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	<title>Lieux Communs</title>
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	<description>D&#233;mocratie directe &#8212; Red&#233;finition collective des besoins &#8212; &#201;galit&#233; des revenus</description>
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		<title>Lieux Communs</title>
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		<title>Repenser la psych&#233; et la subjectivit&#233; avec Castoriadis</title>
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		<dc:date>2025-10-15T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LieuxCommuns</dc:creator>


		<dc:subject>Gerassimos S.</dc:subject>
		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Article</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ation sociale-historique</dc:subject>
		<dc:subject>Mortalit&#233; / finitude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Stephanatos, Gerassimos. &#171; Repenser la psych&#233; et la subjectivit&#233; avec Castoriadis &#187;. Psych&#233;, &#233;dit&#233; par Sophie Klimis et Laurent Van Eynde, Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 2007, https://doi.org/10.4000/books.pusl.839.p. 115-140 &#171; L'essentiel du travail de Freud a consist&#233;, peut-&#234;tre, dans la d&#233;couverte de l'&#233;l&#233;ment imaginaire de la psych&#233; &#8211; dans le d&#233;voilement des dimensions les plus profondes de ce que j'appelle ici l'imagination radicale. &#187; (L'institution imaginaire de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Stephanatos, Gerassimos. &#171; Repenser la psych&#233; et la subjectivit&#233; avec Castoriadis &#187;. Psych&#233;, &#233;dit&#233; par Sophie Klimis et Laurent Van Eynde, Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 2007, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/books.pusl.839.p&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/books.pusl.839.p&lt;/a&gt;. 115-140&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'essentiel du travail de Freud a consist&#233;, peut-&#234;tre, dans la d&#233;couverte de l'&#233;l&#233;ment imaginaire de la psych&#233; &#8211; dans le d&#233;voilement des dimensions les plus profondes de ce que j'appelle ici l'imagination radicale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, p. 381)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques pr&#233;liminaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'apport freudien &#224; la question de l'imagination &#8211; &lt;i&gt;&#966;&#945;&#957;&#964;&#945;&#963;&#943;&#945;&lt;/i&gt; dans le Trait&#233; de l'&#226;me d'Aristote, &lt;i&gt;Einbildung&lt;/i&gt; chez Kant &#8211; Castoriadis th&#233;matise l'&#233;l&#233;ment imaginaire constituant de la psych&#233; et du monde en d&#233;passant r&#233;solument le cadre de la pens&#233;e h&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repenser la psych&#233; avec Castoriadis comme imagination radicale, c'est-&#224;-dire essentiellement comme &#233;mergence des repr&#233;sentations ou flux repr&#233;sentatif/affectif/intentionnel, non soumis &#224; la d&#233;terminit&#233;, et comme premi&#232;re rupture de la fonctionnalit&#233; de l'imagination &#233;l&#233;mentaire du simple vivant, implique de lourdes cons&#233;quences logiques, ontologiques, m&#233;tapsychologiques et th&#233;orico-pratiques. Ces cons&#233;quences sont en m&#234;me temps des pr&#233;suppos&#233;s n&#233;cessaires de la r&#233;flexion castoriadienne, qui suit elle-m&#234;me la circularit&#233; du cercle de la cr&#233;ation qu'elle cr&#233;e, en emportant dans son mouvement la d&#233;finition m&#234;me de l'&#234;tre, d'ores et d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233; comme &#224;-&#234;tre constamment d&#233;termin&#233; par l'auto-alt&#233;ration. Imaginaire, imagination et cr&#233;ation, y sont radicalement indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte de l'imaginaire radical par Castoriadis passe, si j'ose dire, par le m&#234;me chemin que sa propre r&#233;flexion pour r&#233;introduire l'&#233;l&#233;ment imaginaire &#224; la source de toute cr&#233;ation, &#224; la racine m&#234;me de notre r&#233;alit&#233; humaine, de la rationalit&#233; et de la pens&#233;e. Il en r&#233;sulte un projet d'&#233;lucidation qui embrasse la totalit&#233; du pensable &#8211; psych&#233;, soci&#233;t&#233;, vivant, &#233;pist&#233;m&#232; &#8211; et une interrogation illimit&#233;e dont la psychanalyse est &#224; la fois &#233;l&#233;ment fondamental et partie prenante, comme cela sera mis en relief tout au long de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ativit&#233; radicale de l'&#234;tre humain singulier, tout autant que la cr&#233;ativit&#233; au niveau social-historique, &#233;chappent au fonctionnalisme, s'opposent &#224; l'immuabilit&#233; de la structure et r&#233;introduisent une temporalit&#233; originaire d'alt&#233;ration et d'alt&#233;rit&#233;. Ces deux cr&#233;ativit&#233;s nous mettent, avec Castoriadis, face &#224; la question de l'auto-institution de la soci&#233;t&#233; et &#224; l'aporie de l'origine de la psych&#233; comme auto-cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se de l'imaginaire social instituant et la th&#233;matisation de l'imagination radicale visent &#224; l'&#233;lucidation de ces questions vertigineuses et posent la psych&#233; et la soci&#233;t&#233; comme irr&#233;ductibles l'une &#224; l'autre, bien qu'ins&#233;parables. Castoriadis formule une conception &#233;largie de la sublimation et th&#233;orise le processus de socialisation de la psych&#233; qui aboutit &#224; l'individu social, en contribuant non seulement &#224; la compr&#233;hension du monde psychique, mais aussi &#224; celle d'une dimension centrale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le social pour Castoriadis, au contraire de la conception freudienne, ne se r&#233;duit pas au psychique, ne se limite pas au culturel, ni &#224; la &lt;i&gt;Kulturarbeit&lt;/i&gt;. Il ne se r&#233;duit pas non plus &#224; la supr&#233;matie d'un &#171; ordre symbolique &#187; sur le sujet marqu&#233; par les signifiants de l'Autre lacanien. Le monde social-historique est monde de sens, de significations et &#171; de sens effectif, qui ne peut pas &#234;tre pens&#233; comme une 'id&#233;alit&#233; vis&#233;e', qui doit &#234;tre port&#233; par des formes institu&#233;es, et qui p&#233;n&#232;tre jusqu'&#224; ses tr&#233;fonds le psychisme humain &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis Le monde morcel&#233;. Les carrefours du labyrinthe III, Paris (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne pose pas le social au d&#233;part, l'on n'aura jamais qu'une conception simplement narcissique et ferm&#233;e sur elle-m&#234;me de la subjectivit&#233; et de la subjectivation. Ce n'est donc pas par hasard que le th&#232;me de la fabrication social-historique de l'individu, comme par ailleurs celui de l'imagination radicale, sont toujours rest&#233;s obscurs dans la th&#233;orie psychanalytique. Pr&#233;cis&#233;ment, c'est &#224; partir de ces deux th&#232;mes que Castoriadis reconsid&#232;re la conception freudienne et qu'il l'&#233;claire autrement en apportant &#224; la psychanalyse une pi&#232;ce ma&#238;tresse, qui reste &#224; r&#233;&#233;valuer et &#224; exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;marche, on reconna&#238;t l'impact de l'ouverture apport&#233;e par la pens&#233;e de Lacan, malgr&#233; l'opposition critique de Castoriadis &#224; l'&#233;gard de son &#339;uvre &#8211; notamment de sa conception de l'imaginaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour cette question voir les textes de Jean Florence &#171; Remarques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; et on trouve des points de rencontre essentiels avec l'&#339;uvre de Piera Aulagnier. Dans La Violence de l'interpr&#233;tation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Aulagnier, La violence de l'interpr&#233;tation, Paris, PUF, 1975&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#339;uvre psychanalytique capitale, sortie en m&#234;me temps que L'Institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, Paris, Seuil, 1975&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Aulagnier, dans sa propre perspective clinique, conceptualise deux espaces psychiques hors fronti&#232;res freudiennes : celui de l'originaire pour rendre compte de l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire de la psych&#233; et celui de l'instance je, charg&#233; de maintenir l'unit&#233; de la subjectivit&#233; et de garantir son rapport &#224; l'institution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, la d&#233;marche de Castoriadis rencontre celle de Piera Aulagnier. Je discuterai en parall&#232;le leurs positions respectives pour des raisons qui touchent la possibilit&#233; de repenser, dans l'&#171; apr&#232;s-coup &#187; de l'&#339;uvre de Lacan, des questions essentielles &#224; travers deux auteurs majeurs qui s'influencent mutuellement, tout en gardant chacun sa propre perspective. Ces deux perspectives, &#224; mon sens convergentes et d'une certaine fa&#231;on compl&#233;mentaires, signent la d&#233;faite de l'h&#233;g&#233;monie du signifiant structuraliste et le recentrage de la psychanalyse sur la signification, le sens, la temporalit&#233;, l'historicit&#233; et tout particuli&#232;rement sur la repr&#233;sentation au plus pr&#232;s du pulsionnel freudien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc aborder la question de l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire, coextensive de l'auto-constitution de la psych&#233;, pour aboutir &#224; celle de la subjectivation consid&#233;r&#233;e comme travail cr&#233;ateur de construction de soi-m&#234;me et du monde, que j'appellerai dans ce contexte &lt;i&gt;poi&#232;sis&lt;/i&gt; de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la r&#233;flexion de Castoriadis est une r&#233;flexion forte, dans tous les sens du terme, qui s'exprime dans sa totalit&#233; &#224; travers chacun de ses &#233;l&#233;ments et exige une r&#233;f&#233;rence constante &#224; ses principes g&#233;n&#233;raux. Cette particularit&#233;, inh&#233;rente au caract&#232;re global de son projet, influence toute approche de son &#339;uvre et nous conduit in&#233;vitablement &#224; devoir pr&#233;ciser d'embl&#233;e ce que nous consid&#233;rons comme le cadre de sa r&#233;flexion psychanalytique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Un cadre ontologique et m&#233;tapsychologique pour repenser la psychanalyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je dirais abruptement que la r&#233;flexion de Castoriadis cr&#233;e un cadre op&#233;rant pour penser la psychanalyse comme activit&#233; pratico-poi&#233;tique, loin &#224; la fois du biologisme et du n&#233;o-positivisme &#171; scientifique &#187; et hors du structuralisme linguistique et de la formalisation math&#233;matique de l'inconscient op&#233;r&#233;e par Lacan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens il faut redire, au risque de la r&#233;p&#233;tition scolastique, que l'imaginaire dont parle Castoriadis n'est ni reflet, ni illusion, ni superstructure et ne se r&#233;duit pas au sp&#233;culaire comme chez Lacan. En tant que radical et ultime, il est la racine commune de l'imaginaire effectif et du symbolique, parce que justement il est la facult&#233; originaire de poser ou de se donner, sous le mode de la repr&#233;sentation, une chose ou une relation qui ne sont pas donn&#233;es dans la perception ou ne l'ont jamais &#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit., p. 177&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puissance ind&#233;termin&#233;e, ind&#233;terminable et simultan&#233;ment d&#233;terminante, l'imaginaire radical pour Castoriadis est cr&#233;ation incessante, une &lt;i&gt;vis&lt;/i&gt; &lt;i&gt;formandi&lt;/i&gt; a-causale, inventeur et cr&#233;ateur de tout monde des significations, des formes, des images, non simplement visuelles, mais des images au sens le plus g&#233;n&#233;ral, par exemple acoustiques ou tactiles. L'imaginaire radical proc&#232;de donc du sujet, de la chose, de l'id&#233;e, et se diff&#233;rencie nettement de l'imagination &#171; seconde &#187;, reproductive et combinatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les strates de l'&#234;tre &#8211; vivant, psych&#233;, social-historique &#8211; il y a activit&#233; d'imagination et encore plus il y a autoconstitution de l'&#234;tre/&#233;tant sur le mode d'&#234;tre du pour soi, &#224; savoir &#233;mergence de mondes propres caract&#233;ris&#233;s par une dimension repr&#233;sentative/intentionnelle/affective, par une relative autofinalit&#233; et surtout par une cl&#244;ture in-formationnelle, cognitive et organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'existence de mondes propres et la fragmentation de l'&#234;tre total, sont des faits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, Paris, Seuil, 1997, p 14.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui impliquent la possibilit&#233; et l'effectivit&#233; du surgissement dans l'&#234;tre/&#233;tant de formes nouvelles et irr&#233;ductibles, &#224; savoir de formes que nous ne pouvons produire ou d&#233;duire &#224; partir de quelque chose de d&#233;j&#224; donn&#233;. Ces faits impliquent donc une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ontologique essentielle : soit, une stratification irr&#233;guli&#232;re de ce qui est ; soit encore une incompl&#233;tude radicale de toute d&#233;termination entre strates de l'&#234;tre/&#233;tant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Domaines de l'homme, Paris, Seuil, 1986, p. 432.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, chaque strate incarne une cr&#233;ation particuli&#232;re et le passage entre strates est abyssal. De m&#234;me, il y a morcellement &#224; l'int&#233;rieur de chaque strate consid&#233;r&#233;e, en l'occurrence le psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la pertinence de cette ontologie pour la psychanalyse, sa th&#233;orie et sa pratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'existence du pour-soi dans la psych&#233; t&#233;moignent la multiplicit&#233; des instances psychiques et la formulation de diff&#233;rentes topiques : les deux topiques freudiennes (conscient-inconscient et &#231;a-moi-surmoi), les &#171; positions &#187; kleiniennes, la topique de Piera Aulagnier qui articule originaire, primaire, secondaire, ou encore celle de Castoriadis posant au d&#233;part une monade psychique close sur elle-m&#234;me, qui &#233;clate pendant une phase triadique (sujet-autre-objet), puis traverse une phase &#339;dipienne pour aboutir finalement, moyennant les divers processus de sublimation, &#224; l'individu social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stratification irr&#233;guli&#232;re de l'&#234;tre/&#233;tant, la complexit&#233; des domaines et des nivaux, la multiplicit&#233; des instances et des &#171; personnes psychiques &#187; dans les diff&#233;rentes topiques psychiques, conduisent &#224; une conception du sujet humain qui ne le r&#233;duit pas &#224; la dimension du langage, ni ne l'instaure comme &#171; sujet de l'inconscient &#187;. C'est dans la fragmentation essentielle de l'&#234;tre/&#233;tant total que l'auteur de &#171; L'&#233;tat du sujet aujourd'hui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, &#171; L'&#233;tat du sujet aujourd'hui &#187;, in Le monde morcel&#233;. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cela me para&#238;t plus qu'&#233;vident quant &#224; la th&#233;orisation et la pratique analytique, bas&#233;es essentiellement sur le transfert et le contre-transfert. De plus, c'est la prise en consid&#233;ration du point de vue de chaque instance qui rend possible la compr&#233;hension de la conflictualit&#233; inh&#233;rente &#224; la psych&#233;. En outre, concevoir l'inconscient avec Castoriadis comme un autre niveau de l'&#234;tre et non pas seulement comme le latent du manifeste de la conscience, c'est &#233;clairer diff&#233;remment le champ de l'interpr&#233;table et rapprocher le travail analytique de la construction interpr&#233;tative cr&#233;atrice plut&#244;t que du mod&#232;le de la traduction conscient-inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-d&#233;ploiement de l'&#234;tre/&#233;tant, nous dit Castoriadis, s'op&#232;re comme d&#233;hiscence, s&#233;paration, morcellement, &#224; travers quoi subsiste malgr&#233; tout une &#233;nigmatique unit&#233; : celle du sujet humain et celle du monde comme &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt; organis&#233;. Dans chaque strate, ce qui est appara&#238;t comme chaos, ab&#238;me, sans fond, cr&#233;ation interminable, inexhaustible, insondable, et en m&#234;me temps comme kosmos, ordre relatif et multiplicit&#233; organis&#233;e, sans quoi nous ne pourrions ni parler ni exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castoriadis, en r&#233;introduisant l'ab&#238;me g&#233;n&#233;rateur-destructeur au c&#339;ur de la logique rationnelle et de ses constructions, ne vise aucune transcendance qui envahirait la pr&#233;tendue immanence, le donn&#233;, le familier, l'apparemment domestiqu&#233;. Il nous met face &#224; la dimension &lt;i&gt;poi&#233;tique&lt;/i&gt;, cr&#233;atrice et essentiellement imaginaire de l'&#234;tre et du monde, qui coexiste avec la dimension ensembliste-identitaire, celle qui correspond &#224; notre logique habituelle, formelle ou dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la logique des magmas fournit les moyens pour penser autrement que comme alternative exclusive et st&#233;rile l'antinomie et la solidarit&#233; de l'ensembliste-identitaire et du poi&#233;tique, de l'institu&#233; et de l'instituant, du d&#233;termin&#233; et du non-d&#233;termin&#233;, du fini et de l'infini. Le mode d'&#234;tre du magma signifie justement que l'objet chaque fois consid&#233;r&#233; &#171; n'est ni r&#233;ductible aux organisations ensemblistes identitaires, ni &#233;puisable par elles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, op. cit., p. 31.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Autrement dit, la dimension ensembliste-identitaire est constamment pr&#233;sente, mais enti&#232;rement submerg&#233;e par le magma des significations imaginaires sociales et le magma de l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique ensembliste-identitaire r&#233;duit le travail psychique et notamment celui du r&#234;ve, &#224; une combinatoire &#8211; ind&#233;termin&#233;e dans ses r&#233;sultats, mais non dans ses composants &#8211; d'&#233;l&#233;ments repr&#233;sentatifs d&#233;j&#224; donn&#233;s, aboutissants &#224; d'autres repr&#233;sentations plus complexes et finalement au texte du r&#234;ve. Cette logique occulte &#224; la fois l'imagination &lt;i&gt;poi&#233;tique&lt;/i&gt; du r&#234;ve et le fait qu'elle doive s'instrumentaliser dans les op&#233;rations logiques ensemblistes-identitaires qui sont pr&#233;sentes, de toute fa&#231;on, dans le travail du r&#234;ve et dans son interpr&#233;tation. N&#233;anmoins les &#233;l&#233;ments du r&#234;ve renvoient toujours &#224; autre chose jusqu'au fameux &#171; ombilic &#187; freudien. Ce renvoi r&#233;introduit fatalement non seulement l'inconnu mais aussi le non-d&#233;termin&#233;, voire le &lt;i&gt;poi&#233;tique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'inconscient freudien poss&#232;de sa propre logique et d&#233;terminit&#233;, il n'est pas enti&#232;rement formalisable, ni ensemblisable. L'inconscient est d&#233;termin&#233; dans son mode d'&#234;tre et dans la nature de ses manifestations, mais il n'est pas d&#233;termin&#233; dans le contenu de ce qui s'y d&#233;roule. Pour Castoriadis, il n'y a pas seulement r&#233;p&#233;tition du pass&#233;, mais stratification diachronique et conflictuelle de la psych&#233; entra&#238;nant chaque fois des structures et des restructurations psychiques du sujet. Il y a m&#234;me &#233;mergence, surgissement de nouvelles formes et de nouvelles repr&#233;sentations, bien que l'auto-alt&#233;ration comme cr&#233;ation et destruction aille de pair avec l'insistance comme conservation et r&#233;p&#233;tition, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de penser l'inconscient comme magmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait toute une discussion &#224; faire sur la compatibilit&#233; de l'atemporalit&#233; attribu&#233;e par Freud et Lacan aux processus inconscients avec l'option plut&#244;t temporelle de Castoriadis, au sens d'une temporalit&#233; originaire, &#224; savoir d'une alt&#233;rit&#233; introduite par le surgissement de formes qui retiennent toujours quelque chose du pass&#233;, leur surgissement m&#234;me pouvant &#234;tre cr&#233;atif. La r&#233;p&#233;tition ne serait m&#234;me pas rep&#233;rable comme telle, si elle n'&#233;mergeait pas dans un &#171; proc&#232;s de non-r&#233;p&#233;tition &#187;, &#224; savoir de cr&#233;ation continu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute cure analytique, il y a une dimension r&#233;gressive allant de pair avec l'apparition de la r&#233;p&#233;tition dans le transfert. S'il est vrai que la dimension r&#233;gressive est indiscutablement pr&#233;sente et n&#233;cessaire au d&#233;roulement de la cure, il est aussi vrai qu'on rencontre toujours une dimension poi&#233;tique, parfois m&#234;me monstrueuse. Le d&#233;lire psychotique, comme l'a montr&#233; Piera Aulagnier, est une cr&#233;ation psychique hautement &#233;labor&#233;e, un prodigieux travail de r&#233;-intepr&#233;tation avec ses propres postulats et des finalit&#233;s qui lui sont propres. Toutefois, la construction du pass&#233; du sujet en analyse (ou pas) n'est pas du pass&#233; re-compos&#233;, mais du pass&#233; cr&#233;&#233;-recr&#233;&#233; permettant justement &#224; l'analysant de devenir co-auteur d'une histoire, souligne Castoriadis, qui n'est plus v&#233;cue comme fatalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En radicalisant le travail psychique et notamment celui du r&#234;ve, Castoriadis retrouve dans la r&#233;gion du psychique la puissance cr&#233;atrice et insondable de formation de niveaux autres, des sch&#233;mas imaginaires nouveaux soutenant chaque fois le pensable. La non-d&#233;termination de ce qui est n'est pas simple ind&#233;termination au sens privatif, est &#233;mergence de d&#233;terminations autres que celles d&#233;j&#224; existantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Domaines de l'homme, op. cit., p. 407.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces nouvelles d&#233;terminations existent par et pour le sujet, qui se manifeste dans la r&#233;ception ou le rejet d'une interpr&#233;tation, comme &#171; source ind&#233;terminable de sens, comme capacit&#233; virtuelle de r&#233;flexion et de r&#233;action&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Le monde morcel&#233;, op. cit., p. 192.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Je rappelle la d&#233;finition de la psychanalyse qui en r&#233;sulte comme activit&#233; pratico-poi&#233;tique, auto-transformation qui vise l'instauration d'une subjectivit&#233; r&#233;fl&#233;chissante et d&#233;lib&#233;rante rejoignant le projet d'autonomie humaine. J'&#233;voquerai encore la formule castoriadienne &#171; effet qui d&#233;passe ses causes, cause qui n'&#233;puise pas ses effets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Les carrefours du labyrinthe, Paris, Seuil 1978, p. 43.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, qui r&#233;sume ce qu'on retrouve constamment dans l'activit&#233; et la th&#233;orisation de la psychanalyse et constitue &#224; mon sens l'une des d&#233;finitions possibles du magma et de sa logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, cela veut dire que la psychanalyse n'est pas une science, ni une th&#233;orie au sens h&#233;rit&#233;, ni une technique, &#233;tant donn&#233; que la codification de la praxis analytique est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces consid&#233;rations th&#233;orico-pratiques sont &#224; la fois source et cons&#233;quence de l'id&#233;e castoriadienne de la cr&#233;ation humaine comme cr&#233;ation ex nihilo, bien que jamais &lt;i&gt;in nihilo&lt;/i&gt;, ni &lt;i&gt;cum nihilo&lt;/i&gt;. Cette cr&#233;ation n'est jamais sans moyens, pr&#233;suppositions et contraintes, sans utilisation de ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originairement, tout &#233;l&#233;ment est pris dans et par la circularit&#233; logique-ontologique du cercle de la cr&#233;ation. Le cr&#233;&#233; et les &#233;l&#233;ments de la cr&#233;ation doivent &#234;tre pos&#233;s simultan&#233;ment, &#171; sans eux le cr&#233;&#233; ne peut pas &#234;tre, mais eux-m&#234;mes ne sont ce qu'ils sont que moyennant leur ' r&#233;sultat', la cr&#233;ation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, op. cit., p. 97.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Les &#233;tants contiennent en eux-m&#234;mes les principes et l'origine de la cr&#233;ation des formes, ils sont &lt;i&gt;arch&#233; t&#244;n esomen&#244;n&lt;/i&gt;, origine de ce qui sera, pour Aristote maintes fois cit&#233; par Castoriadis. Toute &#233;lucidation y appara&#238;t comme une circularit&#233; puisqu'elle n'est ni hypoth&#233;tico-d&#233;ductive ni inductive, mais qu'elle s'&#233;taie sur le &#171; fait &#187; ultime de l'irr&#233;ductibilit&#233;. Cela permet de dire que la psych&#233; comme imagination radicale forme une &#171; premi&#232;re &#187; repr&#233;sentation relative &#224; la pulsion et en m&#234;me temps qu'elle se forme par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cercle originaire et paradoxal du cr&#233;&#233; et des &#233;l&#233;ments de la cr&#233;ation, impossible &#224; escamoter, &#224; r&#233;duire ou &#224; fonder, se laisse n&#233;anmoins conna&#238;tre et penser &#224; partir de lui-m&#234;me. Cette circularit&#233; n'affecte pas uniquement la compr&#233;hension de la cr&#233;ation mais son &#233;v&#233;nement m&#234;me, qui demeure insondable dans son caract&#232;re d'origine, pr&#233;cis&#233;ment parce que la cr&#233;ation se pr&#233;suppose et qu'elle importe dans son mouvement de circularit&#233; le fond m&#234;me de l'&#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La port&#233;e ontologique du cercle de la cr&#233;ation est remarquablement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui se manifeste comme auto-alt&#233;ration, comme incessant &#224; &#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Domaines de l'homme, op. cit., p. 375.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une note en bas de page&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Le monde morcel&#233;, op. cit., p. 205.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Castoriadis explique qu'il a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la logique de magmas en pensant au mode indescriptible de coexistence des diff&#233;rents processus et instances psychiques, qui est tout autre chose qu'un d&#233;ploiement fonctionnel visant &#224; une meilleure division du travail. &#192; l'appui de l'id&#233;e d'une stratification historique de la psych&#233; &#171; en strates jamais d&#233;pass&#233;es ni harmonieusement int&#233;gr&#233;es &#187;, Castoriadis cite Freud parlant du r&#234;ve comme conglom&#233;rat dans L'interpr&#233;tation des r&#234;ves. Voici donc la source de l'id&#233;e selon laquelle l'&#234;tre est essentiellement stratifi&#233;, et cela non pas une fois pour toutes mais diachroniquement. La stratification irr&#233;guli&#232;re de l'&#234;tre est une expression de son autocr&#233;ation. A la logique ensembliste, au r&#233;ductionnisme m&#233;thodologique d'une unification d'inspiration physicaliste ou formaliste, s'oppose la v&#233;rit&#233; sp&#233;cifique des strates de l'&#234;tre/&#233;tant, leur diversit&#233; irr&#233;ductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'insiste sur ce moment f&#233;cond d'une pens&#233;e &#224; l'&#339;uvre, c'est parce qu'il montre par quel moyen se cr&#233;e le cadre &#224; la fois logique, ontologique et m&#233;tapsychologique de la r&#233;flexion de Castoriadis. Ce cadre op&#233;rant permet de penser la psychanalyse comme une activit&#233; pratico-poi&#233;tique, dont l'ergon n'est pas l'actualisation d'une potentialit&#233; &#171; naturelle &#187; pr&#233;existante, mais l'actualisation d'une puissance au deuxi&#232;me degr&#233;, d'un pouvoir pouvoir-&#234;tre qui est celui de l'autocr&#233;ation humaine et ici pr&#233;cis&#233;ment de l'auto-transformation cr&#233;atrice de l'analysant et de son analyste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. L'activit&#233; repr&#233;sentative originaire de la psych&#233; : Freud, Castoriadis, Aulagnier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Castoriadis avance dans son enqu&#234;te tant&#244;t &#224; partir des principes, tant&#244;t vers les principes. Les points d'arriv&#233;e se transforment en points de d&#233;part, qui exigent la reconsid&#233;ration des donn&#233;es &#224; la lumi&#232;re des id&#233;es novatrices n&#233;es entre-temps, ses &#171; id&#233;es-m&#232;res, interminablement f&#233;condes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Domaines de l'homme, op. cit., p. 14.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire na&#238;tre ses propres &#171; id&#233;es-m&#232;res &#187; renvoie au faire na&#238;tre sa propre m&#232;re, cr&#233;er soi-m&#234;me et le monde ex nihilo, &#224; partir de &#171; rien &#187;, &#224; partir du repr&#233;sent&#233; de la rencontre somato-psychique effective avec l'autre maternel, son sein et sa parole. C'est dans la repr&#233;sentation, dans son &#233;mergence en relation avec le pulsionnel, dans son d&#233;ploiement et ses produits, qu'on trouve avec Castoriadis le moment de cr&#233;ation au niveau du processus psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, qui est celle de l'imagination radicale, semble &#234;tre occult&#233;e par le r&#233;alisme positiviste de Freud et son impossible effort &#224; suivre la science de son temps. Freud relie la repr&#233;sentation &#224; la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; du per&#231;u, et m&#234;me quand la phantasmatisation folle de ses patients et son propre g&#233;nie lui font d&#233;couvrir l'existence des &#171; fantasmes originaires &#187; &#8211; organisateurs cardinaux sans substrat r&#233;el de la vie fantasmatique du sujet &#8211; Freud recourt paradoxalement &#224; la phylogen&#232;se pour rendre compte de leur constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castoriadis aborde cette &#171; antinomie &#187; &#8211; comme il l'appelle &#8211; de la conception freudienne &#224; partir de sa propre &#233;laboration qui fait para&#238;tre la dimension cr&#233;atrice du travail psychique. La th&#233;matisation de l'imagination radicale, la logique des magmas, l'hypoth&#232;se d'une monade psychique originaire en-de&#231;&#224; ou au-dessus de l'inconscient freudien, visent avant tout &#224; &#233;lucider la question de l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire de la psych&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aulagnier, de son c&#244;t&#233;, pour rendre compte du ph&#233;nom&#232;ne psychotique, conceptualise un processus originaire de la psych&#233; en postulant l'existence d'une activit&#233; repr&#233;sentative originaire et pictographique, hors-phantasme et au-del&#224; de l'inconscient freudien. Le pictogramme, qui relie dans ses figurations ins&#233;parablement une zone &#233;rog&#232;ne, sensorielle avec son objet compl&#233;mentaire et partiel, selon le prototype &#171; bouche-sein &#187;, n'est nullement un concept empirique. Au contraire, il affirme et complexifie la notion de la pulsion et de sa d&#233;l&#233;gation par la repr&#233;sentation. Quant &#224; la d&#233;l&#233;gation par affect, le pictogramme dans et pour l'originaire est indissociablement repr&#233;sentation de l'affect et affect de la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si l'exigence de figurabilit&#233; comme condition d'existence de la psych&#233; soumet toujours la pulsion &#224; l'obligation de d&#233;l&#233;gation par repr&#233;sentation, &lt;i&gt;Vorstellungsrepr&#228;sentanz des Triebes&lt;/i&gt;, comment peut-on concevoir l'origine d'une repr&#233;sentation, &#171; premi&#232;re &#187; au sens de sa cr&#233;ation, de son instauration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vie chapitre de l'Institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, Castoriadis r&#233;pond qu'&#171; il faut n&#233;cessairement postuler que la psych&#233; est capacit&#233; de faire surgir une premi&#232;re repr&#233;sentation, une mise en image (&lt;i&gt;Bildung et Einbildung&lt;/i&gt;) qui doit &#234;tre en m&#234;me temps relative &#224; la pulsion, &#224; un moment o&#249; rien n'assure cette relation &#187; (p. 382). Cette r&#233;ponse, situ&#233;e dans son cadre de r&#233;f&#233;rence, signifie que la psych&#233; est origine d'elle-m&#234;me et de ce qui sera, qu'elle s'auto-constitue dans et par la circularit&#233; du cercle de la cr&#233;ation pr&#233;c&#233;demment explicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repenser la psych&#233; comme imagination radicale, revient donc &#224; postuler l'imagination radicale comme activit&#233; originaire de phantasmatisation, qui pr&#233;existe et pr&#233;side &#224; toute organisation m&#234;me rudimentaire de la pulsion. Elle est la condition m&#234;me de l'acc&#232;s de la pulsion &#224; l'existence psychique, et c'est &#224; ce fonds de repr&#233;sentation originaire que la pulsion emprunte &#171; au d&#233;part &#187; sa d&#233;l&#233;gation par repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psych&#233; est surtout &#233;mergence de la repr&#233;sentation, en tant que mode d'&#234;tre irr&#233;ductible et organisation de quelque chose dans et par sa figuration, sa &#171; mise en image &#187;. En d'autres termes, elle est un formant qui n'est que dans et par ce qu'il forme et comme ce qu'il forme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, L'institution imaginaire..., op. cit., p. 383.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette organisation imageante, doit contenir en elle les &#233;l&#233;ments organisateurs du monde psychique qui se d&#233;veloppera par la suite, certes, avec des adjonctions d&#233;cisives venant d'ailleurs &#8211; corps, autre, soci&#233;t&#233; &#8211; mais n&#233;cessairement re&#231;ues et &#233;labor&#233;es selon les exigences pos&#233;es par la repr&#233;sentation originaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pictogramme de Piera Aulagnier &#8211; entendu &#224; la fois comme inscription psychique originaire et produit du processus psychique originaire &#8211; correspond justement &#224; cette image fondamentale et matrice de tout ce qui fera sens par la suite. Cela veut dire pr&#233;cis&#233;ment que les repr&#233;sentations pictographiques de l'originaire sont remodel&#233;es par les processus primaire et secondaire et, qu'inversement, l'originaire m&#233;tabolise en permanence et selon son propre postulat tout ce qui se repr&#233;sente sur la sc&#232;ne du fantasme et du je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'authentique aporie, d'o&#249; la psych&#233; prend-elle les &#233;l&#233;ments &#8211; mat&#233;riaux et organisation &#8211; de la repr&#233;sentation, m&#234;me pictographique, Castoriadis nous renvoie &#224; l'impossibilit&#233; de comprendre la probl&#233;matique de la repr&#233;sentation, si on cherche l'origine de la repr&#233;sentation hors de la repr&#233;sentation elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire hors des conditions qui rendent possible son autocr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lucidation de la m&#234;me question par Aulagnier passe par la formulation du concept de m&#233;tabolisation et l'hypoth&#232;se d'un emprunt fait au mod&#232;le sensoriel par l'activit&#233; de l'originaire pour ses repr&#233;sentations pictographiques, au plus pr&#232;s de l'activit&#233; organique d'ingestion-plaisir, expulsion-d&#233;plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nos yeux l'une des rares hypoth&#232;ses plausibles, si on &#233;vite la tentation gradualiste pour comprendre l'origine de la repr&#233;sentation et si l'on exclut un emprunt fait par la psych&#233; &#224; la r&#233;alit&#233;, jug&#233;e trop h&#233;t&#233;rog&#232;ne pour la psych&#233; naissante ou m&#234;me &#233;volu&#233;e. L'emprunt fait au corps et &#224; ses mod&#232;les sensoriels, laisse intacte l'interaction &#233;nigmatique entre l'activit&#233; organique et l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire de la psych&#233;, bien qu'entre besoin et pulsion il y ait &#171; une d&#233;pendance effective et persistante dans le registre du repr&#233;sent&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Aulagnier, La violence de l'interpr&#233;tation, op. cit., p. 57.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Castoriadis, dans son propre cadre conceptuel, avance une hypoth&#232;se qu'il n'a jamais d&#233;velopp&#233;e sur l'existence d'une imagination sensorielle et plus g&#233;n&#233;ralement corporelle dans l'immense espace du non-conscient humain, que l'on ne saurait confondre avec l'inconscient. C'est l'espace du corps vivant cr&#233;ant ses sensations, cr&#233;ant son in-formation en tant que corps anim&#233; en continuit&#233; avec la monade psychique originaire situ&#233;e au-del&#224; de l'inconscient et m&#234;me du &#231;a freudiens. L'exemple des d&#233;sordres auto-immunitaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, L'institution imaginaire..., op. cit., p. 258.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; les m&#233;canismes de d&#233;fense du corps se tournent contre celui-ci, sugg&#232;re que l'imagination corporelle chez l'&#234;tre humain va de pair avec l'imagination radicale de sa psych&#233;. Toutefois leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; repose l'&#233;nigme de l'intrication du psychique et de l'organique. La psych&#233; est ce qu'elle est pour Castoriadis, justement parce que la d&#233;fonctionalisation de l'imagination, n'&#233;tant plus en relation avec les besoins vitaux, d&#233;fonctionalise &#233;galement le plaisir et rend possible le tr&#232;s fort investissement du plaisir de repr&#233;sentation au d&#233;triment du plaisir d'organe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'emprunt fait selon Aulagnier aux mod&#232;les sensoriels du corps par l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire, ne serait-il pas une expression de la n&#233;cessit&#233; d'utiliser et de remodeler &#8211; au sens d'investissement libidinal de l'information et de re-mise en sens et en image &#8211; les &#233;l&#233;ments ensemblistes-identitaires de l'organisation du vivant dans et par la cr&#233;ation psychique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la d&#233;finition par Aulagnier de l'activit&#233; repr&#233;sentative comme &#233;quivalent psychique du travail de m&#233;tabolisation organique, vise &#224; int&#233;grer dans une m&#233;tapsychologie de la repr&#233;sentation, d'une part la transformation des &#233;l&#233;ments d'information libidinale en repr&#233;sentations psychiques, d'autre part l'usage des images corporelles pour la figurabilit&#233; exig&#233;e par la psych&#233; tant freudienne qu'aristot&#233;licienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le registre de l'originaire, la psych&#233; comme origine d'elle-m&#234;me et du monde, est auto-pr&#233;sentation s'engendrant et engendrant ses &#233;prouv&#233;s de plaisir et de d&#233;plaisir. &#171; Le repr&#233;sent&#233; se donne &#224; la psych&#233; comme pr&#233;sentation d'elle-m&#234;me &#187;, dans un mouvement de sp&#233;cularisation o&#249; la repr&#233;sentation est &#171; mise en pr&#233;sentation de la psych&#233; pour la psych&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Aulagnier, La violence de l'interpr&#233;tation, op. cit., p. 48.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette relation originaire de sp&#233;cularisation entre (agent) repr&#233;sentant et repr&#233;sent&#233; caract&#233;rise pour Aulagnier toute cr&#233;ation d'activit&#233; psychique, dans la mesure o&#249; elle se donne &#224; la psych&#233; &#171; comme reflet, pr&#233;sentation d'elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 58.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La r&#233;flexion s'associe &#224; la cr&#233;ation mais elle se trouve plut&#244;t limit&#233;e au reflet, &#224; la sp&#233;cularit&#233;. Nous retrouvons ici l'apport de Lacan concernant le stade du miroir et, d'autre part, la filiation lacanienne d'Aulagnier, qui n'en conserve n&#233;anmoins que le mouvement de sp&#233;cularisation lui-m&#234;me, dont elle fait une constante de l'activit&#233; psychique. Il faut toutefois pr&#233;ciser que la sp&#233;cularisation est pour Aulagnier plus proche de la relation de compl&#233;mentarit&#233; qui unit le repr&#233;sentant et la repr&#233;sentation du monde, chacun &#233;tant pour l'autre condition de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pour Castoriadis, l'auto-constitution de la psych&#233; renvoie &#224; un mode d'&#234;tre de la psych&#233; comme repr&#233;senter-repr&#233;sentation qui exclut tout sens d'alt&#233;rit&#233; et o&#249; l'image et ce qui image co&#239;ncident. En ce sens, l'activit&#233; repr&#233;sentative originaire co&#239;ncide avec l'&#233;mergence d'une instance pour-soi, &#233;tape monadique de la psych&#233;. Castoriadis situe pr&#233;cis&#233;ment la topique de la monade psychique, au d&#233;part close sur elle-m&#234;me et essayant jusqu'&#224; la fin d'enfermer en elle tout ce qui se pr&#233;sente &#224; elle. Cela correspond &#224; la repr&#233;sentation du &#171; ferm&#233; sur soi-m&#234;me &#187;, que le sujet se cr&#233;e de lui-m&#234;me et du monde, comme figuration indissociable de l'investissement narcissique originaire d'un Soi qui est Tout. En bref, dans cette &#233;tape il y aurait l'impossible &#233;quation soi = tout= plaisir= sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Remarques sur la monade psychique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le postulat d'une &#233;tape monadique de la psych&#233; stratifi&#233;e pose des questions m&#233;tapsychologiques importantes qui vont &#234;tre bri&#232;vement esquiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, je pense qu'il ne faudrait pas r&#233;&#233;valuer la monade psychique de fa&#231;on restrictive, en la situant au niveau d'une effectivit&#233; pratique de la cure, ni la consid&#233;rer comme une &#233;laboration philosophique. La conception que se fait l'analyste sur les origines de la vie psychique d&#233;termine de fa&#231;on implicite mais d&#233;cisive sa pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monade est un concept m&#233;tapsychologique aux r&#233;sonances ontologiques. Il r&#233;pond essentiellement &#224; la n&#233;cessit&#233; de th&#233;oriser &#8211; il vaut mieux dire sp&#233;culer &#8211; le moment mythique de la d&#233;fonctionnalisation de la repr&#233;sentation et de l'&#233;mergence voire de l'auto-constitution d'une instance originaire, qui serait premi&#232;re r&#233;alisation de l'imaginaire radicale comme propre de l'humain. Cette instance pour-soi est conjointement cr&#233;ation d'une matrice de sens nouveau, qui d&#233;passe &#224; la fois la logique du vivant et de l'ensembliste-identitaire. Ce sens &#233;quivaut au plaisir dans le bouclage sur soi et inaugure la pr&#233;dominance du plaisir de la repr&#233;sentation sur le plaisir d'organe. Le principe de plaisir freudien devient pour Castoriadis qu&#234;te d'un sens dont le plaisir est &#224; la fois composant et effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce noyau monadique originaire n'est ni refoul&#233; ni refoulable, il s'auto-ref&#232;re et s'auto-investit, il est ultra-narcissique, &#171; autistique &#187; selon le terme freudien repris ici par Castoriadis. Dans et par sa cl&#244;ture il y a co&#239;ncidence entre repr&#233;sentation, perception, affect, intention (d&#233;sir) et sens. Sujet et monde co&#239;ncident selon le sch&#233;ma freudien &#171; je suis le sein &#187; dans sa forme premi&#232;re, intransitive. Il n'y a ni autre, ni objet. Cela renvoie n&#233;cessairement &#224; un &#171; &#233;tat &#187; originaire &#224; quoi il ne &#171; manque &#187; rien et o&#249; l'intention (avant son articulation en d&#233;sir) est toujours &#171; r&#233;alis&#233;e &#187; car il ne peut pas y avoir d'objet manquant. Le sch&#233;ma du manque &#171; constitutif &#187; du sujet se pose comme second, puisque tant l'objet que son manque doivent d'abord &#234;tre constitu&#233;s par l'imagination radicale. Les connotations th&#233;ologiques et m&#234;me leibniziennes de cet &#233;tat originaire, &#171; paradisiaque &#187; et monadique, sont &#233;videntes et correspondent justement pour Castoriadis &#224; l'origine premi&#232;re du sentiment religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psych&#233; restera &#224; jamais d&#233;sirante du retour &#224; ce premier &#233;tat impossible et &#224; d&#233;faut &#224; ses substituts, satisfaction hallucinatoire et phantasmatisation. Ce qui manque et manquera &#224; jamais c'est l'irrepr&#233;sentable de l'&#171; &#233;tat &#187; premier, l'avant de la s&#233;paration et de la diff&#233;renciation. Soit une proto-repr&#233;sentation que la psych&#233; n'est plus capable de produire, qui aimantera pour toujours le champ psychique comme pr&#233;sentification d'une unit&#233; indissociable de la figure, du sens et du plaisir. La psych&#233; est donc pour Castoriadis &#224; jamais orient&#233;e par ce qu'elle n'est plus et qui ne peut plus &#234;tre, la psych&#233; est son propre objet perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le noyau monadique rompu est un p&#244;le &#224; jamais absent, qui est inexprimable et qui devient lisible par ses effets, notamment d'aimantation de tous les flux psychiques. Faut-il d&#232;s lors le rapprocher du refoulement originaire freudien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inaccessibilit&#233; de la monade est tout autre chose que l'inaccessibilit&#233; du refoulement originaire, puisque la monade se relie au corps bien que leur rapport reste &#233;nigmatique. Quant aux pictogrammes de Piera Aulagnier qui sont &#233;galement forclos &#224; la connaissance du je, ils peuvent potentiellement envahir la sc&#232;ne psychique, notamment dans la psychose, avec des cons&#233;quences dramatiques. Au contraire, la monade castoriadienne ne peut &#234;tre li&#233;e &#224; aucun &#233;tat pathologique, m&#234;me pas &#171; autistique &#187;. Tous ces concepts r&#233;pondent, ici, &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; d'assurer une coh&#233;rence th&#233;orique, voire &#233;pist&#233;mologique et logique, &#224; partir d'un postulat qui se r&#233;f&#232;re &#224; une origine &#171; premi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le solipsisme de la monade psychique castoriadienne et son narcissisme &#171; absolu &#187; posent des questions th&#233;orico-cliniques qui d&#233;passent sans doute largement le cadre que je me suis propos&#233; dans ce texte. Toutefois, je me limite &#224; souligner que ces questions sont celles du courant &#171; monadique &#187;, qui existe incontestablement dans une grande partie de l'&#339;uvre freudienne. L'autre courant est repr&#233;sent&#233; par l'ouverture vers le relationnel et l'identificatoire, &#224; commencer par l'&#233;nigmatique identification &#171; au p&#232;re de la pr&#233;histoire personnelle &#187;. Il semble que Castoriadis radicalise le narcissisme primaire(et) absolu freudien pour pouvoir le conceptualiser en cl&#244;ture repr&#233;sentationnelle, affective et d&#233;sirante. Il resterait ainsi coh&#233;rent avec l'id&#233;e de l'&#233;gocentrisme ontologique n&#233;cessairement inh&#233;rent &#224; tout &#234;tre pour-soi. La force et l'omnipotence du processus identificatoire dans la vie psychique seraient donc &#224; rechercher, comme Castoriadis l'indique lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Figures du pensable, Seuil, 1999, p. 184.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans la tendance irr&#233;sistible de retrouver l'&#233;tat &#171; unitaire &#187; originaire o&#249; &#171; sujet &#187; et &#171; objet &#187; sont identiques et o&#249; le d&#233;sir est imm&#233;diatement repr&#233;sentation (possession psychique du d&#233;sir&#233;) et donc affect de plaisir (ce qui est la forme la plus pure et la plus forte de la toute-puissance de la pens&#233;e). L'identification &#171; premi&#232;re &#187;, plus exactement la pr&#233;-identification que toute identification pr&#233;suppose, serait &#171; &#234;tre le sein intansitivement &#187; souligne Castoriadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fonder le postulat de la monade, il en arrive &#224; d&#233;finir, dans une s&#233;rie qu'on pourrait appeler proto : une proto-repr&#233;sentation et un inconscient originaire, un proto-sujet, un proto-sens et, enfin, une proto-identification. Castoriadis consid&#232;re par cons&#233;quent que &#171; toutes les conceptions qui veulent faire des formations imaginaires une 'r&#233;ponse' &#224; une situation (du sujet ou de la soci&#233;t&#233;) d&#233;j&#224; bien d&#233;finie hors de toute composante imaginaire, ou &#224; partir de donn&#233;es 'r&#233;elles' ou 'structurales', sont secondes et d&#233;riv&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;..., op. cit., p. 390.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; L'ali&#233;nation m&#234;me au d&#233;sir de l'autre serait un moment second, le moment premier &#233;tant la r&#233;alisation de l'ali&#233;nation (psychique) de l'autre au sujet par son asservissement et son appropriation totale dans le phantasme o&#249; l'autre et l'objet ne sont que comme le sujet. Le proto-sujet ne peut constituer l'autre qu'en projetant sur lui son propre sch&#233;ma de toute puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Last but not least&lt;/i&gt;, Castoriadis trouve la premi&#232;re matrice du sens dans la tendance &#224; la mise en relation et l'exigence de la liaison cognitive universelle qui s'incarnent primordialement dans le sujet lui-m&#234;me. Dans cette &#171; folie &#187; de la psych&#233; monadique, Castoriadis reconna&#238;t le sperme de la raison, en d'autres termes une dimension essentielle de la ratio et de la logique identitaire. Il s'agit de la folie unificatrice qui caract&#233;rise autant la religion, la science que la philosophie et, &#224; mon avis, toute th&#233;orisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait tentant et bien facile de dire que Castoriadis se bat ici contre sa propre &#171; folie &#187; th&#233;orisante et m&#233;galomane. Nous dirions plut&#244;t qu'il tient compte de l'existence d'une forte tendance psychique qui pousse tout th&#233;oricien vers l'unification a-conflictuelle et l'illusion d'une coh&#233;rence pleine. Est-ce l'interpr&#233;tation du v&#233;cu personnel de cette tendance universelle qui l'a finalement conduit &#224; int&#233;grer tous ces &#233;l&#233;ments dans la conceptualisation de la monade et de sa force d'aimantation toute-puissante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de clore ces remarques provisoires sur la monade psychique castoriadienne je formulerai une derni&#232;re question. Peut&#8211; on rapprocher cette monade et son imagination radicale du &#231;a freudien et quels seraient leurs rapports compte tenu du caract&#232;re non repr&#233;sentationnel du &#231;a ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me topique, le &#231;a est qualifi&#233; par Freud de &#171; r&#233;servoir de pulsions &#187; et il a directement affaire avec les sources somatiques de la pulsion. Cependant, dans les &#233;crits m&#233;tapsychologiques de 1915, il y a d&#233;j&#224; l'id&#233;e fondamentale du repr&#233;sentant psychique de la pulsion, d'un repr&#233;sentant par repr&#233;sentation. Peut-on d&#232;s lors imaginer un r&#233;servoir uniquement psychique qui serait l'analogon du flux repr&#233;sentationel castoriadien ? En ce sens, nous pouvons &#233;voquer l'argument suivant, utilis&#233; par Castoriadis lui-m&#234;me : si le &#231;a pour Freud est plein d'&#233;nergie libre, non-attach&#233;e, qu'est-ce que cette &#233;nergie libre et sur quoi se d&#233;place-t-elle, sinon entre des repr&#233;sentations ? Faudrait-il en cons&#233;quence relier cette quantit&#233; d'&#233;nergie libre &#8211; qui circule dans le &#231;a et peut s'attacher &#224; quelque chose &#8211; &#224; ce que Castoriadis appelle la cr&#233;ativit&#233; de la psych&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la monade indique un mode d'investissement narcissique originaire qui constitue la premi&#232;re manifestation du fonctionnement psychique. En ce sens, sa conceptualisation &#233;largit et &#233;claire diff&#233;rement notre compr&#233;hension psychanalytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond Cahn, dans son rapport sur le Sujet au 51e congr&#232;s de psychanalystes de langue fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Cahn, &#171; Du sujet &#187;, Bulletin de la Soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris, no (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;-interpr&#232;te le fameux &#171; r&#234;ve de la belle bouch&#232;re &#187; de L'interpr&#233;tation des r&#234;ves en se r&#233;f&#233;rant au concept de la monade et de l'imagination radicale. Cahn reproche &#224; l'interpr&#233;tation lacanienne du r&#234;ve &#8211; d&#233;sir d'avoir un d&#233;sir insatisfait chez la belle hyst&#233;rique &#8211; d'en rester &#224; la surface de la modalit&#233; de la jouissance accomplie. Le mod&#232;le du r&#234;ve chez Lacan serait selon lui beaucoup trop calqu&#233; sur celui du langage, tandis que la r&#233;f&#233;rence &#224; la monade castoriadienne nous permet de concevoir les choses diff&#233;remment. &#171; Si la belle bouch&#232;re &#8211; souligne Cahn &#8211; s'identifie &#224; son amie, c'est certes pour la supplanter dans le d&#233;sir du mari, voire, &#224; un niveau plus profond, pour satisfaire une pulsion homosexuelle, mais c'est peut-&#234;tre au moins autant parce qu'elle s'aime dans l'amie, se d&#233;sire comme elle et se fascine en elle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce r&#234;ve serait donc aussi l'expression d'une partie de l'investissement libidinal narcissique originaire en tant qu'&#171; &#233;prouv&#233;-protorepr&#233;sentation &#187; d'un soi-tout auquel rien ne manque et caract&#233;ris&#233; comme &#171; vis&#233;e-intention &#187; toujours r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. De la monade psychique au je et &#224; l'individu social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la monade psychique essentiellement a-sociale et folle, doit, sous peine de non-existence, faire appel &#224; l'autre maternel, premier repr&#233;sentant du monde et pr&#233;cis&#233;ment pour Castoriadis du monde social-historique. Premier possesseur, je dirais, du sein de la signification qui r&#233;pond au besoin imp&#233;rial de l'infans de donner sens &#224; l'affect et figuration au d&#233;plaisir qui rompt la cl&#244;ture de la monade en constituant par l&#224; un premier espace hors-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, avec l'&#339;uvre de Lacan, l'autre de l'alt&#233;rit&#233; comme l'autre du transfert acqui&#232;rent d&#233;finitivement leurs droits sur la sc&#232;ne psychique et psychanalytique, c'est avec la contribution d'Aulagnier que le corps et l'affect de l'Autre trouvent enfin un statut m&#233;tapsychologique, et que la rencontre fondamentale avec cet Autre acquiert droit d'historicit&#233;, de temporalit&#233; et de r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet horizon psychanalytique, Castoriadis th&#233;orise le processus de socialisation de la psych&#233;, comme &#233;tant l'int&#233;riorisation des significations imaginaires sociales par la psych&#233; de &lt;i&gt;l'infans&lt;/i&gt;, &#224; travers l'investissement du premier Autre maternel, qu'Aulagnier appelle porte-parole de l'ensemble. Ce processus socialisant &#233;chappe aux rep&#232;res freudiens classiques. Il s'oppose ainsi aux cat&#233;gories lacaniennes, surtout &#224; celle de la Loi quasiment transcendante. D&#232;s lors, sa th&#233;orisation est difficilement admise tant par les psychanalystes que les sociologues. Elle se heurte &#224; la difficult&#233; d'admettre que la psych&#233; et la soci&#233;t&#233;, bien qu'ins&#233;parables, sont radicalement irr&#233;ductibles l'une &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de l'Institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, la socialisation de la psych&#233; est indissociablement l'histoire conflictuelle d'une psychogen&#232;se et d'une sociogen&#232;se. Leur aboutissement commun est l'&#233;mergence de l'individu social, coexistence toujours impossible et toujours r&#233;alis&#233;e d'un monde priv&#233;, singulier (&lt;i&gt;kosmos idios&lt;/i&gt;) et d'un monde public commun et partag&#233; (&lt;i&gt;kosmos koinos&lt;/i&gt;). Tout au long de cette double histoire, la relation &#224; l'autre et aux autres impose &#224; la monade psychique une succession de ruptures violentes, expression d'une violence primaire autant que n&#233;cessaire pour Aulagnier. En contrepartie, la soci&#233;t&#233;, &#224; travers sa d&#233;l&#233;gation par le couple parental, doit fournir au sujet du sens, des rep&#232;res identificatoires et des objets de d&#233;rivation des pulsions et des d&#233;sirs. Cependant seule la reconnaissance de la signification comme institu&#233;e socialement et ne d&#233;pendant d'aucune personne particuli&#232;re, permettra &#224; l'enfant de destituer l'autre de sa toute puissance imaginaire sur le sens et le langage. Chose tr&#232;s importante, il y aura toujours et restera &#224; jamais une ambivalence fonci&#232;re de l'int&#233;rioris&#233; de par sa liaison aux figures parentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la psych&#233; ne se r&#233;duit pas au social et n'est jamais socialisable sans restes, les significations imaginaires sociales ne sont pas seulement, ni n&#233;cessairement r&#233;ductibles &#224; la d&#233;sexualisation sublimatoire de la pulsion. Pour rendre compte de l'appropriation du social par la psych&#233;, Castoriadis &#233;largit donc le proc&#232;s freudien de la sublimation et le pose &#224; l'origine de l'instauration d'une intersection non-vide du monde priv&#233; et du monde public, en conformit&#233; avec la coh&#233;rence repr&#233;sentative impos&#233;e par les significations sociales institu&#233;es, ou le discours de l'ensemble dans la terminologie d'Aulagnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intersection implique le travail de l'imagination radicale qui donne la facult&#233; de quid pro quo (voir dans une chose autre chose). Elle permet aussi &#224; la psych&#233;, par une d&#233;liaison relative de la pulsion, de remplacer ses objets propres ou priv&#233;s d'investissement &#8211; y compris sa propre image &#8211; par des objets socialement valoris&#233;s. Enfin, cette intersection permet de faire de ces objets des causes, des moyens et des supports de plaisir pour la psych&#233;. D'autre part, cette intersection implique le social-historique comme processus de cr&#233;ation, comme imaginaire social instituant des formes et des significations, que la psych&#233; comme telle est dans l'impossibilit&#233; absolue de faire &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, nous retrouvons ici cette conversion massive et co-originaire de l'&#233;mergence de l'humanit&#233;, c'est-&#224;-dire la substitution du plaisir de repr&#233;sentation au plaisir d'organe et, moyennant les &#339;uvres de l'imaginaire radical, l'apparition &#8211; la cr&#233;ation donc &#8211; des &#171; objets sociaux &#187;. &#192; commencer par le langage qui pose le fait de parler d&#233;j&#224; comme activit&#233; sublim&#233;e, selon la formule percutante de Castoriadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'articulation entre la psych&#233; et le social passe par une conception &#233;largie de la sublimation consubstantielle au processus de la socialisation de la psych&#233;, Aulagnier, dans la Violence de l'interpr&#233;tation, propose l'id&#233;e d'un contrat narcissique qui a comme signataires l'enfant et le groupe social. Castoriadis lui-m&#234;me affirme que &#171; avec le contrat narcissique, Piera Aulagnier cherchait &#224; th&#233;oriser ce que la psych&#233; attend de la soci&#233;t&#233; comme compensation &#224; l'abandon de son ultra-narcissisme monadique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, op. cit., p. 255.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce contrat narcissique encadre la probl&#233;matique identificatoire du sujet et fait que cette derni&#232;re n'est pas prise au pi&#232;ge d'une relation imaginaire ali&#233;nante. Cela permet au je d'investir des embl&#232;mes identificatoires qui d&#233;pendent du discours de l'ensemble et non plus du discours d'un seul autre. Le groupe est premier dans cet investissement narcissique auquel va r&#233;pondre celui de l'enfant. En contrepartie de son investissement du groupe et de ses mod&#232;les, l'enfant obtiendra une certitude sur l'origine, l'acc&#232;s &#224; l'historicit&#233; et sa d&#233;signation comme un &#233;l&#233;ment appartenant &#224; un tout : celui de gnation comme un &#233;l&#233;ment appartenant &#224; un tout : celui de l'esp&#232;ce humaine, qui le reconna&#238;t comme une partie homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'Aulagnier, en repr&#233;sentant le groupe social comme l'ensemble des voix pr&#233;sentes, se limite &#224; un seul aspect de l'institution sociale : celui du langage et de la g&#233;n&#233;alogie. Elle reste ainsi fid&#232;le &#224; sa propre perspective clinique, qui pose l'encadrement de la probl&#233;matique identificatoire du je infantile par le discours de l'ensemble comme condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour l'&#233;vitement d'une psychose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible d'analyser la fonction du je en dehors de l'espace o&#249; il peut advenir et sans tenir compte du champ socio-culturel dans lequel baigne le sujet. La &lt;i&gt;Kultur&lt;/i&gt;, la soci&#233;t&#233; et l'histoire occupent dans l'espace analytique un sens important autant que sp&#233;cifique. Elles ne sont pas seulement un cadre ext&#233;rieur, empirique et r&#233;aliste, pour une dialectique sujet/Autre qui se jouerait dans une autre dimension, h&#233;t&#233;rog&#232;ne et &#224; la limite transcendante. Au contraire, elles y participent, et fournissent au je le contenu des repr&#233;sentations et des significations &#224; partir desquelles il peut repr&#233;senter et se repr&#233;senter le monde et son monde. Elles posent la question du r&#233;f&#233;rant de la repr&#233;sentation et du langage et imposent une reconnaissance et une connaissance de la r&#233;alit&#233; qui, si limit&#233;e et transform&#233;e soit-elle par la psych&#233;, n'en demeure moins la r&#233;f&#233;rence oblig&#233;e de toute communication, y compris psychanalytique. C'est une r&#233;alit&#233; humaine et partag&#233;e pour Aulagnier, ne pouvant exister que comme socialement institu&#233;e pour Castoriadis. L'introjection des significations imaginaires sociales dans et par le je garantit son acc&#232;s &#224; l'imaginaire social instituant qui transforme le monde institu&#233; en espace et processus de cr&#233;ation de sens. Jean Peuch-Lestrade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Peuch-Lestrade, &#171; De l'institution de la cure &#224; la parole du je &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; attire l'attention sur l'apparition en fin d'analyse de reconstructions fantasmatiques qui ne sont pas des constructions au sens de Freud. Elles s'appuient sur la dimension d'imaginaire social et l'ouverture au monde social-historique et t&#233;moignent de la capacit&#233; de &#171; jouer &#187; retrouv&#233;e par l'analysant, y compris dans des zones psychiques gouvern&#233;es par le traumatisme et sa r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute subjectivit&#233; dont le je constitue l'av&#232;nement doit &#233;galement se confronter &#224; un &#171; en de&#231;&#224; &#187; et &#224; un &#171; en arri&#232;re &#187; d'elle-m&#234;me, &#224; un originaire donc, qui persiste le temps de l'existence : comme fond repr&#233;sentatif pictographique chez Aulagnier, champ de bataille originel d'Eros avec Thanatos ; comme monade psychique originaire pour Castoriadis, essayant jusqu'&#224; la fin d'enfermer en elle tout ce qui se &#171; pr&#233;sente &#187; &#224; elle, pour r&#233;tablir l'unit&#233; indissociable et impossible de la figure, du plaisir et du sens, l'a-sens&#233; ne pouvant appara&#238;tre &#224; cette &#233;tape que comme menace de destruction de soi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V. Une subjectivit&#233; r&#233;fl&#233;chissante toujours &#224; faire &#234;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, l'impossibilit&#233; th&#233;orico-clinique de faire se superposer int&#233;gralement existence du psychique et existence de la subjectivit&#233;, repose la question de l'unit&#233; du sujet qui reste toujours une unit&#233; &#224; faire &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'&#233;tat du sujet aujourd'hui &#187;, Castoriadis montre que la stratification de la psych&#233; en strates &#171; jamais d&#233;pass&#233;es &#187; ni &#171; harmonieusement int&#233;gr&#233;es &#187;, est &#224; la fois r&#233;sultat historique et condition historisante du fonctionnement conflictuel de la psych&#233;. Chaque instance poursuit ses propres finalit&#233;s et pers&#233;v&#232;re, &#224; tout prix, dans son monde propre d'objets et dans des modes de repr&#233;sentation, de signification, de liaison, de valuation, et d'affect qui lui sont particuliers. Chaque fois il y a un type de sens nouveau et sp&#233;cifique, &#224; savoir l'insertion des repr&#233;sentations dans des matrices d'&#233;quivalence et d'appartenance autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'existence de l'appareil psychique pr&#233;suppose la permanence de ses topiques et la conservation de la cl&#244;ture de chacune de ses instances, son fonctionnement exige toujours une relative rupture de chaque cl&#244;ture et le d&#233;passement de l'ext&#233;riorit&#233; r&#233;ciproque entre instances. Castoriadis fournit une image saisissante des instances comme une boule ferm&#233;e &#8211; c'est cela que veut dire cl&#244;ture &#8211; qui s'auto-dilate (je dirais s'auto-in-forme) dans son interaction avec d'autres boules, en modifiant son mode d'ajustement avec elles. La subjectivit&#233; humaine est ainsi une boule pseudoferm&#233;e, qui peut s'auto-dilater, peut interagir avec d'autres pseudoboules du m&#234;me type et peut remettre en question les conditions ou les lois de sa cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aulagnier pr&#233;cise bien que toute rencontre entre l'activit&#233; psychique et les &#233;l&#233;ments par elle m&#233;tabolisables &#171; la confronte &#224; un exc&#232;s d'information qu'elle va ignorer jusqu'au moment o&#249; cet exc&#232;s va l'obliger &#224; reconna&#238;tre que ce qui choit hors de la repr&#233;sentation propre au syst&#232;me revient &#224; la psych&#233; sous la forme d'un d&#233;menti concernant sa repr&#233;sentation de sa relation au monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Aulagnier, La violence de l'interpr&#233;tation, op. cit., p. 35.&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce d&#233;menti, la psych&#233; aura perp&#233;tuellement &#224; le pr&#233;senter, &#224; le mettre en sc&#232;ne, &#224; le mettre en sens, selon les lois respectives du fonctionnement de l'originaire, du primaire et du secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions de d&#233;passement de l'ext&#233;riorit&#233; r&#233;ciproque entre instances, rendent possible la cure analytique mais aussi et surtout l'extension et la modification de la subjectivit&#233; humaine vers le &#171; dehors &#187; et le &#171; dedans &#187;. C'est une possibilit&#233; en relation d'inter-d&#233;pendance avec l'institution sociale qui fournit du sens et du langage, mais elle s'enracine essentiellement dans le travail de l'imagination radicale et la r&#233;flexivit&#233; du sujet. Moyennant son imagination radicale, le sujet peut &#171; se r&#233;fl&#233;chir &#187;, poser comme objet-non objet, comme entit&#233; ce qui ne l'est pas, &#224; savoir son propre processus de pens&#233;e. Il s'agit de voir double, de se voir double, de se voir tout en se voyant comme autre, de se repr&#233;senter comme activit&#233; repr&#233;sentative et de s'agir comme activit&#233; agissante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Castoriadis, Le monde morcel&#233;, op. cit., p. 276.&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; cette capacit&#233; r&#233;flexive, la subjectivation &#8211; que j'appellerai dans ce contexte &lt;i&gt;poi&#232;sis&lt;/i&gt; de soi &#8211; est justement ce travail auto-cr&#233;ateur de construction incessante de soi-m&#234;me et du monde, par et dans le continuum psychique qui se cr&#233;e &#224; travers les transformations de la repr&#233;sentation et les positions identificatoires que le sujet y occupe successivement. En ce sens, le travail analytique, autant dans le registre de la n&#233;vrose que dans celui de la psychose et des organisations non n&#233;vrotiques, se situe entre ce qui surgit et ce qui r&#233;siste au mouvement d'appropriation que le sujet op&#232;re tout au long de son existence, afin de repr&#233;senter et de mettre en histoire ses rencontres identifiantes avec l'objet. Dans cette perspective, je consid&#232;re que les constructions interpr&#233;tatives de l'analyste s'int&#232;grent au travail autocr&#233;ateur de construction de soi-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Stephanatos, &#171; Construire, se construire : remarques th&#233;orico-cliniques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen de la r&#233;flexivit&#233;, le je, advenant comme instance parlante, pensante et connaissante dans la topique d'Aulagnier, r&#233;ussit par l'interm&#233;diaire des mises en sc&#232;ne fantasmatiques &#224; pouvoir penser de fa&#231;on autonome, tout en tenant compte de l'institution social-historique, l'interpr&#233;tation du monde et de l'&#233;prouv&#233; somato-affectif, originaire de &lt;i&gt;l'infans&lt;/i&gt; par la m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le je &#8211; aussi distinct du Moi freudien que du sujet lacanien &#8211; appr&#233;hende sa subjectivit&#233;, ses relations avec son corps, l'autre et le monde, &#224; travers la probl&#233;matique identificatoire qui lui impose, sous peine de psychose, la sauvegarde de l'unit&#233; entre ses deux composantes : l'identifiant et l'identifi&#233;. Cette dualit&#233; exige justement la r&#233;flexion du je sur lui-m&#234;me, en reposant au niveau du processus secondaire la relation originaire de sp&#233;cularisation, ou mieux de compl&#233;mentarit&#233;, qui unit le repr&#233;sentant et la repr&#233;sentation du monde, chacun &#233;tant pour l'autre condition de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la question d'une certaine unit&#233; du sujet humain peut &#234;tre abord&#233;e par le biais de l'unit&#233; &#171; identifiant-identifi&#233; &#187; d'un je d&#233;fini par son savoir sur lui-m&#234;me, pour Castoriadis il s'agit essentiellement de l'unit&#233; de la repr&#233;sentation r&#233;fl&#233;chie de soi et des activit&#233;s d&#233;lib&#233;r&#233;es que l'on entreprend. Le je a &#224; devenir cette subjectivit&#233; r&#233;fl&#233;chissante, dans un processus sans fin correspondant &#224; la dimension r&#233;fl&#233;chie et pratique de notre imagination, entendue comme source de cr&#233;ation qui se manifeste par la capacit&#233; &#233;mergente du sujet, en analyse ou pas, &#224; accueillir un sens r&#233;fl&#233;chi et &#224; en faire quelque chose pour soi en le r&#233;fl&#233;chissant. Cela &#224; condition que la r&#233;flexion ne soit pas r&#233;duite au simple reflet de l'ontologie h&#233;rit&#233;e, ni confondue avec la pens&#233;e, mais qu'elle soit consid&#233;r&#233;e comme l'effort pour briser la cl&#244;ture, o&#249; le sujet est chaque fois n&#233;cessairement pris, que cette cl&#244;ture vienne de son histoire psychique ou de l'institution social-historique qui l'a humanis&#233;. Briser la cl&#244;ture constitue chez Castoriadis une &#233;thique de la praxis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'a insist&#233; autant que Castoriadis sur la cr&#233;ativit&#233; radicale de l'imaginaire humain. De la monade psychique &#224; l'autonomie, vis&#233;e ultime d'une subjectivit&#233; r&#233;fl&#233;chissante &#233;mergente et se renfermant sans cesse sur elle-m&#234;me, la r&#233;flexion castoriadienne s'auto-d&#233;ploie comme flux imaginatif qui donne forme et sens nouveaux au projet d'une &#233;lucidation du monde. Projet toujours incertain, &#233;lucidation &#224; jamais illimit&#233;e, interrogative, apor&#233;tique, sans fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis &lt;i&gt;Le monde morcel&#233;. Les carrefours du labyrinthe III&lt;/i&gt;, Paris Seuil 1990, p. 50&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour cette question voir les textes de Jean Florence &#171; Remarques psychanalytiques sur l'imaginaire de Castoriadis &#187;, p. 111-117, et d'Olivier Fressard &#171; Castoriadis, le symbolique et l'imaginaire &#187;, p. 119-150, in &lt;i&gt;L'imaginaire selon Castoriadis. Th&#232;mes et enjeux&lt;/i&gt;, Cahiers Castoriadis no 1 (sous la dir. de Sophie Klimis et Laurent Van Eynde), Facult&#233;s universitaires Saint-Louis, Bruxelles, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Aulagnier, &lt;i&gt;La violence de l'interpr&#233;tation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit&lt;/i&gt;., p. 177&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Fait et &#224; faire&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1997, p 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Domaines de l'homme&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1986, p. 432.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &#171; L'&#233;tat du sujet aujourd'hui &#187;, in &lt;i&gt;Le monde morcel&#233;. Les carrefours du labyrinthe III.&lt;/i&gt;, Seuil, 1990, p. 189-224.] &#187; retrouve les constituants du sujet humain, dont l'unit&#233; &#233;nigmatique est &#224; faire dans toute psychanalyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a multiplicit&#233; des niveaux d'&#234;tre et il y a multiplicit&#233; des sens du terme &#234;tre. L'&#234;tre n'est jamais un simple &#234;tre des &#233;tants, chaque stratification des &#233;tants, r&#233;v&#232;le un autre aspect du sens de l'&#234;tre. Or, &#171; il est impossible de s&#233;parer r&#233;flexion de l'&#234;tre et r&#233;flexion des &#233;tants comme il est impossible de s&#233;parer r&#233;flexion de l'&#234;tre et &#171; th&#233;orie de la connaissance[[C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, op. cit., p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Fait et &#224; faire, op. cit&lt;/i&gt;., p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Domaines de l'homme, op. cit&lt;/i&gt;., p. 407.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Le monde morcel&#233;, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Les carrefours du labyrinthe&lt;/i&gt;, Paris, Seuil 1978, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, Fait et &#224; faire, op. cit., p. 97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La port&#233;e ontologique du cercle de la cr&#233;ation est remarquablement explicit&#233;e par F. Ciaramelli dans son texte &#171; Le cercle de la cr&#233;ation &#187; in &lt;i&gt;Autonomie et auto-transformation de la soci&#233;t&#233;. La philosophie militante de Cornelius Castoriadis&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Droz 1989, p. 87-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Domaines de l'homm&lt;/i&gt;e, op. cit., p. 375.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Le monde morcel&#233;, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Domaines de l'homme, op. cit.,&lt;/i&gt; p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire..., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 383.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Aulagnier, &lt;i&gt;La violence de l'interpr&#233;tation&lt;/i&gt;, op. cit., p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire..., op. cit.&lt;/i&gt;, p. 258.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Aulagnier, &lt;i&gt;La violence de l'interpr&#233;tation, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem, p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Figures du pensable&lt;/i&gt;, Seuil, 1999, p. 184.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;..., op. cit&lt;/i&gt;., p. 390.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R. Cahn, &#171; Du sujet &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la Soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris&lt;/i&gt;, no 19, 1991, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Fait et &#224; faire, op. cit&lt;/i&gt;., p. 255.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Peuch-Lestrade, &#171; De l'institution de la cure &#224; la parole du je &#187;, &lt;i&gt;Topique&lt;/i&gt;, 2001, 77, p. 99-110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Aulagnier, &lt;i&gt;La violence de l'interpr&#233;tation, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Castoriadis, &lt;i&gt;Le monde morcel&#233;, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Stephanatos, &#171; Construire, se construire : remarques th&#233;orico-cliniques &#187;, &lt;i&gt;Ekton ysteron&lt;/i&gt;, Ath&#232;nes, no 1, 1997, p. 149-177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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