simplement une stratégie gagnante.

L’activité politique traditionnelle, même la plus radicale, ne s’intéresse guère aux détails (défaite ou victoire, et alors ?) et aux enjeux particuliers de ces luttes ou de ces organisations locales. Les « politi ques », mais aussi ceux qui sont contre la politique et sacralisent « le mouvement social », renforcent ainsi la vision mythique du pouvoir, ce pouvoir qui serait quelque part, là-haut de préférence, et qui n’aurait finalement que peu de rapports avec les comportements de chacun dans sa vie quotidienne. Alors que le pouvoir ne fonctionne que comme couplage, partout dans toutes les situations, et qu’il est toujours relatif, relié à d’autres et conflictuel. C’est une caractéristique d’un rapport social, et non un lieu sacré. Or, si les mouvements sociaux ne parviennent pas à « gagner », c’est précisément parce qu’on leur donne comme cible ce supposé pouvoir et qu’ils ne peuvent dès lors participer à son exercice, à son changement dans chacune de leurs activités, dans l’entreprise, l’école ou le quartier. Plus encore, si l’on perd, c’est parce que l’on part battu idéologiquement, en acceptant le terrain de l’adversaire. Ainsi, le « mouvement social » accepte de défendre un accord ancien pour les intermittents qui rémunère honteusement, sous forme d’indemnités de chômage, du temps de travail réel de préparation des spectacles : on évite ainsi d’imaginer un autre système de financement, clair et socialement reconnu, du travail des artistes. De même, on accepte de faire dépendre le montant des retraites du temps de travail effectif dans un monde où les durées de travail et les emplois diminuent constamment, sans reconnaître qu’une fois pris dans cette seringue, il est beaucoup plus difficile de réfuter les comptes tordus du Medef et du gouvernement pour justifier l’allongement des durées de cotisation. On savait que la gauche manquait d’imagination mais là, « mouvement social » et partis confondus, elle donne des bâtons pour se faire battre.

Dès lors que l’on généralise trop rapidement les problèmes en s’attaquant au « libéralisme » ou au « grand capital », on conteste tout sans inventer de pistes de nouveaux pouvoirs, en restant fasciné par le discours du puissant lui-même. A tel point qu’on ne se soucie guère de victoires réelles mais qu’on se contente de gagner des points dans l’opinion : « La grève a échoué mais est restée majoritairement populaire, selon les sondages. » Quelle défaite de la stratégie ! La gauche et les mouvements sociaux en viennent à ne produire que de l’opinion, à coups d’initiatives spectaculaires, toujours plus massives et bien programmées pour passer dans les journaux télé du soir. Mais est-ce que ça a changé quelque chose ? « On a parlé de nous », et c’est mieux que le silence, pense-t-on, mais quelle autre stratégie a-t-on mise en place pour gagner des alliés, des vrais, pour prendre du pouvoir avec eux ? Car cultiver l’opinion c’est encore se mettre en contre-dépendance d’un autre supposé pouvoir, les médias, ce qui permet d’ailleurs de dire que si l’on perd, c’est leur faute ! Bref, toujours un pouvoir tout-puissant, là-haut, qui finit par imposer ses catégories.

Qu’a-t-on fait pour imaginer des formes d’action qui permettent aux professionnels de prendre en main leur organisation ou par exemple de trouver des alliés dans le public de leurs usagers : certaines écoles l’ont fait avec les parents, mais pourquoi pas aussi vraiment avec les élèves, pour changer dès maintenant les façons de faire et les modes d’enseignement ? Certains intermittents l’ont fait aussi, mais jamais les cheminots, qui possèdent pourtant l’arme terrible de la gratuité qui leur gagnerait tous les suffrages.

Le pouvoir n’est pas là-haut, il est entre les mains des collectifs, en lutte ou non, de masse ou non, capables de prendre les responsabilités, provisoirement parfois mais aussi plus durablement, pour traiter les problèmes de violence dans leurs quartiers, pour permettre aux sans-abri de s’organiser, etc.

Le supposé système n’est jamais plus fort que lorsqu’on lui donne les traits de la toute-puissance, qu’on en fait un bloc tellement général et lointain que personne ne peut espérer le faire changer. Et cette domination intériorisée, c’est elle qui est l’expression d’un rapport de pouvoir, et l’attente d’un débouché n’y changera rien. Tout travail d’« empowerment » [1] permet aux collectifs de prendre du pouvoir, d’en faire quelque chose ici et maintenant. Mais ce n’est pas facile, car il s’agit toujours d’un conflit, d’un rapport relatif. Heureusement, pratiquer la reprise de pouvoir, c’est aussitôt mesurer à quel point ça n’a rien à voir avec la toute-puissance, que c’est être attentif aux détails, que rien ne sert d’attendre un quelconque vote ou grand soir pour changer son univers collectivement. La gauche pourrait enfin proposer des méthodes d’action qui permettent à chaque composante de chaque mouvement social particulier de reconstituer son pouvoir collectif et de l’exercer le plus longtemps possible. La sphère politique instituée serait alors au service de la vie politique citoyenne et le vote lui serait donné par surcroît.

A paraître, de Dominique Boullier, la Boussole écodémocrate.


[1Faire société, Jacques Donzelot (Seuil).


Commentaires

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Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers
jeudi 30 décembre 2010 à 21h23 - par  le passant

Je crois effectivement que je ne vais faire que passer. Une dernière chose malgré tout.

« Désolé, mais non, ça ne colle toujours pas... Et les mots ne pouvant pas avoir le sens que l’on veut leur donner, reste à se demander ce que l’on pense vraiment en cherchant à les tordre ainsi. » , dites-vous .

On est bien là dans ce que je dénonçais. Le refus de l’altérité. Effectivement ça ne colle pas. Il n’y a que dans les fourmilières que tout colle et que chez les animaux que la communication se fait sur des bases communes et transparentes . J’admire d’ailleurs le retournement qui m’accuse de « naturalisation »- donnez moi le passage où j’ai pu faire croire que les phénomènes sociaux avaient quelque chose de naturel . Ou peut-être est-ce vous qui pensez que les rapports homme/femme , jeune/vieux ou nord irlandais/anglais sont des rapport naturels ?

Que vous pensiez (et je partage d’ailleurs ce point de vue) que le conflit économique soit dans notre société très économico-centrée, prioritaire, et que les rapports économiques surdéterminent d’autres types types de rapport, cela n’en fait pas le parangon de tout conflit social. Votre distinction entre le capillaire et le vraiment politique a une certaine ressemblance avec la différence que font les marxistes orthodoxes entre superstructure et infrastructure. Parler de « société minée par les conflits capillaires » et de « volonté de transformation diluée dans les « petits gestes » moralisants et normatifs » est une drôle de façon de disqualifier les acteurs sociaux, qu’on retrouve aussi bien chez les fervents de la technocratie libérale que chez les partisans de l’avant garde éclairée.

Ne vous en déplaise, les mots n’ont de sens que dans une chaine de de signification qui leur donne du sens et qu’on appelle des savoirs, des théories ou plus généralement des points de vue. La linguistique a appris cela de Ferdinand de Saussure. Les points de vue, comme tous phénomènes sociaux sont divers voir divergents et le débat est censé les confronter. Le mien est clairement identifié et s’inscrit dans la sociologie de la personne élaborée à la suite de Jean Gagnepain. Et ce point de vue, même si vous ne l’acceptez pas, ne se retrouve aucunement dans le point de vue humanisto-libéral développée par la doxa dominante (je sais que c’est une stratégie politique vieille comme le monde que de mettre tous ceux qu’on considère comme l’ennemi dans le même panier mais si c’est une bonne façon de faire bloc , c’est une piètre façon de rendre le monde intelligible). Je ne demande pas qu’on y adhère mais on ne peut débattre que sur la base de la mutuelle reconnaissance du point de vue de l’autre comme un autre point de vue. Si comme vous le faite tout point de vue divergent est catalogué « idéologie » , on aboutit au soliloque. Un soliloque partagé, on appelle ça une prière. Les idéologues sont des infidèles. Et je vous renvoie l’interpellation. Que craignez-vous à écouter un autre son de cloche ? La conversion ? Sur ce je vous laisse entre membres de la même chapelle.

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dimanche 2 janvier 2011 à 16h13 - par  LieuxCommuns

Désolé, encore une fois, mais il n’est effectivement pas possible de raconter n’importe quoi n’importe où.

Votre premier commentaire était très provocateur, dans le second, vous donnez aux mots des sens fantaisistes, et dans le troisième vous multipliez a dessein les malentendus en vous posant, enfin, en exclu...

Il est trop simple, trop facile et bien trop courant aujourd’hui, de s’auto-ériger en « altérité » pour se permettre ensuite tous les épanchements égocentriques que notre époque se plaît à présenter comme pure expression de la subjectivité. Cela n’augure rien de bon - a force de crier « au loup »...

Ce forum est accueillant à tous types de propos sensé (faites un tour sur le site) mais ne l’est effectivement pas à ce genre d’intervention. Sans doute le fait de tenir à la clarté et à la cohérence constitue une contrainte de plus en plus intenable pour l’individu contemporain, mais cela n’en fait pas, encore, une « chapelle ».

Merci, si vous tenez à poursuivre ces échanges, d’utiliser notre boîte mail.

Q.

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petite précision
jeudi 30 décembre 2010 à 14h34 - par  le passant

Quant à considérer que toute volonté (et non croyance !) de faire advenir une société sans classe porte en elle le rejet de toute altérité, c’est reconduire, en pensant la retourner, l’idéologie dominante de l’économisme (capitaliste autant que marxiste) selon laquelle la seule et vraie différence humaine est celle fondée sur la propriété... Il y a bien quarante ans que les questions du féminisme, des cultures régionales et de l’écologie ont sérieusement entamé le dogme...

Il est amusant de voir à quel point le malentendu (ou le malécouté ?) est à la base de l’interlocution. La pensée que vous me prêtez est à l’opposé de celle que j’ai en réalité. Affaire de mots peut-être. Lorsque je parle de « classe » , c’est dans ma bouche , tout ce qui chez l’humain sépare et sur le contenu duquel porte le fameux conflit. Classe économique, certes, qu’on dit souvent sociale, comme si le social ne se définissait que là, qui nous spécifie selon la quantité de valeurs que nous avons à disposition mais qui doit s’étendre à la manière que nous avons ou non de passer cette quantité au prisme d’une grille qualitative (c’est toute la problématique du « bio », de « l’éthique ») et d’un principe de précaution ( tout ce qui concerne les conflits écologiques). Classe économique donc mais également, classe « de genre » (d’où la question du féminisme), classe générationnelle ( d’où le conflit des anciens et des modernes, qui s’il s’est joué la plupart du temps dans le privé des familles, arrive depuis les années cinquante régulièrement dans l’espace public) et classe que j’hésite à qualifier d’ethnique, vu les valises que porte ce mot ( d’où les conflits régionalistes, nationalistes et ceux qu’on qualifie d’identitaires, comme si l’identité n’était pas aussi économique, de genre et de génération). C’est à tous ces endroits que porte la questions sociale par excellence : qu’est-ce qui est toi (ou à toi), qu’est-ce qui est moi (ou à moi) et sur quel modus vivendi peut -on s’accorder pour satisfaire relativement et provisoirement les partis en présence. Relativement et provisoirement. Toute l’importance de ces deux mots. Qui disqualifient toute idée de fin de l’histoire qu’elle soit libérale ou communiste. Un contrat social (dans quelque domaine que ce soit : contrat salarial, achat d’un bien ou contrat de location, usage linguistique, ou partage des tâches ménagères) n’est jamais juste ou injuste en soi. Sa justice se mesure à la capicité relative et provisoire, qu’il a, d’ apaiser le conflit. L’histoire passant, on peut passer d’un ordre accepté à une dénonciation des privilèges. Les mouvements sociaux sont justement le lieu de cette contestation de l’ordre jusque là accepté. Mais comme le dit, D.Boullier, ils sont à la fois, complexes et divers. La scène de ménage portant sur l’inégalité du partage des tâches ménagères ou le passage aux prud’homme pour licenciement abusif suite à un congé de maternité, l’inscription de son enfant dans une école bilingue ou la demande de construction d’une mosquée, la lutte contre l’installation d’une antenne relais , l’adhésion à une AMAP , ou une grève pour l’augmentation des salaires, l’adolescent qui revendique son autonomie sexuelle, l’association de jeunes qui demande des équipements pour leurs loisirs ou la revendication de la spécificité des rave parties pour ce qui est de de la demande d’autorisation préfectorale. Tout cela sont des mouvements sociaux en acte. Qui conduisent à faire bouger les lignes d’accord , par contrat, par modification de l’usage dominant ou par jurisprudence, pour une autre ligne qui sera un jour ou l’autre remise en question C’est, il me semble, à ce rappel à la relocalisation , à la relativisation, et à la diversification du regard que nous portons sur les mouvements de contestation sociale, que nous invite Dominique Boullier. ET je ne pense absolument pas que ce genre de point de vue soit celui développé dans ce que vous appelez les médias dominants.

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jeudi 30 décembre 2010 à 16h56 - par  LieuxCommuns

Désolé, mais non, ça ne colle toujours pas... Et les mots ne pouvant pas avoir le sens que l’on veut leur donner, reste à se demander ce que l’on pense vraiment en cherchant à les tordre ainsi.

Car a moins de considérer que la disparition de la pauvreté est aussi utopique que le disparition des femmes, des adolescents, des bretons ou des primevères, on ne peut pas donner au mot « classe » le sens que vous lui donnez. Et la sordide expression « mixité sociale » vous a déjà précédée dans la tentative de « naturalisation » des différences de revenus.

Et pas plus on ne peut étendre le terme « mouvement social » à tous conflits « capillaires » qui minent cette société et sans lesquels aucune lutte n’existe, sans immédiatement dénaturer les contestations collectives qui, certes, ne sont que ce qu’elles sont - le texte de Boullier était posté pour le rappeler -, mais ont au moins le mérite de mimer ce qu’a pu être dans l’histoire le sens du mot « politique ».

Vos « précisions » terminologiques donnent à votre premier commentaire sa pleine signification, qui était effectivement nettement idéologique. Car les médias dominants sont saturés de ces discours où toute volonté de transformation de cette société est en permanence diluée dans les « petits gestes » moralisants et normatifs, l’écologie étant, de ce point de vue, à la pointe du combat. Dans une société où la vie « privée » devient la seule possible, il est évident que les affaires communes ne doivent plus être qu’une chaîne de montage où chacun s’occupe de soi.

Internet de même : ce site n’est pas un collage de texte, et chacun d’entre eux demande à être lu avec d’autres - mais sans doute est-ce un pari perdu.

Merci, en tous cas, de ne pas rajouter, à l’avenir, du n’importe quoi à la confusion, sinon de passer.

Q.

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Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers
lundi 20 décembre 2010 à 22h28 - par  le passant

Je trouve très intéressant la position de Dominique Boullier. C’est assez étrange de lire des commentaires s’offusquant finalement d’avoir à affronter l’altérité. Il est vrai que lorsqu’on croit à l’avènement d’une société sans classe, l’altérité ne peut-être que l’ennemie.

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mercredi 22 décembre 2010 à 12h25 - par  LieuxCommuns

Aucun commentaire ne « s’offusque » d’avoir à affronter « l’altérité » : J.G. s’étonnait de la présence d’un texte de ce personnage « électoral et médiatique » sur ce site, qui n’a effectivement pas vocation à aider à l’expression de voix ou de positions qui ont pignon sur rue dans tous les médias dominants.

Un bref coup d’oeil sur ces derniers - par exemple en période électorale ou pré-électorale ou pré-pré-électorale - montre qu’ils peinent réellement, eux, à s’ouvrir à d’autres points de vue, éventuellement majoritaires - comme celui, par exemple, des dits « abstentionnistes »...

Quant à considérer que toute volonté (et non croyance !) de faire advenir une société sans classe porte en elle le rejet de toute altérité, c’est reconduire, en pensant la retourner, l’idéologie dominante de l’économisme (capitaliste autant que marxiste) selon laquelle la seule et vraie différence humaine est celle fondée sur la propriété... Il y a bien quarante ans que les questions du féminisme, des cultures régionales et de l’écologie ont sérieusement entamé le dogme...

Le fantasme d’une société homogène appartient bien plus à notre société actuelle, qui tente de dissoudre mondialement toutes les « altérités » - provoquant en retour des crispations dites « identitaires » - où chacun n’aspire plus qu’à l’ascension hiérarchique dans l’échelle des pouvoirs et des revenus.

Q.

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Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers
dimanche 25 juillet 2010 à 16h37 - par  JG

bonjour,

cherchant des informations sur le post-modernisme, je découvre votre site. Après avoir papillonné dans vos différentes rubriques et avoir sauvegardé certains documents sur la pensée de Castoriadis que je lirai ultérieurement, je tombe sur cet article dont le titre est en liaison avec une de mes interrogations

je suis étonné de trouver ce monsieur sur ce site vu son parcours politique ; sans doute est ce parce que je recherche un chemin qui soit éloigné du spectacle électoral et médiatique et que peut être , me suis trompé en ouvrant votre porte .

sinon merci pour tous ces documents mis à la disposition

J G

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dimanche 25 juillet 2010 à 18h10 - par  LieuxCommuns

Bonjour JG,

Le contenu de l’article en lui-même nous avait semblé être suffisamment en contradiction avec le parcours de son auteur pour figurer ici, et les non-dits ou les impasses de son propos nous semblent contrebalancés ailleurs, par d’autres textes du site.

Et la présence d’un auteur ne nous fait ni revendiquer la totalité de ses dires, ni entériner sa trajectoire politico-intellectuelle, comme l’indique le chapeau, certes un peu trop discret, de la rubrique « Documents de travail » :

« Quelques textes extérieur ou non, réunis en thèmes qui nous semblent important d’investir. Comme il s’agit ici de documents de travail, voire en travail, ils ne reflètent pas nos points de vue, et ce quels qu’en soient les auteurs, mais nous paraissent toujours comporter des éléments susceptibles d’enrichir nos réflexions et pratiques. »

Ceci étant dit, il est vrai que notre volonté de nous ouvrir à des discours qui nous semblent de bon sens, tenus par des gens souvent peu recommandables par ailleurs, a des limites, et peut impliquer des ratés. Peut-être est-ce le cas de cet article, dont la critique particulière (et non seulement ad hominem) reste à faire : ces « colonnes » sont faites pour ça.

Bonnes lectures, cordialement.

Q.

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Rien ne sert d’attendre un débouché politique pour changer collectivement son univers
mercredi 1er juillet 2009 à 10h39 - par  Jean-Frédéric

Je découvre aujourd’hui votre site. Merci pour cet effort de visibilité et de pensée qui aide à tenir ! A bientôt